La directrice artistique du Théâtre de l’Île, Sylvie Dufour, est accompagnée d’artistes qui participeront à des spectacles figurant au programme de la saison 2019-2020.

Les voix modernes du Théâtre de l’Île

Le Théâtre de l’Île (TDI) sort un peu des sentiers battus, cette saison, en présentant cet hiver «J’accuse» d’Annick Lefebvre.

Pièce « moderne », marquée par une écriture très spoken word qui vient renforcer la rage sourde des protagonistes, J’accuse constituera le « gros morceau » de la saison du petit théâtre municipal, de l’avis de la directrice artistique des lieux, Sylvie Dufour.

Cette pièce qui fit un tabac lors de sa création, en 2015 à Montréal, sera présentée à Hull du 5 février au 8 mars... juste avant la Journée internationale des femmes.

Entièrement féminine, tant dans son fond que dans sa forme, J’accuse est construite autour de cinq monologues de femmes. Afin de « jouer avec la multiplicité des points de vue » qui s’y expriment, Sylvie Dufour a jumelé les cinq comédiennes – Mélanie Beauchamp, Marie-Nicole Groulx, Mylène Ménard, Chantale Richer et Maxine Turcotte – à cinq metteures en scène, Nathalie Baroud, Isabelle Belisle, Sasha Dominique, Kira Ehlers et... Sylvie Dufour. Toutes sont de loyales collaboratrices, que le public découvrira dans un registre plutôt inhabituel, pour le « plus petit des grands théâtres ».

La comédienne et metteure en scène Magali Lemèle replongera quant à elle Dans le bleu. Ce solo présenté en 2017 au festival Zones Théâtrale (dans une version « en chantier ») revient à la maison, lui qui a été créé dans le cadre des Cartes blanches du Théâtre de l’île. La mouture finale de ce conte philosophique prendra l’affiche du 22 avril au 3 mai, dans une mise en scène de Gabriel Plante. Dans le bleu est une coproduction du Centre national des arts, qui présentera la pièce juste avant la série de représentations gatinoises, a précisé Sylvie Dufour, qui lançait mardi sa programmation pour 2019-2020.

La pièce se transportera ensuite à Sudbury, ce dont s’enorgueillit Mme Dufour, elle qui « rêve de pouvoir présenter des tournées » dans les autres secteurs de la ville et les municipalités avoisinantes, afin d’« encourager les comédiens d’ici » à rester en Outaouais, en leur permettant de « rayonner davantage ». 

L’ancien château d’eau restera fidèle à une tradition bien établie en accueillant Les grandes chaleurs, comédie de mœurs de Michel-Marc Bouchard, qui se penche sur la relation amoureuse secrète qu’entretient une femme de 50 ans avec un jeune homme ; du 3 juillet au 24 août, la comédienne Sasha Dominique partagera sa couche avec un autre membre de la distribution : Richard Bénard, Jonathan Charlebois, Marc-Antoine Morin ou Frédérique Therrien. Mathieu Charette assurera la mise en scène.

Autopsie, la drôle de revue de l’année à saveur locale que signent Martin Vanasse, Jean-Denis Scott et David Thibodeau, sera à l’affiche du 4 au 14 décembre.

Volet communautaire

Pour son volet communautaire, le TDI s’attaquera à deux comédies : Une petite entreprise familiale, du Britannique Alan Ayckbourn, cet automne ; puis Théâtre de chambre, du Français Jean Tardieu, au printemps 2020.

La première pièce relate les péripéties d’une famille où l’appât du gain et la malhonnêteté font bon ménage. La seconde est un assemblage de courtes « comédies éclair ». Chacune sera défendue par 12 citoyens-acteurs, sous la direction d’Isabelle Belisle et de Mathieu Charrette, respectivement.

Le Laboratoire de mise en scène innove en permettant à 10 acteurs amateurs de s’initier au théâtre d’objet. Le fruit de leurs recherches expérimentales – il s’agira d’une « création totale », précise Mme Dufour – sera à découvrir du 24 au 28 mars à l’Espace René-Provost – qui accueillera cette année les Cartes blanches de Marie-Hélène Frenette-Assad, Myriam Laviolette, Anne Thériault, Marianne Duval, Sylvain Sabatier et Corinne Sauvé.

Tout ceci s’ajoute à l’offre théâtrale de la salle Jean-Despréz et au cabaret La Basoche.

La programmation des deux petites scènes municipales, qui avait été dévoilée la veille, propose entre autres La bibliothèque interdite (où brille Sébastien Ricard) et Conversations avec mon pénis, pendant masculin, signé Dean Hewison, des Monologues comico-philosophiques du vagin. ainsi que les contes, slams et monologues de Michel Faubert, Stéphane Guertin et David Goudreault.