Malgré sa nouvelle popularité, Ludovick Bourgeois garde les deux pieds sur terre. «Le truc, c’est de ne pas s’en rendre compte! Je ne suis pas conscient pantoute de ma popularité. Et si j’avais la grosse tête, des gens me ramèneraient à l’ordre!»

Ludovick Bourgeois: les deux pieds sur terre

Ludovick Bourgeois a entamé la première tournée de spectacles de sa vie. À son nom, du moins. Après avoir maintes fois accompagné d’autres artistes, la scène lui appartient désormais.

Pour franchir cette étape marquante de sa jeune carrière, le lauréat de La Voix 5 s’est beaucoup préparé. « Comme n’importe quel artiste, je pratique plus que moins pour être fin prêt (pendant) une heure et demie, seul devant le public. » Pour sa première — c’était à Granby, en janvier — « disons que c’est plus stressant », admettais celui qui a pourtant foulé de grandes scènes avec Éric Lapointe et les participants de La Voix, notamment. « C’est intimidant, bien sûr, mais je pense que ça va bien aller ! », lance-t-il avec aplomb.

Ceux qui partageront cette heure et demi avec lui, mercredi 28 mars à la Maison de la culture de Gatineau, auront droit à « un mix de plein de trucs ». Ludovick interprétera les pièces de son premier album éponyme paru en octobre dernier, mais aussi les chansons qui ont marqué son passage à La Voix. 

« Je vais aussi chanter mes coups de cœur ; des chansons que j’aime et que j’ai toujours voulu faire en spectacle », dit-il, en avouant être un grand fan de la musique des années 80. On risque donc d’entendre quelques succès anglophones. 

« Je ne veux pas me limiter. Je souhaite offrir un show qui bouge, avec des chansons ‘up tempo’. Je ne voulais pas d’un spectacle avec un tabouret et juste des ballades », ajoute-t-il en confirmant ce qu’on pensait déjà : oui, il y aura aussi quelques succès des BB, en hommage à son père, Patrick Bourgeois, décédé à la fin de 2017. 

Pour livrer cette offrande sur laquelle il a eu son gros mot à dire — « C’est pratiquement moi qui ai monté le spectacle : le choix des chansons, l’enchaînement... » —, Ludovick sera entouré du batteur Maxime Lalanne, du guitariste Martin Bachand et du bassiste Jean-François Langevin.

Quand on lui demande ce que la musique représente pour lui, Ludovick Bourgeois avoue en écouter beaucoup, sans que ce soit « son premier réflexe ». « Je suis beaucoup dans le silence. Mais je trouve que la musique est un art sincère, car tu vois la réaction des gens directement dans ta face. Tu sais tout de suite s’ils aiment ou pas. »

Pas un gars « ordinaire » 

Jusqu’à maintenant, la réaction favorable du public a de quoi le rassurer. Et même si son histoire familiale l’a bien préparé à cette dose d’affection, il s’en montre étonné. « ? Je ne sais pas si on peut s’habituer à ça ?!? » lance-t-il, avant d’ajouter qu’il garde les deux pieds sur terre sans problème. « ? Le truc, c’est de ne pas s’en rendre compte ?! Je ne suis pas conscient pantoute de ma popularité. Et si j’avais la grosse tête, des gens me ramèneraient à l’ordre ?!? » 

Chose certaine, il n’a pas envie d’être un gars « ordinaire » de son âge. « J’étais à l’université, je travaillais, mais je faisais de la musique depuis mes 17 ans et je rêvais de ce qui m’arrive en ce moment. » 

Du même souffle, le chanteur rappelle avoir bossé pour atteindre son but. « Quand j’ai découvert que j’avais un mini-potentiel, j’ai travaillé fort, j’ai suivi des cours de chant. » À ceux qui pensent que faire La Voix est la façon facile de réussir, il répond ceci : « Je leur dis d’y aller pour voir. C’est gros et il faut être capable de gérer ça. » 

Faire son prénom 

Le jeune Bourgeois porte fièrement son nom de famille. Il s’en est d’ailleurs amplement servi pour faire sa place, pigeant même dans le répertoire de son père pour attirer l’attention des juges de La Voix. Mais à 25 ans, l’heure est venue de se faire un prénom et de tracer sa propre voie. « Je savais que ça allait venir un jour. Ça ne m’inquiète pas du tout. Je m’assume à 100 % ; le reste, je ne le contrôle pas ! » 

Le voilà donc parti pour une tournée à travers le Québec avec un plaisir manifeste. « Moi, j’adore dormir à l’hôtel ! Et on a tellement une belle province. La visiter en faisant de la musique et en allant à la rencontre de passionnés qui aiment ce que je fais, c’est valorisant. » 

Et même s’il trace sa route dans le pop-rock, il ne faudrait pas s’étonner de le voir un jour fredonner du country, un style qu’il aime beaucoup. Il souhaite également aiguiser sa plume davantage. « Je veux m’impliquer plus dans l’écriture de chansons. Le processus d’écriture de mon album s’est fait tellement vite... mais pour le prochain, je vais prendre mon temps ! »


POUR Y ALLER

Quand ? Mercredi 28 mars, à 20 h

Où ? Maison de la culture de Gatineau

Renseignements : 819-243-2525 ; salleodyssee.ca