Les comédiens et les musiciens de la pièce «Sous le chapiteau».

Le bonheur est «sous le chapiteau»

Unir musique et théâtre n’est pas un concept nouveau. Mais le faire dans le cadre d’un spectacle interactif où le public est à la fois spectateur et voyeur, il y a raison d’être curieux.

C’est le défi que s’est lancé Jean-Christophe Yelle, un jeune Franco-Ontarien originaire de Saint-Pascal-Baylon. Un défi relevé grâce au spectacle Sous le chapiteau qui sera présenté du 8 au 10 août au studio Léonard-Beaulne de l’Université d’Ottawa.

Ce n’est pas d’hier que ce projet germe dans la tête du jeune metteur en scène. Ce spectacle, imaginé à partir d’une chanson écrite il y a une dizaine d’années, a pris beaucoup de temps à voir le jour.

« En écrivant la chanson Sous le chapiteau, j’ai imaginé tout un monde qui gravite autour d’un spectacle de cirque, de confier au Droit Jean-Christophe Yelle en entrevue téléphonique. Au cours des dernières années, j’ai développé le concept du spectacle, créé les 11 personnages et peaufiné la mise en scène. Et aujourd’hui, dans le cadre de mon baccalauréat en théâtre à l’Université d’Ottawa, je peux enfin présenter la pièce. »

Pour réaliser cette « belle folie », Yelle a réuni ses deux passions : la musique et le théâtre. Il a aussi créé une mise en scène originale où le public interagit avec les comédiens.

« Il y a un côté interactif. Dès leur arrivée dans le lobby de la salle, les spectateurs participent au spectacle. Une fois dans la salle, alors que les comédiens œuvrent autour d’eux, les gens sont plongés dans le spectacle. Le quatrième mur propre au théâtre disparaît. On place le public en mode spectateur lorsque vient le temps d’assister à la trame dramatique, puis en mode voyeur quand ce même public regarde ce qui se passe en coulisses », explique Yelle.

« Audacieuse » et même « périlleuse », la mise en scène est un défi en soi, confie l’auteur. « J’ai voulu aller au-delà de la tradition et permettre au spectateur de faire partie du show, dit-il. Mais pour être franc, je ne sais vraiment pas comment tout ça va tourner. Je nage dans l’inconnu et j’avoue que ça me motive énormément. »

Histoire circassienne

L’histoire se passe donc dans un cirque — un beau hasard si on tient compte de la présence du Cirque du Soleil dans la région — où trois frères ont inventé une « machine à bonheur ».

« C’est sous l’œil d’une femme qu’on appelle la Magicienne que Monsieur Loyal tire les ficelles d’un cirque mystifiant, explique Jean-Christophe. À l’aide de la Combleuse, une machine servant à modifier la psyché humaine pour créer le bonheur chez celui qui l’utilise, il réussit à manipuler les membres du cirque afin qu’ils perçoivent le malheur comme un tabou. Tous les circassiens deviennent accros à cette machine qui comble leur malheur. Tous, sauf deux : Léon et Archibald, qui sont les frères de Monsieur Loyal et les clowns du cirque. »

L’auteur, compositeur et metteur en scène Jean-Christophe Yelle.

Intrigante à souhait, cette trame permet à l’auteur de jouer avec de multiples émotions. On verra bien si cela fonctionne, mais avant tout, cela forcera le spectateur à ne pas tout voir au premier degré.

Sur scène, les 11 comédiens se partagent autant de personnages. « C’est très intéressant de diriger autant de comédiens, surtout que ce sont tous et toutes des amis. Parfois, pendant les répétitions, il faut que je les rappelle à l’ordre, ce qui provoque des situations plutôt cocasses », confie Jean-Christophe, mi-sérieux.

Et il y a aussi cinq musiciens qui livrent neuf chansons, toutes écrites par Jean-Christophe Yelle. « Il y a là aussi un beau défi. Permettre une performance live des musiciens à l’intérieur du jeu des comédiens représente un certain risque. Mais un risque que j’aime bien prendre. »

Outre Jean-Christophe Yelle, qui partagera son temps entre le groupe de musiciens et les comédiens, on retrouvera sur scène David Bélizaire, Émilie Camiré-Pecek, Louis-Antoine Chretien, Jonathan Dion, Marguerite Friend, Emmanuelle Gingras, Zackari Gosselin, Virginie Lacroix, Julien A. Lévesque, Alexie Madore Charron et Miguel Martin.

Pour la partie musicale, quatre musiciens accompagneront Jean-Christophe, qui sera à la basse. Il s’agit d’Alexandre Bougie à la guitare, Maxim A. Bourgeois aux claviers, Sébastien Adam à la batterie et Antoine Goudreau à la clarinette.

Le spectacle est gratuit, mais il est préférable de réserver sa place au préalable puisque le nombre de sièges est limité. La générale, ouverte au public, aura lieu le jeudi 8 août alors que les deux représentations se tiendront les vendredi et samedi suivants.

POUR Y ALLER

Quand ? 8 au 10 août, 20 h

Où ? Studio Léonard-Beaulne

Renseignements : Événement Facebook « Sous le chapiteau »; jyell006@uottawa.ca