Andrée Rainville, Aryane Roberge, Charles Rose (sommet) et Marc-André Charette se partagent les rôles des six récits qui constituent <em>L'amour en radio-théâtre</em>, présenté gratuitement les dimanches, à la place de la Francophonie.
Andrée Rainville, Aryane Roberge, Charles Rose (sommet) et Marc-André Charette se partagent les rôles des six récits qui constituent <em>L'amour en radio-théâtre</em>, présenté gratuitement les dimanches, à la place de la Francophonie.

Radio-Théâtre à ciel ouvert : amours à l’ancienne

Yves Bergeras
Yves Bergeras
Le Droit
Le Théâtre Dérives Urbaines proposera, les trois derniers dimanches de septembre, une mise en lecture «live » – et gratuite – intitulée L’amour en radio-théâtre.

Il s’agit d’un collage de textes – signés par Mathieu Charette et Luc Moquin – mais aussi de chansons, lus et interprétées par Andrée Rainville, Aryane Roberge, Charles Rose et Marc-André Charette*.

Ces mises en lecture se tiendront en extérieur les 13, 20 et 27 septembre à 15h30, à la Place de la Francophonie (sur le sentier culturel, juste devant le Théâtre de l’Île), dans le cadre des activités d’Un été sans pareil.

Spécialisé dans un théâtre à saveur patrimoniale, très ancré dans la réalité du territoire, Dérives urbaines s’éloigne un peu de ses habitudes. Mais il n'y déroge pas pas tant que ça, suggère Mathieu Charette, collaborateur régulier de la compagnie.

L’Amour avec un grand A est ici au centre du décor, quelle que soit la saynète, «de la campagne rurale au vaudeville parisien, en passant par le western américain», dit-il.

Les Morceaux d’amour

Luc Moquin et lui ont ressorti de leurs tiroirs les textes de Les Morceaux d’amour, qu’ils avaient écrits au tournant des années 2000, pour concocter «une sorte de compilation» de textes qui tournent autour des élans de cœur.

Ce florilège de six «textes plutôt humoristiques, avec une petite [résonance] rétro ou nostalgique», furent présentés au fil de 6 éditions des Morceaux d’Amour, entre 2002 et 2008. «Il s’agit d’une nouvelle mouture de tout ça», explique Mathieu Charette. 

Des personnages éperdument  amoureux. Des passions qui, comme le Temps, dévorent. 

Si le sujet intemporel, la compagnie reste en réalité collée à son mandat historique, rappelle le metteur en scène, qui s’est ici cantonné à la direction d’acteurs (il n’y a ni costumes, ni mise en scène).

«Ce n’est pas du théâtre patrimonial, dans le sens que c’est moins ancré dans les histoires de ‘chez nous’, moins ‘pur laine’ que les spectacles qu’on propose d’habitude, mais on voyage quand même à travers le temps», poursuit Mathieu Charette. En survolant l’amour à travers différentes époques, «on reste dans quelque chose à saveur un peu historique, qui est notre marque de commerce».

Sa création s’appuie sur de multiples ambiances sonores, à la façon des radio-théâtre.

«C’est beaucoup plus dynamique qu’une simple mise en lecture. La bande son est très, très dense: il y a une soixantaine de ‘cues’ en 45 minutes», avise-t-il. «On pourrait fermer les yeux et voyager avec les acteurs.»

Cette «toile d’effets sonores» séduisante est ponctuée de chansons.

Il s’agit d’airs «très connus», «on change de styles et d’époques, et ratisse large», indique Mathieu Charette en mentionnant Renée Martel, Charles Trenet et même une antique comptine pour enfants. 

«On mise sur la voix et sur la trame sonore: les effets sonores ajoutent du réalisme aux situations et dessinent les décors, pour que le public puisse s’imaginer la dimension visuelle [qui fait défaut au] spectacle.» 


« Ce n’est pas du théâtre patrimonial, dans le sens que c’est moins ancré dans les histoires de ‘chez nous’, moins ‘pur laine’ que les spectacles qu’on propose d’habitude, mais on voyage quand même à travers le temps. »
Mathieu Charette

Distanciation

En cas de pluie, les spectacles seront annulés à la dernière minutes – mais seulement si elles s’avèrent «torrentielles», précise-t-il. 

S’il tombe seulement «quelques petites gouttes, tant que ce n’est pas dangereux pour l’équipement technique», les représentations auront lieu, promet Mathieu Charette, qui invite le public à apporter chaises d’extérieur et parapluies.

Pas de bain de foule, en revanche: «les mesures sanitaires, on n’y échappera pas», convient le metteur en scène en rappelant que des mesures de sécurité permettant de respecter la distanciation sociale sont prises.

Renseignements: Théâtre Dérives Urbaines : 819 595-3436

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Marc-André Charette a dû remplacer au pied levé, cette semaine, le comédien initialement prévu, Alexandre-David Gagnon. Ce dernier est tombé malade.