Mario Jean tient le premier rôle dans la pièce «Je vous écoute».

Le plaisir du théâtre de Mario Jean

TROIS-RIVIÈRES — Malgré sa longue carrière, il y a encore des défis que Mario Jean n’avait pas encore relevés: celui de jouer au théâtre, entre autres.

«Entre deux tournées, je me suis demandé ce que je n’avais pas encore fait. Je fonctionne beaucoup par trip, par plaisir, je veux faire des choses pour m’amuser. Je ne veux pas me confiner dans quelque chose et me priver d’autres choses qui pourraient me faire avancer.» 

Il a donc coché cet item sur sa liste en incarnant le personnage principal dans Je vous écoute, une œuvre du Français Bénabar qui a été présentée à l’été 2017 au théâtre de la Marjolaine. 

La pièce a connu un engouement tel qu’il justifiait de partir en tournée à travers le Québec. C’est donc un automne très chargé pour Mario Jean et ses complices, Marc-André Coallier, France Parent et Luc Boucher, qui se produiront dans plusieurs villes de l’Est-du-Québec dans les prochaines semaines. «Ce qu’on voulait, c’est une pièce qu’on pouvait faire en théâtre d’été, mais un peu plus consistante avec un peu plus de tonus dans le texte, de contenu, de réflexions. Il y a aussi des moments sensibles, mais on voulait d’abord et avant tout une pièce qui amuse les gens. Le but, c’était de partir en tournée et de ne pas se confiner au théâtre d’été», explique Mario Jean.

Près d’une cinquantaine de représentations ont déjà été offertes et le public est au rendez-vous. «Le plaisir n’est pas loin du spectacle d’humour, car c’est en direct, avec le public, sur la scène. On joue avec le rythme du public aussi, donc ça se rapproche beaucoup. Le plaisir vient aussi du match de ping-pong qu’on joue avec quelqu’un sur scène, à se relancer les répliques. On n’est pas seuls à faire avancer une histoire. Il y a une responsabilité assez grande de part et d’autre. Ça prend une écoute et une ouverture et il faut être précis dans nos répliques; ce n’est pas une occasion d’improviser pour aller n’importe où. Il faut suivre l’exercice et c’est un bel exercice, j’adore ça.»

Il faut également mentionner que Mario Jean est entouré d’une équipe fort agréable. «Ils m’ont aidé, évidemment. Bernard Fortin aussi, qui est à la mise en scène, qui en a vu d’autres. Je me suis rendu compte que ce qu’on fait, les humoristes, sur la scène, ce n’est pas à dédaigner non plus en termes de jeu. 

«Le travail d’équipe est le fun, ce que je n’ai pas en humour. Le doute je ne suis pas tout seul à le dissiper. Au début tu doutes, tu ne sais pas trop mais au fond, tu t’appuies sur le texte d’abord et avant tout ainsi que sur le travail du metteur en scène. C’est vraiment le travail d’équipe qui est le plus rassurant et enrichissant, comparativement à l’humour où tu es dans le doute jusqu’à pratiquement la dernière représentation.»

Sixième solo

C’est avec beaucoup de reconnaissance que Mario Jean souligne à quel point les projets s’enchaînent bien cette année. «Le théâtre va finir et le show recommence.» En effet, il remonte sur les planches en janvier avec son sixième one man show. «J’ai eu le temps de l’écrire et de le tester comme il le faut. Je suis très satisfait de ce que j’ai.» 

Avec plus d’un quart de siècle d’expérience derrière la cravate, il voit comme un beau privilège la place qu’il occupe encore dans le show-business. «Avec toute la circulation qu’il y a en humour et en variété, d’être encore là, de faire ma place et de remplir encore les salles, je suis très heureux de ça.» 

Dans ce nouveau spectacle, il abordera plusieurs sujets avec le souci de demeurer très actuel. «Je parle de l’intelligence beaucoup. C’était mon rêve d’être le plus intelligent possible et parfois je trouve qu’on est dans l’idiotie, l’absurdité. Je vais aussi parler de la retraite, de notre façon de vivre avec la surconsommation, de mes enfants qui sont encore à la maison et j’ai un numéro sur le consentement sexuel. C’est un sujet qui nous a frappés dans la dernière année et je dis ma façon de penser là-dessus.»

«En tant que gars, je pense que je peux m’exprimer là-dessus. Ma blonde me disait souvent que c’est entre gars qu’on va pouvoir faire avancer les choses. Je trouvais qu’elle avait raison. Si on se le dit entre nous qu’on est cave, peut-être qu’on va allumer un peu plus. C’est là que le travail de l’humour est le plus efficace, quand on réussit à faire rire avec ces sujets-là et qu’il se passe quelque chose.»

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POUR Y ALLER
Quand? Le 27 novembre, 20h

Où? Maison de la culture de Gatineau

Renseignements: 819-243-2525 ; salleodyssee.ca