L’ex-dragon et homme d’affaires François Lambert lancera le 2 novembre son livre L’entrepreneuriat, c’est difficile. Point.

L’ex-dragon Lambert lorgne Juste pour Rire

EXCLUSIF / L’homme d’affaires et ancien dragon, François Lambert, est intéressé à acheter le Groupe Juste pour rire, a appris Le Soleil.

«J’ai demandé à voir les chiffres de la compagnie. Je fais partie de ceux qui souhaitent acheter ce fleuron. Je vais faire une offre si les données ont de l’allure», avance celui qui se dit prêt à réaliser une transaction en collaboration avec des humoristes. «Ces gens-là sont la manne au Québec. Il faut les incorporer dans une forme de partenariat. À ce stade-ci, toutes les possibilités sont sur la table», poursuit-il.

Au cours des derniers jours, le nom de plusieurs entreprises, comme ComediHa! et MishMash (propriété d’Alexandre Taillefer), a circulé dans les médias pour acquérir l’empire de Gilbert Rozon. Ce dernier est visé par des allégations de harcèlement sexuel et d’agression sexuelle par plus d’une dizaine de femmes. Selon Le Journal de Montréal, il demanderait «près de 70 millions $» pour ses actifs dans Juste pour rire.

Bien qu’il n’ait aucune expérience dans le domaine du spectacle, il l’avoue, il est devenu millionnaire dans la trentaine grâce à «la bulle Internet», M. Lambert estime qui pourrait amener la compagnie spécialisée dans l’humour «à un autre niveau». Actuellement, l’homme d’affaires et conférencier est propriétaire et actionnaire dans huit entités, dont Acier Saint-Jérôme, Incursion Voyages, Undz, Aheeva Technology et Boostmi. 

«Je n’avais pas non plus d’expérience dans ma compagnie d’acier. Ce qui est important, c’est d’avoir une bonne équipe en place», dit-il, estimant qu’il est possible de redorer le blason du Groupe Juste pour rire. Toutefois, l’ascension comprendra certains défis. «Le problème, c’est que lorsque tu achètes une entreprise, le président sortant fait normalement la transition avec toi durant deux ou trois ans. On rencontre alors les clients pour savoir s’ils souhaitent collaborer avec nous. Cette facette-là, elle n’est pas disponible avec le Groupe Rozon. Il [M. Rozon] est radioactif», poursuit celui qui baigne dans le monde des affaires depuis 17 ans. 

Tolérance zéro

M. Lambert, qui a également fait fortune avec sa compagnie Atelka avant de vendre ses parts en 2016, ne mâche pas ses mots lorsqu’il parle de l’ancien dragon et également de l’ancien animateur Éric Salvail. «C’est deux crosseurs.» Pour lui, de tels gestes comme patron, c’est tolérance zéro. Et il va être très difficile pour eux de se relever. 

«Comme actionnaire, nous sommes la mascotte de l’entreprise. Il faut faire attention à nos comportements et toujours se poser la question si mes gestes peuvent affecter ma compagnie», fait valoir le détenteur d’un diplôme en finances et économie de l’Université du Québec à Hull. Il stipule avoir été surpris d’apprendre ces nouvelles la semaine dernière. «Dans ma vie, j’ai peut-être eu 50 000 employés et jamais je n’ai couché avec une employée ou reçu une plainte de harcèlement. C’est une question de gros bon sens», souligne-t-il.

Questionné à savoir si ce mouvement représente un certain risque pour les dirigeants d’entreprises, par exemple des employés mécontents souhaitant se venger de leur patron, l’homme d’affaires estime qu’il faut faire attention et savoir éviter les situations dangereuses. Il ne cache pas qu’il y a un risque à rencontrer une personne seule, par exemple lors d’un licenciement, car «des profiteurs, il y en a partout». 

«Les professeurs ont eu le même problème. Combien de plaintes avec de jeunes étudiantes sont tombées à l’eau?» demande-t-il. Dans le cas de M. Rozon et de M. Salvail, la situation n’est toutefois pas la même, car plusieurs personnes ont affirmé avoir été victimes de harcèlement, tient-il à nuancer.

Dans le cadre de l’émission Dans l’œil du dragon, plusieurs entreprises ont signé des partenariats d’affaires avec le fondateur de Juste pour rire. M. Lambert leur conseille de racheter rapidement les parts de M. Rozon. 

«En affaires, c’est une question de perception», conclut-il, saluant le fait que M. Salvail ait vendu rapidement sa boîte de production Salvail & Co.

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L’ART DES AFFAIRES

«En affaires, ça va bien, et le lendemain, ça va mal. Pensons au Groupe Rozon. C’est ça l’entrepreneuriat. Une entreprise peut tomber à tout moment.»

L’homme d’affaires François Lambert lancera le 2 novembre prochain son livre L’entrepreneuriat, c’est difficile. Point.

Avec 17 années comme actionnaire dans différentes compagnies, M. Lambert souhaite maintenant partager son expérience comme entrepreneur. 

Dans son livre de 221 pages, il touche à plusieurs aspects du rôle d’un patron, passant des étapes du financement, à l’importance du marketing et du défi des ressources humaines.

«En affaires, il n’y a rien de simple. Ce n’est pas une vie jet-set. On ne lance pas une idée et l’argent arrive», prévient M. Lambert. «Le but de mon livre n’est pas de décourager les gens, mais de leur ouvrir les yeux».