David Levesque, Max Beaulne, Alexandre Landry et la coordonnatrice et intervenante Marie-Ève Parent

Les jeunes du LAB lancent leur troisième album «Illumin’Art»

Pendant cinq années de son adolescence, David Levesque a subi les violences de celui qu’il appelle « le dictateur ». Lorsque celui-ci a découvert que David avait porté plainte à la police contre lui, c’était fini : à 18 ans à peine, le jeune, autiste et épileptique, devrait se trouver un autre logement.

Aujourd’hui, le gentil géant de six pieds, cinq pouces, est fier d’être devenu un adulte indépendant. À 27 ans, il a toujours trouvé moyen d’assurer ses propres besoins, avec quelques coups de pouce occasionnels du Centre d’intervention et de prévention en toxicomanie de l’Outaouais (CIPTO). Le Grand David – ainsi s’est-il surnommé en tant qu’artiste – slamera son combat contre « le dictateur » sur l’album Illumin’Art ainsi que sur la scène de la Salle Jean-Despréz le mercredi 3 avril, lors du spectacle de lancement du projet artistique chapeauté par l’organisme.

Ce troisième opus collectif regroupe les œuvres de quatorze usagers du centre Le LAB, un point de service du CIPTO. En ajoutant dans le calcul le travail d’arrière-scène nécessaire au spectacle, une trentaine de jeunes adultes ont mis la main à la pâte pour cette initiative qu’ils ont presque entièrement menée et mise en scène par eux-mêmes. En un peu plus d’un an, ils ont créé, composé, peint et bricolé chaque étape du processus sous la tutelle du coach musical et réalisateur de l’album Fred Abel et de la coordonnatrice et intervenante Marie-Ève Parent. Il s’agit du projet le plus ambitieux du LAB, où des individus de 16 à 30 ans vivant avec un problème de toxicomanie, de santé mentale, d’itinérance ou de marginalisation apprivoisent différentes formes d’art comme mode d’intervention.

« Quand on a de la frustration, quand on habite seul, la peinture et la musique, c’est une façon de s’exprimer qui est moins violente que les coups de poing », souffle David.

Ce type d’intervention alternatif a eu de nombreuses répercussions positives. Pour Alexandre Landry, qui a passé 14 ans en centres jeunesse et trois dans la rue, « Le LAB, c’est comme une deuxième famille, témoigne celui qui a enregistré du rap pour chaque opus d’Illumin’ART. J’ai réussi à me sortir de la drogue à cause du LAB. Ça m’a sorti de ça parce que je me concentrais plus dans ma musique que dans la drogue que je prenais. »

La lutte contre la dépendance est l’un des nombreux objectifs du LAB, souligne Marie-Ève Parent. « S’accrocher à une passion, ça donne de l’adrénaline, ça donne le même buzz que de consommer. Ils peuvent aller chercher le même trip, mais transformer ça en quelque chose de constructif, de positif, de valorisant, ajoute l’intervenante. Et participer à un album collectif amène des notions de préemployabilité. Être à un tel endroit à une telle heure pour enregistrer une chanson, avoir des deadlines, travailler en équipe : ce sont tous des objectifs qu’on travaille et qu’ils acquièrent en participant aux activités du LAB, dont ce troisième album collectif, qui est vraiment un projet important. »

Le spectacle de lancement sera offert gratuitement. Il sera aussi possible d’y rencontrer les artistes qui y ont participé.

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POUR Y ALLER

Quand ? Le 3 avril, 19 h

Où ? Salle Jean-Despréz

Renseignements : coordolab@outlook.com