Le pianiste et fondateur de l'Ensemble Art of Time, Andrew Burashko, soutient que de plus en plus de gens réalisent qu'il devient important de trouver de nouvelles façons d'interpréter la musique classique.

Sgt. Pepper en mode musique de chambre

On célébrait, début juin, le 50e anniversaire de la sortie de l'album Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band, des Beatles.
Le disque vient de ressortir dans différentes versions, avec enregistrements de travail et chansons remastérisées que l'on découvre sous un nouveau jour.
« Pourtant, les Beatles n'ont jamais joué l'album en concert », rappelle Andrew Burashko, pianiste et fondateur de l'Ensemble Art of Time. 
Les festivaliers du Chamberfest pourront faire une pause de classique et replonger dans l'univers foisonnant du Sgt. Pepper, le 4 août à 19 h. La version intégrale de ce disque phare, réarrangée par l'ensemble torontois, revient à l'affiche du festival après y avoir été présenté à l'automne 2013. Un succès de programmation qu'Andrew Burashko espère reconduire...
« Notre formation explore la façon dont la musique classique recoupe d'autres styles », explique son directeur, lequel prévient toutefois ne pas être « un grand fan » des musiciens classiques qui jouent de partitions pop et vice-versa...
« Quand nous travaillons avec un répertoire pop, nous essayons de réinventer les chansons sans leur faire perdre leur âme », rétorque-t-il. 
Un arrangeur par chanson
Véritable défi ayant nécessité la contribution de 11 arrangeurs - un par chanson - tous compositeurs, pour adapter le répertoire des Beatles à l'ensemble Art of time composé de cordes, trompette, bois, guitare, percussions et piano. Avec cette idée directrice : jusqu'où peut s'étendre la créativité d'une réinvention sans changer la musique ?
Comme en 2013, les quatre chanteurs du groupe se glisseront dans la voix des Fab Four, à l'exception de John Mann, qui a dû être remplacé par Wesley Stace pour des raisons de santé. Mélodies et harmonies vocales originales n'ont pas été changées d'un iota, ce qui devrait ravir les inconditionnels des Beatles invités à chanter pendant la représentation. 
« Je suis un très grand fan de leur musique, prévient M. Burashko. Pour l'anniversaire de l'album, ça prenait un certain courage de s'attaquer à une telle légende du répertoire ! »
Ce projet des Beatles, élaboré pendant de longs mois dans la quiétude studieuse des studios d'Abbey Road, représentait une cassure nette dans la carrière du groupe de Liverpool, qui avait renoncé à se produire sur scène afin de se concentrer à plein temps à la production de disques. « Il s'agissait de leur première tentative à travailler avec un orchestre », complète M. Burashko.
« Je n'avais aucun désir d'entrer en compétition avec la version des Beatles que tout le monde connaît. Mais de proposer une interprétation aussi intéressante et novatrice qui ne trahirait pas l'originale », précise M. Burashko. 
L'ensemble est rodé aux adaptations multigenres : il collabore régulièrement avec des artistes issus du spectacle vivant, du cinéma et de la littérature. Il a tourné en compagnie de la chanteuse jazz Madeleine Peyroux, mais aussi de Steven Page et Sarah Slean. Son vaste répertoire comprend un hommage à Lou Reed, un autre à la musique tsigane, une incursion imaginée dans ce que serait une bande originale shakespearienne, un programme composé de musiques sacrées, un autre autour de Schubert comme source d'inspiration... Le prochain concert fera revivre le programme radiophonique animé par Glenn Gould à CBC en 1965. À Toronto, Art of Time présente jusqu'à six productions par année.
« J'ai fondé l'ensemble avec le désir d'attirer un public plus jeune aux concerts. De plus en plus de gens réalisent qu'il devient important de trouver de nouvelles façons d'interpréter la musique classique, en y incorporant des éléments plus contemporains notamment. » 
Leur version de Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band promet d'apporter un peu de sel au Chamberfest.
Pour y aller
Quand ? Le 4 août, 19 h
Où ? Église unie Dominion-Chalmers
Renseignements : chamberfest.com/fr