Laurent Forget, Monique Brunelle et André St-Onge, dans la pièce Salle à manger

Quand le théâtre passe à table

C'est la pièce de vie par excellence: dans la salle à manger, on se croise, on discute, on s'active. C'est aussi le titre du nouveau spectacle du Théâtre de l'île, à l'affiche dès mercredi soir, jusqu'au 4 juin.
Mise en scène par Kira Ehlers, cette série de sketches sera interprétée par 10 comédiens-citoyens qui se glisseront successivement dans la peau d'une quarantaine de personnages. «Un vrai défi de composition pour des comédiens amateurs!» partage la metteure en scène en cette veille de première. Et un défi de taille(s) pour la costumière Mylène Ménard. 
Les protagonistes se retrouvent du petit-déjeuner au dîner, de l'enfance à la vieillesse, pour une vie de famille pleine de tendresse, cocasse ou ironique, «moments de vie et de vérité», présente Kira Ehlers. 
Les 18 sketches de cette étude de moeurs sans pitié du dramaturge américain A.R. Gurney (traduite par Joël Beddows) sondent plus d'un demi-siècle de repas en famille, de l'après-guerre «où il fallait faire la queue pour du pain» à l'époque contemporaine. 
«La salle à manger a toujours été un lieu sacré où l'on se rassemble et on se confie», analyse la metteure en scène. 
Les habitués des mises en scène de Sylvie Dufour, actuelle directrice du Théâtre de l'Île se souviendront peut-être de sa version de la Salle à manger en 2000. «Avec ses courts tableaux, la pièce se prête parfaitement au théâtre communautaire,» renchérit Kira Ehlers, fonctionnaire de carrière et passionnée de théâtre depuis une quinzaine d'années. Elle signe ici sa septième production en compagnie des «acteurs-citoyens» (non professionnels) du Théâtre de l'Île.
«Nous avons seulement ajouté un chapitre de notre cru au texte original, plus personnel», partage la maîtresse de maison sans en dévoiler davantage sur la teneur de la surprise. Il faudra patienter jusqu'au dessert. 
Dresser la table à l'Espace René-Provost
Les travaux d'agrandissement et de mise aux normes du 1, rue Wellington occasionnent le déménagement des prochaines représentations à l'Espace René-Provost (15, rue Leduc). Cette salle provisoire peut accueillir une cinquantaine de spectateurs, soit moitié moins que le Théâtre de l'île. Mais Kira Ehlers ne s'en formalise pas, bien au contraire: «Les spectateurs sont assis plus près des comédiens qui eux, n'auront pas besoin de parler fort pour se faire entendre. Cette proximité contribue à ce que le public soit lui-même installé dans la salle à manger.»
La promiscuité du plateau impose une certaine sobriété de décor. Le système d'éclairage, moins performant qu'au Théâtre de l'Île, a également poussé l'équipe à repenser ses choix de scénographie. 
Seule coquetterie: «La musique! Il y en aura beaucoup, promet Kira Ehlers, comme dans ma pièce précédente, Cinémassacre.» Comme une fugue existentielle jamais trop encombrante.
Pour y aller
Quand? Jusqu'au 4 juin
Où? Espace René-Provost
Renseignements: 819-243-8000 ou www.ovation.qc.ca