Eric Church a confirmé que le new country a la cote dans la capitale. Difficile ne de pas taper du pied ou de se lancer dans un solo de «air guitar»

L’orage Church frappe le Bluesfest

CRITIQUE / L’orage a grondé… souvent, vendredi soir. Il aura fallu attendre que le ciel donne son accord avant que les premiers «riffs» soient lancés sur les plaines LeBreton.

Et en harmonie avec l’arc-en-ciel, la sono de la scène principale a tôt fait de taire les grondements colériques du tonnerre pour laisser place à la musique. Une country à l’américaine qui nous a été servie par Eric Church.

Pour cette deuxième soirée du Bluesfest, bottes et chapeaux de cowboy étaient de mise pour une programmation toute nashvillesque.

Le nom de la star du new country américain, Eric Church, avait été inscrit dans la programmation du Bluesfest pour la première fois de sa carrière. Pour ce premier passage sur les plaines, il avait préparé tout un show à ses fans canadiens.

Le cowboy a lancé un premier lasso avec la pièce That’s Damn Rock’n Roll suivi de Desperate Man et un « Comment ça va, Ottawa ? » comme seul préambule.

Il n’en fallait pas plus pour entendre claquer les talons des Boulet et faire virevolter les Stetson.

Il faut dire que la soirée avait drôlement bien débuté avec la prestation de Jason Isbell. Le guitariste originaire de l’Alabama en a impressionné plus d’un, surtout lors d’un solide duo de guitare débridé avec son acolyte Sadler Vaden. L’ex-leader de Drive-By-Truckers, qui fait maintenant carrière solo, promène son country d’un bout à l’autre de l’Amérique du Nord accompagné du groupe The 400 Unit. Isbell a vraiment trouvé sa place avec les grands depuis le lancement de l’album The Nashville Sound, paru en 2017.

Avouons que l’on aurait difficilement pu trouver mieux pour « réchauffer » la scène. Mais, c’est au coucher du soleil que le cowboy tant attendu a fait le tour de la montagne et a enflammé la scène City.

Church n’a pas mis de temps à mettre dans sa petite poche les milliers de fans déjà conquis. Il a enchaîné les hits. Habitué à offrir des prestations marathons, il a dû se restreindre à un spectacle écourté en raison des conditions climatiques qui ont frappé la capitale en début de soirée… et des règlements municipaux. En fait, les fans de Church ont l’habitude de le voir sur scène pendant trois à quatre heures. « Mais pas ici, on devra se contenter de deux heures seulement, a lancé Church. Alors, on se jasera moins et vous bombardera de musique. Ça vous va ? »

Alors, l’enfant chéri de la Caroline du Nord et son band se sont carrément déchaînés.

Difficile ne de pas taper du pied ou de se lancer dans un solo de « air guitar » dans ce piège redoutable, habilement mis en place par Church, laissant la foule compacte du Bluesfest entièrement à sa merci.

Grâce à une scène bien éclairée, un écran plus que géant avec des projections collées à ses chansons et des têtes de mort servies à toutes les sauces, Church a arpenté les planches de long en large avec sa guitare la plupart du temps accrochée dans son dos.

Des guitares, beaucoup de guitares, la grosse caisse bien présente et une voix campée dans le moule country, un spectacle d’Eric Church se décline aussi dans un son plus rock que la pop-country léchée qui sort souvent des studios de Nashville. Et vous savez quoi ? On en aurait pris pendant des heures.

Le new country a définitivement la cote dans la capitale. Et les organisateurs du Bluesfest n’auraient pu mieux faire pour confirmer cette affirmation. Church a livré une grand-messe sans fausse note.

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À VENIR : The Killers, Taking Back Sunday, The Texas Horns, Children of Indigo...

Le premier week-end du Bluesfest en offrira pour tous les goûts alors que samedi, les organisateurs ont programmé Taking Back Sunday, The Texas Horns et Children of Indigo.

Quant à nous, on vous propose la grande blueswomen Dawn Tyler Watson.

Dimanche, The Killers auront la cote et on prévoit un parterre complètement rempli pour l’occasion.

Rappelons que lundi, le festival fera relâche.

Petit écueil pour les organisateurs, la chanteuse torontoise Jessie Reyez doit annuler sa prestation du 10 juillet en raison d’une blessure à la jambe subie le mois dernier.