Annie Villeneuve, dont on connaît la justesse, la clarté et la puissance de la voix, se distingue indéniablement dans ce spectacle.

Léger et contagieux

CRITIQUE / Les chansons aujourd'hui devenues des succès, vous vous égosillez, encore et toujours, à les reprendre avec tellement de coeur. Jeunes, vous avez peut-être vécu vos premiers émois amoureux avec Olivia Newton-John et John Travolta, alias Sandy et Danny. La pochette de disque et le 33 tours - que vous possédez depuis près de 40 ans - sont usés à la corde tellement vous les avez manipulés. Pour un bain de nostalgie follement réjouissant, rendez-vous à la Maison de la culture de Gatineau où la comédie musicale Grease bat son plein jusqu'au 20 août.
Impossible de ne pas être séduit par cette production endiablée qui fait revivre des souvenirs qui unissent des générations, l'imaginaire collectif étant profondément marqué par le film à succès paru en 1978. Une romance d'été improbable entre deux étudiants de Rydell High que tout oppose : classes sociales, valeurs, personnalités et continents. Au final, l'amour triomphera envers et contre tous.  
Saluons tout d'abord les dynamiques chorégraphies que signe Annie St-Pierre. Toute la distribution occupe l'espace scénique avec aisance pour nous offrir des pas de danse réglés au quart de tour et dont on applaudit l'interprétation. Visiblement, les comédiens-danseurs-chanteurs prennent un plaisir fou à s'exécuter, au plus grand bonheur des spectateurs.
Annie Villeneuve, dont on connaît la justesse, la clarté et la puissance de la voix, se distingue indéniablement dans ce spectacle. Hopelessly Devoted to You et tous les duos dans lesquels elle figure  lui donneront l'occasion de montrer l'ampleur de son registre.
À ses côtés, Jason Roy-Léveillée qui incarne de façon convaincante le bouillant et parfois cabotin Danny Zucco. Chaque fois qu'il s'emparera du micro pour pousser la note, le public l'applaudira chaleureusement. Une formation de cinq musiciens, sous la direction de Nicolas Bédard, vient ajouter au plaisir de redécouvrir en direct les nombreux succès de la comédie musicale.
En toile de fond, des éclairages, des projections et des décors ingénieux aux couleurs pétillantes des années 1950 qui donnent furieusement envie de « repimper » nos maisons désormais peintes en cinquante nuances de blanc, dernière tendance déco oblige.
Quant aux costumes, ouf.... La scène du bal s'avère un défilé mémorable de robes magnifiques, cintrées à la taille, la crinoline virevoltante, tout pour mettre en valeur le corps féminin sous toutes ses formes. Les messieurs seront d'une élégance sans faille, du complet-cravate aux chaussures bien cirées, sans oublier les coiffures bien gommées où aucun cheveu ne dépasse. Sur les airs contagieux de Born to Hand Jive, les joyeux lurons nous en donneront plein la vue.
Les traductions et adaptations françaises d'Yves Morin de certaines chansons sont réussies, bien dosées, et arrivent même à nous faire oublier les versions originales.
Un bémol ? Quelques longueurs dans les dialogues où certaines répliques tombent à plat, ce qui donne à des scènes qui s'étirent inutilement. Plusieurs échanges provoqueront de fous rires, alors que d'autres nous laisseront perplexes. Efficace, la mise en scène d'Andrew Shaver offre des scènes mémorables, notamment Grease Lightning, Institut de beauté, We Go Together et bien sûr, la finale, You're The One That I Want, qui - à peine terminée - soulèvera la salle.  
Somme toute, Grease, c'est léger, c'est contagieux et c'est franchement divertissant. Ne boudez surtout pas votre plaisir.
Pour y aller
Quand ? Jusqu'au 20 août
Où ? Maison de la culture de Gatineau
Renseignements : 819-243-2525 ; salleodyssee.ca