Gene Simmons et Paul Stanley, de Kiss, ont offert tout un spectacle au Centre Canadian Tire, mercredi soir.

Spectacle d'adieu de Kiss à Ottawa: aucun regret

CRITIQUE / Cinq décennies à arpenter les grandes scènes du monde du rock, ça use. Mais, il n’y a rien qu’une bonne couche de maquillage ne peut camoufler. Le dernier baiser de Kiss aux fans d’Ottawa, mercredi soir, a été aussi intense qu’un french kiss d’ado.

La (supposée) tournée d’adieu de ces vétérans du rock est loin de donner dans la dentelle. C’est sur les accords d’un classique de Led Zeppelin (Rock’n Roll) que le groupe a ouvert la soirée. Gene Simmons, Paul Stanley, Tommy Thayer et Eric Singer sont apparus bien installés sur des plates-formes et ils ont ainsi donné le ton à ce spectacle en interprétant Detroit Rock City.

Kiss, c’est du maquillage, des costumes, de l’éclairage (beaucoup d’éclairage) et plus de pyrotechnie en une chanson que dans un show entier de Motlëy Crüe. 

Kiss c’est l’excès… à l’excès. 

Est-ce une illusion où on dirait que plus les boys vieillissent, plus leurs bottes sont hautes.

Mais Kiss… c’est Kiss et les milliers de membres de la Kiss Army réunis au Centre Canadian Tire en redemandaient. Il faut dire qu’ils n’avaient pas vu leurs idoles depuis la tournée Monster, en juillet 2013.

Une série de classiques

Le band a puisé dans son immense répertoire pour monter un spectacle qui couvre l’ensemble de leur carrière. En tout, des pièces de 10 albums ont composé le setlist de la soirée, à commencer par Shout it Out Loud, de l’album Destroyer, et de Deuce, du premier album du quatuor.

Sur la vingtaine de titres qu’ils nous ont hurlés, Kiss en a offert 14 issus des albums studio des années 70, il faut dire qu’ils n’ont fait que deux efforts sur disque dans les années 2000 soit Sonic Boom en 2009 et Monster en 2012.

La performance ottavienne du quatuor de New York fut dans les standards du groupe. Réglée au quart de tour – il faut bien parce qu’un pas de côté et le lance-flamme les calcine dans la seconde –, la soirée fut une enfilade de hits.

Pour leur 10e passage à Ottawa en carrière, Paul Stanley s’est même permis quelques mots en français. Une délicate attention pour le chanteur de 67 ans que les fans francophones ont accueilli avec joie.

Bien sûr, Gene Simmons a craché le feu sur War Machine. Bien sûr aussi, il a craché le sang du haut de sa plate-forme sur God of Thunder. Le bassiste de 69 ans n’a rien perdu de son goût pour le spectacle et il a tiré la langue toute la soirée.

De belles trouvailles ont agrémenté la soirée dont le mash-up de Lick it Up avec la chanson des Who, Won’t Get Fool Again. Moment plutôt emmerdant pour le journaliste, le trop long solo de batterie sur 100 000 Years. Franchement, Eric Singer aurait pu faire plus court et plus intéressant. Lui qui a tapé du tambour avec Alice Cooper et Black Sabbath avait sûrement autre chose à proposer.

Quant au guitariste Tommy Thayer, il est très à l’aise sur sa Les Paul et il nous l’a bien démontré sur Cold Gin.

La soirée s’est allongée sous les boules miroir avec Love Gun et I Was Made For Loving You. Mais la finale fut le moment préféré du journaliste avec la solide Black Diamond.

En rappel, on a eu droit à une sérénade au piano par le batteur Eric Singer sur la balade Beth. Mais fallait bien finir en force cette soirée somme toute divertissante avec Do You Love Me et Rock and Roll All Nite. Et si cette tournée marque la fin de la route pour Kiss, ils n’auront rien à regretter.

En peinture

Et comme Kiss ne fait rien comme les autres, soulignons la présence de David Garibaldi en première partie. Ce dernier est un peintre qui offre des performances sur scène très dynamiques. En une trentaine de minutes, il a peint les visages des rockers canadiens Geddy Lee (Rush) et de Gord Downie (Tragically Hip) et, bien sûr, des membres de Kiss.