Beck a ravi ses fans, vendredi soir, sur la scène principale du Bluesfest d’Ottawa. Le festival qui se tient sur les plaines Le Breton se termine dimanche.

L’arc-en-ciel Beck

CRITIQUE / La foule était certes beaucoup – beaucoup ! – moins dense que mardi pour le spectacle des Foo Fighters, mais les fans du compositeur-interprète éclectique américain Beck étaient au rendez-vous vendredi soir au Bluefest. Et Beck n’a pas déçu en revisitant plusieurs succès de sa carrière ainsi que quelques titres du très pop Colors, son dernier album sorti l’automne dernier.

Si la météo était un peu maussade, Beck, lui, est arrivé avec à peine cinq minutes de retard pour éclaircir le ciel de ses chansons pop et ses écrans géants colorés.

Au lendemain de son passage au Festival d’été de Québec, Beck chapeau sur la tête, chemise à fleurs et guitare en mains a ouvert son show avec l’enlevante Devil’s Haircut.

Et puisque la recette a fonctionné à Québec, le musicien a immédiatement servi la célèbre Loser, succès qui l’a propulsé en 1994. Un choix judicieux pour mettre rapidement le public dans l’ambiance sur les plaines Le Breton.

Inutile de dire que la foule n’a pas tardé à reprendre à plusieurs reprises « I’m a loser baby, so why don’t you kill me ».

L’artiste a ensuite balancé la groovy Mixed Bizness, avec pour décor un fond de formes géométriques s’emboîtant les unes dans les autres.

Le public d’Ottawa a ensuite eu droit au titre hip-hop Que’ Onda Guera, paru sur l’album Guero en 2005.

Et puisque Beck se promène dans tous les registres depuis plus de 25 ans, il a rapidement embarqué dans son matériel plus récent en interprétant les très pop Wow, Colors, I’m so free, des titres phares de son dernier album.

Le show prévu pour être très court, à peine plus de 1 h 15, Beck n’a pas laissé beaucoup de place aux interactions avec la foule. Mais le chanteur qui était de passage pour la première fois dans la capitale a quand même pris le temps d’avouer au public qu’il était « agréablement surpris ».

Il a d’ailleurs promis de revenir à Ottawa dès qu’il le pourrait. En attendant, « qu’est-ce que je peux visiter ? » a-t-il demandé.

Après la très rock Got it Alone, Beck a créé une ambiance « humaine et sensuelle » — selon ses propres mots — en interprétant à la guitare acoustique Lost Cause.

Si la reprise de Raspberry Beret semble avoir été un flop auprès du public de Québec la veille, les Ottaviens — qui eux connaissaient la chanson de Prince —, ont accompagné Beck lorsque celui-ci leur a demandé de reprendre le refrain.

Toujours dans la séquence acoustique, Beck n’a pas eu le choix que de gratter une chanson du superbe album folk Morning Phase, avec la douce Blue Moon.

Mais pas question de s’assoupir, Beck a tout de suite envoyé les premières notes electro-pop de Dreams tout en plongeant la foule dans un décor lumineux psychédélique et de poursuivre toujours dans le même registre avec Farewell Ride en faisant quelques steppettes.

Le public, lui, claquait des mains au rythme des notes du synthé. Et puisque la récente Up All Night est dans le même registre, Beck a continué de faire danser les plaines Le Breton, avant de continuer avec E-Pro.

Peu avant la fin du spectacle, Beck a présenté ses musiciens qui ont d’ailleurs eu plaisir à montrer leur talents sur des reprises tels que Miss You des Rolling Stones ou encore In The Air Tonight de Phil Collins.

Au moment de mettre sous presse, il était impossible de dire ce que l’imprévisible artiste réservait à la foule en guise de dessert. Bien que le show était un peu trop court, les fans étaient tout de même déjà ravis de cette mise en bouche servie par l’artiste. Reste à savoir si Beck tiendra parole et viendra bientôt rassasier les Ottaviens.

En se promenant au Bluesfest

En attendant Beck, les festivaliers ont pu apprécier le blues de Memphis de Brandon Santini sur la scène Claridge Homes, tandis que le duo Chuurch à ses platines lançait un party electro en plein jour sur la scène BlackSheep.

Consultez notre cahier des arts pour nos suggestions de la fin de semaine au Bluesfest.