Le passage de Tim Hicks lors de la 49e édition du Festival Western a amorcé un virage assumé vers la musique anglophone.

St-Tite sur la route

Au Québec, la tournée de Tim Hicks ne s’intitulera pas Shake These Walls tour, mais St-Tite sur la route, puisqu’elle est présentée par le célèbre rendez-vous de musique country organisé à St-Tite en septembre.

Pour l’artiste, il s’agit d’avoir plus facilement accès à un marché francophone qui peut être plus compliqué à atteindre. D’un point de vue événementiel, de faire la promotion de ses activités auprès d’un public-cible. Coup de projecteur sur un phénomène qui allie ouvertement stratégie marketing et programmation musicale.    

On connaissait les festivals proposant des spectacles hors édition régulière (le Festival de Jazz d’Ottawa, par exemple, développe un volet hivernal). Voici ceux qui organisent leurs tournées en dehors des dates et lieux officiels. 

« Notre objectif est de sortir la musique country nouveau genre de notre événement, explique Geneviève Frappier, coordinatrice aux communications et équipe spectacle du Festival Western de St-Tite. Présenter aux spectateurs qui n’ont pas forcément eu la chance de venir au festival le concert que nous avions déjà programmé. C’est une façon de prolonger la durée de l’événement. » 

Le projet est né d’un partenariat avec Beaulieu Artistik Management (signature, notamment, de Cœur de Pirate et des sœurs Boulay) et le Festival Western de St-Tite, un demi-siècle au compteur en 2017. 

Publiciser le festival

La tournée annoncée dans la foulée de l’année-anniversaire servira aussi de courroie promotionnelle à la prochaine édition, prévue du 7 au 16 septembre. « Nous amènerons une touche St-Tite à la Salle Odyssée en plongeant les gens dans l’ambiance. » Attention toutefois aux promesses du discours marketing : il n’est pas question de doubler le concert d’un show de rodéo ou de toute autre activité Western, mais bel et bien de faire la publicité du festival, sur place. « Des représentants de l’événement pourront renseigner les spectateurs intéressés, il y aura aussi un kiosque de présentation et un photobooth »

Tim Hicks est le premier à étrenner cette nouvelle formule à Gatineau, Québec et Trois-Rivières. Initialement, le projet aurait dû tourner dans trois autres villes (Saint-Hyacinthe, Drummondville et La Baie), mais ces dernières se sont désistées. 

« Il y a eu un emballement autour du projet à son annonce, justifie Geneviève Frappier. Mais certaines salles n’ont pas fait tous leurs calculs. Nous nous sommes alors concentrés sur les marchés des grands centres de la province. » La proximité d’Ottawa et la ferveur country de la région ont maintenu le concert à la Salle Odyssée bien que Tim Hicks se soit déjà produit cet été au Bluesfest. 

 Son passage lors de la 49e édition du Festival Western a amorcé un virage assumé vers la musique anglophone. 

« Quand nous l’avons programmé en 2016, au festival, nous cherchions un artiste avec le vent dans les voiles. On programmait déjà sa musique dans nos rodéos. » 

 L’an dernier, c’est Dean Brody qui lui a succédé dans la menue catégorie des recrues anglophones. 

« Ils sont reconnus ailleurs, mais restent nouveaux au Québec. On leur offre une tribune, or celles-ci sont plutôt rares au Québec. » Et l’expertise d’une machine festivalière bien rodée avec quelque 700 000 spectateurs pour la dernière édition.

La chanteuse gatinoise Vanessa Lavoie a participé au festival Western huit années d’affilée.

Vanessa Lavoie

La chanteuse gatinoise Vanessa Lavoie a participé au festival Western huit années d’affilée - sa mère y a travaillé à la programmation artistique. 

«Ça m’a donné l’occasion de passer les fins de semaine du festival en famille. Il y a tant d’activités à faire, entre le rodéo et les concerts sur la scène extérieure. On joint l’utile à l’agréable. Même si l’on chante de façon bénévole, c’est un endroit où l’on peut se faire connaître et vendre des albums. Il y a plus de 250 000 festivaliers par jour. Cela fait deux ans que je n’ai plus la chance d’y aller, car je suis prise aux États-Unis où ma carrière me conduit.»

Présenté au dernier Festival country de Saint-Tite, Phil G Smith a décroché un prix Étoiles Stingray dans le cadre du concours de la relève.

Phil G Smith

Présenté au dernier Festival country de Saint-Tite, Phil G Smith a décroché un prix Étoiles Stingray dans le cadre du concours de la relève.

«J’ai passé cinq jours incroyables avec ma roulotte ! J’en ai fait, des festivals, mais St-Tite, c’est une autre planète. Il y a presque autant de piétons que de chevaux, on se croirait à Nashville. C’est un honneur d’être programmé dans un tel festival qui jouit d’une réputation unique. La clientèle vient pour écouter de la musique country, qu’elle connaisse l’artiste ou non. Le public est plus ouvert à y faire des découvertes musicales. Il peut rencontrer les artistes autour d’un verre, au bar. J’y suis allé avec un projet récent et je constate que ma musique a gagné un certain respect [auprès du public et des musiciens] depuis ma participation au festival.» 

L’auteure-compositrice-interprète Gabrielle Goulet se produisait en concert au Festival western de St-Tite en septembre dernier.

Gabrielle Goulet

L’auteure-compositrice-interprète Gabrielle Goulet se produisait en concert au Festival western de St-Tite en septembre dernier. 

«Au Festival Western, quand tu te balades avec tes bottes et un chapeau de cowboy, on ne te regarde pas de travers. C’est tout un village country ! Avec des gens qui parlent fort, aiment fêter et boire. En spectacle, ça peut crier plus fort, mais j’aime cette ambiance. Malheureusement, je n’ai pas eu la chance de rester voir d’autres shows quand j’ai joué en septembre, car j’assurais un autre concert le lendemain et j’étais trop occupée. Mais je me souviens avoir rencontré Tim Hicks à un autre festival et il est très généreux avec ses fans. Il prend toujours le temps de venir leur parler.»