Fred Fortin

Party solo avec Fred Fortin

Depuis un an et des poussières, Fred Fortin est retourné à ses premières amours et parcourt les salles en mode homme-orchestre. Mais le soir du 24 juin, pour la Saint-Jean-Baptiste, le folk-rockeur veut bien déroger de l’intimisme de cette formule et brasser la métaphorique cage aux festivaliers à La p’tite St-Jean, dans le Vieux-Hull.

Comme à sa (nouvelle) habitude, le Jeannois d’origine — et d’accent — aura comme seuls compagnons de scène sa guitare, son harmonica et de quoi jouer ses propres percussions en même temps. Mais question d’épicer l’ambiance son spectacle solo, « je vais peut-être y aller dans des affaires de party. J’y vais toujours sur le fly quand je fais ces shows-là », résume le chanteur de Moisi moé’ssi depuis son chalet au Lac-Saint-Jean, qui sert aussi de studio d’enregistrement et de local de répétition.

« Si je sens que l’écoute est bonne, j’y irai dans quelque chose de plus intimiste. Mais des fois, les gens boivent, ils veulent avoir du fun et se faire rocker les oreilles. Je m’attends plus à ça d’un show de la Saint-Jean. »

Venant de la bouche de celui qui déverse occasionnellement son fiel rock dans Gros Mené, on y croit.

La Fête nationale, « c’est devenu dilué » au fil des décennies, observe l’ancien protégé de Dédé Fortin. « Le contexte a tellement changé. La fierté et l’identité culturelle, c’est une autre affaire. Ce n’est plus la même ferveur ; on est un peu à définir c’est quoi notre Saint-Jean, astheure. (...) Il y a toujours des questions politiques, et j’avoue que je suis un peu comme tout le monde : on est perdus dans tout ça, dans l’essoufflement de tout le mouvement souverainiste. »

Musicalement, « c’est souvent la vieille formule, ajoute-t-il. Mais c’est le fun de voir plein de nouveaux artistes qui arrivent aujourd’hui. D’après moi, c’est juste une transition. Pas que c’est mort, mais il faut se réapproprier notre fête. »

Une nouvelle qui a réjoui Fred Fortin : après sa prestation sur la scène temporaire de la rue Laval, il passera le relai à Groovy Aardvark — le même joyeux bazar punk qui s’est officiellement réparé en 2005, mais qui ravive de temps à autre la nostalgie des adeptes de rock brut en se réunissant le temps d’un spectacle.

À la mention de la présence des messiers d’Aardvark, Fred Fortin éclate de rire. « Je ne savais même pas qu’on jouait ensemble ! s’exclame-t-il. Ce sont de bons amis à moi. Vincent Peake, on l’appelle “Le Viking”, parce qu’il est éternel, comme un Viking... C’est incroyable : lui, c’est une bête de party. Alors ce devrait être une bonne fête ! »

Des galettes dans le four

À l’heure actuelle, Fred Fortin se trouve au plus tranquille du cycle album-tournée-création. Les spectacles en groupe sont terminés pour son dernier album, Ultramarr (2016). Le groupe Galaxie, dans lequel il assure les partitions de basse, arrive au terme de la tournée de Super Lynx Deluxe (2018). Gros Mené ? Silence radio... pour l’instant.

Car en ce moment, en même temps, son studio enregistre de nouvelles chansons, et pour Gros Mené, et pour son projet solo. Les deux embryons d’albums sont « pas mal avancés », mais l’auteur-compositeur-interprète n’ose dire quand, ni lequel paraîtra en premier. « Quand il va y avoir une galette de prête, je vais la sortir du four », avance-t-il prudemment.

En ce qui concerne la future offrande du Fred Fortin solo, le chroniqueur poétique des moments comiques ou miteux du quotidien s’est inspiré de son concept d’homme-orchestre. On y retrouvera la même facture dépouillée, rock et minimale à la fois. « Ça va être plus brut que ce que j’ai fait sur album avant », promet-il.

Un projet est coulé dans le béton : le prochain album de Diane Tell, On n’jette pas un amour comme ça, atterira dans les bacs au mois de septembre. À la réalisation, à l’écriture et à la composition, Fred Fortin s’est amusé à sortir de sa zone de confort. « Je me suis payé un trip de faire des genres de bossas-novas et des affaires plus exotiques pour moi, détaille-t-il. Écrire des paroles pour une fille, j’avais déjà essayé avant, mais là, j’ai vraiment pensé à ce que Diane pourrait chanter, sans réécouter ses albums. J’imaginais plein de propos... et c’est le fun, parce que ce n’est plus moi ! C’est un bel exercice. »

+

POUR Y ALLER

Quand ? Lundi 24 juin, 19h30

Où ? Rue Laval, Gatineau