Salif Salou a composé une pièce originale de son cru, Obéso (qui signifie «âme soeur»), inspirée des chants traditionnels de son pays natal.

Salif Salou, alias Lasso

Issu d'une famille de griots du Burkina Faso, Salif Salou a toujours été entouré de musique.
«Dès que j'ai pu ramasser un bout de bois par terre, j'ai essayé d'imiter les adultes autour de moi qui jouaient du balafon, par exemple», raconte le multi-instrumentiste, débarqué à Montréal le 21 mai 2009 précisément. «Il y a des dates, comme ça, qui nous marquent, dans nos vies. Il faisait environ 20-o ce jour-là, mais pour moi, c'était déjà froid!» clame le trentenaire en éclatant de rire à l'autre bout du fil.
Venu initialement sur la base d'un contrat pour une tournée avec une troupe de théâtre au sein de laquelle il jouait de la musique, Salif Salou a décidé de rester. Tout en foulant les scènes en solo, l'artiste a parallèlement été recruté l'an dernier au sein du New Canadian Global Music Orchestra (NCGMO). Le Burkinabé y fait maintenant entendre les sonorités des divers instruments d'Afrique de l'Ouest qu'il a apprivoisés avec le temps - flûte Fulani (peul), kambélé n'goni et nombreuses percussions (djembés, doum doum, tama et balafon) - en écho aux textures de l'ocarina de Dora Wang ou des congas d'Aline Morales, entre autres.
«À la base, nous sommes des inconnus venant d'un peu partout qui sont réunis par une même passion: la musique. Mon grand-père m'a souvent répété que la musique ne connaît pas les frontières. Ce que je vis, dans cet orchestre, en est la preuve. Il y a quelque chose de très intéressant pour chacun des artistes que nous sommes individuellement, dans ce projet: la fusion de nos influences culturelles pour créer quelque chose d'unique. Ça me touche de me retrouver sur scène avec mon n'goni à côté de mon collègue Demetrios [Petsallakis] jouant du oud. Et c'est un honneur de partager le résultat de cette expérience avec le public canadien.»
Salif Salou a également dû composer une pièce originale de son cru, Obéso (qui signifie «âme soeur»), inspirée des chants traditionnels de son pays natal. Car c'est là l'autre particularité du NCGMO: privilégier l'inédit afin de favoriser l'émergence d'un son nouveau.
«Nous sommes des éducateurs, des ambassadeurs de nos cultures respectives, tout en inscrivant nos racines dans une trame sonore aujourd'hui typiquement canadienne. Pour ma part, je trouve ça beau à voir et à entendre!»
Pour y aller
Quand ? Le 23 juillet, 16 h
Où ? Centre national des arts
Renseignements : Billetterie du CNA; ou Ticketmaster, 1-888-991-2787, ticketmaster.ca