L’explorateur-plongeur-caméraman Mario Cyr sera bientôt de passage à Gatineau.

L’appel de la grande bleue

Surnommé le Spielberg des mers, Mario Cyr sillonne les fonds marins partout sur la planète pour y filmer les merveilles qui s’y cachent. Témoin privilégié des profondeurs, il partage ses aventures dans le spectacle-conférence Les Yeux de la mer, tout en sensibilisant le public au réchauffement climatique.

S’il a un lien particulier avec les eaux glacées, Mario Cyr a, en 42 ans, effectué plus de 12 000 plongées dans une soixantaine de pays. Pour le Madelinot, la plongée est une seconde nature. Dès l’enfance, la grande bleue et les plages sont ses terrains de jeu.

C’est en 1976, âgé d’à peine 16 ans, que Mario Cyr suit son premier cours de plongée. « Je n’étais pas certain de pouvoir gagner ma vie en faisant ça, mais j’étais passionné », raconte-t-il à l’autre bout du fil, tout juste de retour sur la terre ferme après un tournage. À la fin des années 1970, il gagne sa vie en faisant de la plongée commerciale, pour la construction d’infrastructures.

« C’est par hasard, en 1984, que j’ai commencé à faire des images », se rappelle-t-il. Mais la reconnaissance de ses pairs n’a pas été immédiate. Il faudra sept années avant que Mario Cyr se fasse un nom, une réputation. « En 1991, le National Geographic m’a appelé pour filmer les phoques en plein hiver sur la banquise, aux Îles de la Madeleine. Et après ça, ç’a pris de l’ampleur. »

Le National Geographic le recontacte, cette fois-ci pour des prises de vues de morses dans l’Arctique. « C’est là que ma carrière a vraiment débuté, se souvient-il. Il n’existait aucune image sous-marine de morses, mais ce n’était pas pour rien, ils sont dangereux. Et, je l’ai appris à mes dépens. » En effet, Mario Cyr se fait attaquer par un morse – animal pouvant peser plus d’une tonne et demie – qui lui disloque l’épaule.

« Encore aujourd’hui, c’est le mammifère que je crains le plus », confie le plongeur chevronné. Pourtant, il en a filmé des animaux marins, et des plus intimidants : ours polaire, requins, baleines et autres. « J’ai aussi eu plein de morsures de phoques, mais ce n’est pas dangereux », précise-t-il.

Parmi ses milliers de plongées, l’explorateur-plongeur-caméraman estime que son aventure en Afrique du Sud pour filmer la route des sardines reste de loin la plus mémorable. « Il y a d’énormes bancs de sardines. Et les oiseaux y plongent, les dauphins arrivent par milliers, ensuite les requins cuivrés, les requins blancs, et enfin les baleines. L’adrénaline est à son maximum. Être sous l’eau pour filmer ça, c’est très impressionnant », raconte l’homme de 58 ans.

Outre le National Geographic, Mario Cyr a, depuis 27 ans, tourné pour la BBC, Discovery Channel ou encore Disney. Il a également collaboré sur le film Océan, de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud, qui a remporté le César du meilleur documentaire en 2011. « J’ai aussi travaillé avec l’équipe Cousteau dans les années 1980 », rappelle-t-il.

Changements climatiques

Depuis 1991, année lors de laquelle il commence à gagner sa vie comme caméraman sous-marin, Mario Cyr a observé concrètement les effets du réchauffement climatique. Des changements qui ont des conséquences sur le paysage avec la fonte des glaces, mais aussi sur le rythme animalier. « Dans les années 1990, on allait à un endroit, les ours étaient là, les morses étaient à Walrus Island début août, et les caribous à tel endroit. Mais aujourd’hui, il n’y a plus rien qui marche. Les animaux arrivent avant, après ou ne viennent tout simplement pas », déplore le spécialiste.

En plus de voir ses photos dans des expositions ou en couverture de magazines, Mario Cyr a donné, dans son bistro aux Îles, dans les écoles et un peu partout au Québec et sur le globe, pas moins de 500 conférences où il raconte ses différentes expériences. 

D’ailleurs avant de partir le 8 juin pour son 39e voyage dans l’Arctique, le caméraman passera à Gatineau pour plonger le public dans son univers sous-marin. « J’essaye de leur faire vivre mes aventures. Mais aussi de les sensibiliser aux changements climatiques à travers ce que je vis au jour le jour, pas avec des statistiques. Et je pense que c’est ce qui touche le plus les gens », conclut-il.


POUR Y ALLER

Quand ? mardi 29 mai à 20 h

Où ?  Salle Odyssée

Renseignements : odyssee.ca ; 819-243-2525