On peut à nouveau se procurer par téléphone des billets pour les (futurs) spectacles de la salle Odyssée. Et les habituels frais de 2,50$ par transaction sont temporairement levés.
On peut à nouveau se procurer par téléphone des billets pour les (futurs) spectacles de la salle Odyssée. Et les habituels frais de 2,50$ par transaction sont temporairement levés.

La salle Odyssée a rouvert sa billetterie téléphonique... sans frais

La Maison de la culture de Gatineau (MCG) a rouvert mardi la ligne téléphonique permettant au grand public d’acheter des places – ou modifier des réservations, dans le cas de reports – pour les futurs spectacles prévus à la Salle Odyssée.

Les habituels frais de 2,50$ par transaction pour les achats ont aussi été temporairement levés.

Une façon d’inciter la consommation de produits culturels, en cette période de confinement, où tous les coups de pouces aux artistes sont bons à prendre, explique le responsable des relations avec les médias de la MCG, Martin Vanasse.

«Les frais de transactions téléphoniques de 2,50$ seront suspendus jusqu’à nouvel ordre», tant pour les spectacles prévus à la MCG que ceux attendus à la polyvalente Nicolas-Gatineau.

«Nous sommes en mode solution, et ce, malgré le contexte exceptionnel que nous vivons», précise-t-il.

Les opérations logistiques menées pour permettre à deux employés de la MCG d’effectuer par télétravail les tâches liées à des réservations ont été «complétées» mardi 28 avril, a précisé M. Vanasse.

Des préposés prennent désormais les appels du lundi au vendredi, de midi à 16h, au 819 243-2525.

Toutefois, en raison des «nombreux échanges et remboursements à effectuer», les lignes pourraient être passablement occupées, prévient toutefois la MCG, qui «invite donc les gens à être patients et compréhensifs».

Pour se conforter aux directives des autorités en matière de santé publique, la MCG a annulé ses activités jusqu’au 4 mai. «Au total, c’est plus d’une quarantaine de spectacles et plus de 20 000 billets que nous avons dû déplacer», précise M. Vanasse.

En cas de difficulté à obtenir un interlocuteur par téléphone, il est aussi possible d’envoyer un courriel à l’adresse salleodyssee@gatineau.ca «et l’équipe de la billetterie rappellera», promet-il.

Depuis les mesures de distanciation sociales mises en places, seule la billetterie électronique était ouverte. Mais les transactions électroniques s’accompagnaient de frais supplémentaires, liés au frais d’exploitation du système.

Frais électroniques

Ce système de billetterie électronique, ovation.ca, est opéré par le groupe Réseau Ovation.

Ces frais supplémentaires irritaient une partie de la clientèle de la MCG, qui auraient préféré économiser quelques dollars en privilégiant une transaction par téléphone.

Dans un courriel envoyé au Droit le 21 avril, M. Vanasse disait constater «que la vente de billets a repris sur nos réseaux», c’est pourquoi il semblait pertinent, pour le diffuseur, de rétablir rapidement un système de billetterie téléphonique.

Ces dernières semaines, la Maison de la culture avait été interpellée par quelques usagers surpris par le maintien de ces frais électroniques. Ces clients jugeaient ces frais surprenants, voire déplacés, au regard du fait qu’il était impossible de réserver de billet par téléphone.

C’est «la firme Ovation qui fixe un tarif», rétorquait la MCG. L’«entente de service» signée avec Réseau Ovation ne permettait pas de lever ces frais, a souligné Martin Vanasse.

Ces frais de service servent à couvrir les frais d’exploitation du système électronique d’Ovation, mais aussi la sécurité des transactions en ligne et d’autres frais afférents, comme ceux imposés aux cartes de crédit.

Des frais variables, mais similaires, sur les transactions par Internet s’appliquent pour la plupart des diffuseurs, que ce soit le CNA et le Théâtre du Casino (qui font affaire avec le système électronique de Ticketmaster), les salles municipales La Basoche et Jean-Despréz (qui fonctionnent aussi avec Ovation, mais indépendamment de la MCG), ou le MIFO (qui s’appuie sur Paciolan). Et ils continuaient à s’appliquer, «même en temps de pandémie», ajoute Martin Vanasse.


« «La période qu’on vit actuellement est très difficile. Pour nous, les volumes de vente ont diminué de près de 90%. [Et pourtant] on a réussi à maintenir toute notre infrastructure ouverte [et] à réorganiser le travail à distance. On continue d’assurer un service de qualité... même avec des revenus quasi-inexistants. On le fait pour le public et pour nos clients.» »
Alain Chevrette

Réseau Ovation

Une façon d’aider le milieu artistiques à survivre financièrement durant ce contexte sanitaire exceptionnel, qui les prive d’une large part de leur revenus, est par exemple de ne pas se faire rembourser des billets achetés.

De son côté, le directeur général Réseau Ovation, Alain Chevrette, ne croit pas que ces frais soient abusifs par temps de COVID... bien au contraire: «Notre mission, c’est d’aider les artistes et les salles de spectacles. On n’abuse pas: au contraire on est vraiment [à leur] service».

Il rappelle aussi que «ce sont les diffuseurs qui décident des montants des frais» sur Ovation, et non sa société.

«La période qu’on vit actuellement est très difficile. Pour nous, les volumes de vente ont diminué de près de 90%. [Et pourtant] on a réussi à maintenir toute notre infrastructure ouverte [et] à réorganiser le travail à distance. On continue d’assurer un service de qualité... même avec des revenus quasi-inexistants. On le fait pour le public et pour nos clients», explique-t-il. «On aide: on maintient tout ça à nos frais.»

«On tient le fort!»

«On tient le fort!» image-t-il. «Et on est encore solide financièrement.» Rester stoïque dans la tempête épidémiologique est la meilleure «façon de préparer le futur». Et faire en sorte que la relance puisse se faire en douceur, lorsqu’elle pourra se faire, estime-t-il.

Réseau Ovation dit faire affaire avec quelque «140 salles», estime M. Chevrette. C’est précisément pour venir en aide à ces diffuseurs partenaires que l’entreprise de Drummondville a tout récemment développé ou perfectionné des logiciels facilitant la prise en charge des annulations, «développé des applications [...] si le public veut faire un don» aux artistes. Malgré la crise, «on a été très actif», poursuit le directeur général de la société, en mentionnant qu’il s’arrange même pour travailler en parallèle sur le «développement international» de sa société, et que cela servira les artistes en bout de ligne.