Christopher Deacon, directeur du CNA

L’avenir du CNA: plus numérique, plus francophone, plus national

Cinquante ans après son inauguration, le Centre national des arts (CNA) demeure un catalyseur sans équivalent des arts de la scène canadiens. Et son PDG Christopher Deacon voit grand : plus numérique, plus francophone, le CNA de l’avenir sera plus ouvert et représentatif du pays.

C’est Hamilton Southam qui serait fier.

En 2019, indique Christopher Deacon, le grand vaisseau des arts vivants présente, produit, commande ou encourage près de 1300 spectacles et événements par an, à Ottawa, ailleurs au Canada et dans le monde. Depuis 2018, son Fonds national de création finance 15 à 20 spectacles par année, accordant jusqu’à 3 M$ par œuvre.

Et encore, ces spectacles hors des murs du 1, rue Elgin ne sont que l’une des directions que prend de plus en plus le « national » du « Centre national des arts », a souligné son PDG.

« Lorsqu’on voit un chœur en Nouvelle-Écosse chanter de nouvelles créations faites pour eux grâce à une collaboration avec le CNA ; lorsqu’on voit des jeunes au Nunavut participer aux événements éducatifs que nous offrons en ligne ; lorsqu’on voit la tournée du Wild West Show de Gabriel Dumont jouer ici, au Québec ou en Saskatchewan ; lorsqu’on voit le CNA comme une idée, comme un projet national de création, et moins comme un bâtiment, on approche du but, de sa vision primordiale. »

À son entrée en poste en juillet 2018, Christopher Deacon avait insisté sur plusieurs objectifs futurs, dont l’avancement du numérique et celui de faire du français une langue égale à l’anglais.

Pour l’amélioration du fait français, « la première étape, pour moi, c’est que le PDG du CNA soit aux représentations importantes », détaille l’anglophone francophile. À l’intérieur de l’organisation, un comité de promotion du français a été mis en place, et une nouvelle agence québécoise vient d’être choisie pour faire sa publicité.

Le contenu des programmes et programmations entreprendront un virage numérique et le volet éducatif ne fait pas exception : lors de la récente tournée de son orchestre, le CNA a conclu des ententes avec des institutions européennes comme le World College Music de Londres pour tenir des événements éducatifs à distance. « Il faut que l’institution évolue à la même vitesse que les Canadiens. »

Le 30 avril dernier, le Théâtre autochtone a annoncé la programmation de sa toute première saison. Or, une ombre a assombri le tableau : quelques semaines plus tôt, le financement gouvernemental demandé lui a été refusé.

À savoir si le dossier était clos, « on a trouvé plusieurs donateurs et commanditaires qui sont prêts à investir dans ce projet, a-t-il répondu. Nous sommes financés généreusement (par le fédéral) et nous avons d’autres moyens de nous financer car nos autres activités ont été diversifiées. »

En 2017-2018, 43 % de son budget provenait de crédits parlementaires.

Dans les prochains 50 ans, « j’espère que le CNA continuera de devenir de plus en plus ouvert, accueillant et diversifié. Qu’il garde toujours son engagement envers ce que j’appelle la magie des arts du spectacle. Et j’espère que les Canadiens continueront d’avoir l’occasion d’une transformation profonde à travers les arts de la scène. »

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JOURNÉE PORTES OUVERTES

Les portes du CNA seront ouvertes à tous le jour même de son anniversaire, le dimanche 2 juin.

Le public aura accès aux coulisses du Centre, qu’il sera possible de visiter entre 10 h et 16 h.

Damien Robitaille ébouriffera les familles à 12 h 30 avec une prestation gratuite. Le chanteur ILAM, les artistes de cirque Maude Parent et Timothé Vincent et les danseurs du Alberta Ballet Kelley McKinlay et Mariko Kondo seront de la fête.

Des ateliers seront aussi proposés aux visiteurs. En français, il sera possible d’apprendre la danse fusion Bollywood et contemporaine, sur la danse pow-wow et à « Devenir acteur en 30 minutes » et d’en savoir plus sur les classiques de la chanson canadienne.