«Je dégage l’image d’un jeune premier habillé propre, mais mes propos sont souvent un peu trash», dit Julien Lacroix.

Les multiples facettes de Julien Lacroix

QUÉBEC — Coqueluche du dernier gala Les Olivier, d’où il est reparti les bras chargés de trois trophées; vedette du Web, où il cartonne avec des capsules qui cumulent les clics par centaines de milliers; pro de l’impro et humoriste de la relève qui fait courir les foules avec un spectacle en rodage: Voisiquement-moi. Pas de doute, Julien Lacroix fait des vagues avec son personnage capable d’être naïf, cru, charmant et odieux… Tout ça en même temps!

Alors que les projets se bousculent sur les planches et sur les écrans (petit et grand), le comique fera escale à Gatineau cet automne. Les billets se vendent à vitesse grand V, même pour les spectacles prévus plus tard en 2019. D’ici là, quatre questions en rafale à l’étoile montante de l’humour.  

1

 Tu travailles avec Adib Alkhalidey sur un film pour lequel vous avez eu recours au sociofinancement. Où en êtes-vous dans la production?

On a tourné en 10 jours en juin et on est tout de suite tombés en montage pendant trois semaines, Adib et moi. On s’est retrouvés un peu dans un cul-de-sac côté son parce qu’on va sûrement aller en salle [et pas seulement sur le Web]. Notre budget vient d’être dépassé. On cherche des commanditaires, on a trouvé des solutions. Ce n’est jamais vraiment terminé!

2

 Tu œuvres beaucoup sur le Web. Pour toi, est-ce que c’est une fin en soi ou une manière de te faire connaître pour la scène ou la télévision?

À la base, c’était pour aller rejoindre du monde qui aime ce que je fais. À ce moment-là, je n’avais pas encore été appelé par la télé. J’ai décidé de faire sur le Web ce que je voulais faire à la télé, soit des sketchs. C’est drôle, parce que c’est ça qui m’a amené à la télé. Le Web, c’est ce qu’il y a de plus le fun en ce moment et qui rejoint le plus de monde. C’est ce qu’il y a de plus vrai, aussi. Il y a tellement de censure un peu partout que le Web n’a pas. C’est un terrain de jeu vraiment plaisant. On est en écriture, Yannick de Martino et moi, pour la deuxième saison des Prodiges. Il y a plein de beaux projets qui s’en viennent pour le Web. 

3

 Comment décrirais-tu ton personnage?

Je dis souvent que je suis rose et noir. Je dégage l’image d’un jeune premier habillé propre, mais mes propos sont souvent un peu trash. C’est ça qui vient faire pardonner un peu le truc. Des fois, je parle avec d’autres humoristes qui sont comme : “ Taboire! Voir si on a le droit de dire ça! ” On dirait que ça passe à cause de la manière avec laquelle je le dis, avec la livraison qui est parfois un peu retardée… Ça aide à faire passer le message. Les gens comprennent que je ne dis pas ce que je pense. Je trouve quand même intéressante l’approche que j’essaie d’avoir avec ce personnage et le public. 

4

 Qu’est-ce que le dernier gala des Olivier a changé pour toi?

C’est tellement fou! Ça m’a donné une crédibilité. On est tellement dans la relève. J’étais en nomination pour Révélation contre des humoristes qui n’ont pas le même parcours que moi, mais qui ont le même statut, si on veut. Trois trophées d’un coup, aussi, c’était un beau tour du chapeau pour prouver aux gens que je ne suis pas juste un humoriste qui loue ses salles et qui fait du Web. Ça m’a amené à plein de trucs après. Ça m’a donné une crédibilité, surtout du milieu, parce que le public me suivait déjà. Mais les gens qui étaient un peu sceptiques ont pu dire : “ ah, finalement, ça se peut ce qu’il fait, lui! ”

POUR Y ALLER

Quand ? 23 novembre, à 20 h

Où ? Salle Odyssée

Renseignements : 819-243-2525; salleodyssee.ca