«Trop gentil» pourrait être la marque de commerce de l’humoriste, comédien et animateur Martin Vachon, qui subit régulièrement les conséquences de cet incorrigible «vice».

Martin Vachon: trop gentil

OTTAWA — Un soir, après une représentation de son premier spectacle solo, comme à son habitude, Martin Vachon est allé à la rencontre de ses spectateurs. Alors qu’il prenait une photo avec une spectatrice âgée, une douleur vive le saisit au postérieur. La dame, qui trouvait certainement le blond trentenaire de son goût, avait décidé de prolonger le plaisir avec une poigne surprenante. Sans retenue, un pinçon cruel en son éminence charnue. Et pour se défendre, l’humoriste fit... rien du tout.

Non, Martin Vachon ne s’est pas recyclé en porte-parole des victimes d’attaques de cougars ou des propriétaires de fessiers outragés. La morale de cette histoire? Encore une fois, l’humoriste, comédien et animateur a subi les conséquences de son incorrigible vice : «je suis trop gentil!»

«Trop gentil» pourrait être sa marque de commerce, le sous-titre de son premier spectacle d’humour solo — intitulé, sans dentelle ni fioriture, 1er one-man-show. Règle générale, dans un premier spectacle, «il faut que tu te présentes. Il y a tellement de monde dans la salle qui viennent parce qu’ils me connaissent de la télé», indique le sympathique verbomoteur que les téléspectateurs ont vu notamment dans Mémoires vives, La galère et Cheval-serpent. À savoir lequel, entre le plateau de tournage et la scène, serait l’environnement de sa prédilection, l’artiste polyvalent n’ose pas trancher. «Mais si tu me donnes vraiment le choix, je vais prendre l’humour, se lance-t-il. C’est un médium où je n’ai pas de filtre; c’est là que je suis le plus authentique. Je fais rire les gens et c’est un plaisir fondamental!»

Les curieux découvriront le Martin Vachon de la rue à travers les chapitres les plus insolites de sa vie. Le père de deux garçons s’y dévoile comme un «Ned Flanders» incapable de violence, même dans un ring de lutte. On y serre la patte d’un doux «golden retriever» qui ne sait dire non à rien ou à personne, pas même à une publicité humiliante pour Nautilus, ou encore la main d’un «grand tata sympathique» dont la malchance lui vaut une rencontre nauséabonde avec Philippe Couillard. Si ces tranches de vie «où j’ai l’air épais» paraissent trop rocambolesques pour être vraies, détrompez-vous; l’honnête homme a pris soin d’insérer dans ses numéros des photos et des vidéos pour prouver leur véracité. «Essentiellement, il n’y a aucun mensonge. Ce soir, je vais vous avouer qui je suis sans aucune retenue, et sans aucune fierté!»

Et qu’est-ce qui fait rire ce gros nounours à la verve autodérisoire? «Ben des affaires», de résumer le principal intéressé, qui énumère, entre autres, les vidéos d’animaux, le dessin animé Family Guy, les gaffes de sa conjointe et l’émission Rire et délire. Comme il est «trop gentil» pour en faire, l’humour noir est l’un de ses plaisirs coupables. «Et c’est con car je suis papa, mais des enfants qui se font mal. Un enfant qui tombe d’un trampoline — bon, il ne faut pas qu’il se fasse trop mal, mais moi, ça me fait rire!»

Artiste hybride

Lorsqu’il porte son chapeau d’humoriste, le comédien en lui n’est jamais loin. Pour ponctuer ses anecdotes, le conteur enthousiaste s’amuse à incarner les humains et les animaux qui croisent son chemin. «C’était indissociable, estime Martin Vachon. Moi, je suis vraiment un hybride. Je ne suis pas un humoriste, je ne suis pas un comédien; je suis un humoriste-comédien qui anime. J’aime toucher à tout, et je ne serais pas heureux si j’étais obligé de faire une seule chose. Pouvoir toucher à plusieurs domaines, ça me donne l’impression de ne jamais travailler!

«Ça faisait cinq ans que ma carrière allait très bien en humour. Je faisais des galas, les gens du milieu me connaissaient, j’ai écrit pour Pierre Hébert (Le goût du risque)... Dans ma tête, mon spectacle était prêt il y a peut-être deux ans, mais ma boîte voulait que le timing soit bon, explique-t-il sur les 10 années qui séparent ses débuts de son 1er one-man-show. Puis je mets aussi mes efforts sur deux paliers en même temps. Je ne délaisserai pas ma carrière de comédien pour jouer comme humoriste. Peut-être qu’on me voit moins à la télé que d’autres comédiens qui consacrent 100 % de leur temps là-dessus, mais moi, je fais tellement d’affaires!» 

Martin Vachon sera en spectacle à l'auditorium de la polyvalente Nicolas-Gatineau le vendredi 22 mars, à 20h.

Martin Vachon sera en spectacle à Montmagny le 30 mars et à la salle Albert-Rousseau les 30 avril et 1er juin.