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Marco Poulin, Charles Bender et  Joanie Guérin dans L’Enclos de Wabush
Marco Poulin, Charles Bender et  Joanie Guérin dans L’Enclos de Wabush

L’enclos de Wabush: l’univers éclaté de Kitchike

Claudia Blais-Thompson
Claudia Blais-Thompson
Le Droit
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Inspirée de l’univers de Chroniques de Kitchike : la grande débarque parut en 2017, une nouvelle pièce de théâtre arrive sur le web, du 4 juin au 4 juillet. Légendes urbaines, archétypes et tensions, l’auteur wendat Louis-Karl Picard-Sioui promet une immersion dans un monde singulier où se côtoient corruption, êtres étranges et quête mystique.

Dans cette mise en scène de Daniel Brière et Dave Jenniss, le spectateur sera rapidement plongé dans la psyché de Pierre Wabush, le personnage principal interprété par le comédien Charles Bender. L’enclos de Wabush, où les temporalités se succèdent et se superposent, prend place à Kitchike, une réserve imaginaire du sud du Québec. 

Pierre Wabush est devenu le paria de sa communauté après avoir fait éclater un scandale qui expose la corruption du chef de Kitchike. 

« On peut dire que c’est une forme de psychanalyse du personnage, mentionne l’auteur, Louis-Karl Picard-Sioui. Disons que Pierre est dans une autre dimension, sa propre dimension. »

Pierre Wabush est d’abord apparu dans Chroniques de Kitchike : la grande débarque. Cette fois, on retrouve le personnage dans une aventure qui se déroule à un moment précis du deuxième tome dont la parution est prévue en 2022. Construit comme des « blocs Lego », chaque élément de l’histoire est autonome, insiste l’auteur.

« Le spectateur n’aura pas à avoir lu l’univers de Kitchike pour apprécier le spectacle et, de la même façon, quelqu’un qui lira le deuxième livre n’aura pas à avoir vu le spectacle pour comprendre. »

Les comédiens Marie-Josée Bastien, et Marco Poulin

À travers les aventures de Pierre Wabush, la pièce explore l’histoire d’une réserve fictive avec le vécu des Premières Nations du Québec. Les textes abordent des questions fondamentales entourant la réalité et les possibilités qui s’offrent à nous. 

L’enclos de Wabush est aussi empreint d’un humour grinçant où les personnages se retrouvent dans des situations loufoques dans lesquelles l’auteur « n’épargne personne. »

« Je pense que l’humour fonctionne bien parce que souvent le message est très très dur, croit Louis-Karl Picard-Sioui. Je pense que les Premières Nations vont trouver ça drôle, je pense que les Québécois vont trouver ça drôle aussi, mais ça fait mal. Autant pour les Québécois que les Premières Nations. C’est un univers fictif qui nous renvoie à des sensibilités réelles. »

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’histoire se développe sur une réserve située dans le sud de la province. L’auteur cherche à déconstruire l’imaginaire nord-américain voulant que les Autochtones appartiennent au nord. Kitchike est l’amalgame des légendes urbaines entendues dans les différentes communautés du sud.


« Je pense que l’humour fonctionne bien parce que souvent le message est très très dur. »
Louis-Karl Picard-Sioui, auteur

Filmer une pièce

Le Nouveau théâtre expérimental (NTE) et les productions Ondinnok se sont associés pour cette création qui a été filmée en avril dernier au théâtre Espace Libre. 

La pandémie a forcé l’équipe à se tourner vers un format habituellement moins privilégié par le théâtre. Si aux yeux de Louis-Karl Picard-Sioui « ce n’est pas l’idéal », transposer L’enclos de Wabush en webdiffusion était la meilleure décision.

« Quand on écrit du théâtre, c’est parce qu’on veut le voir en salle, on veut être avec les comédiens, on veut sentir l’assistance. Évidemment, on va rejoindre potentiellement beaucoup plus de gens que si ça avait été joué à Montréal. »

Mais ce que l’auteur souhaite par-dessus tout : permettre à la pièce de faire le tour du Québec une fois que les règles sanitaires le permettront.

« Je me garde les doigts croisés. »

L’enclos de Wabush est disponible gratuitement en ligne du 4 juin au 4 juillet.