La pièce Ce qu’on attend de moi mettra en scène un inconnu, recruté dans le public (du 26 au 30 mars).

La Nouvelle Scène d’ici

La Nouvelle Scène Gilles Desjardins a dévoilé mardi la programmation de la saison 2018-2019 de ses quatre compagnies fondatrices et résidentes, le Théâtre la Catapulte, le Théâtre du Trillium, le Théâtre de la Vieille 17, et Vox Théâtre. Une programmation qui placera sous les projecteurs les artistes d’ici, mais aussi ceux venus d’ailleurs.

Après avoir abordé les marginalités et la notion de transgression l’année passée, La Nouvelle Scène plongera les spectateurs au cœur des intimités avec la volonté de céder la place aux artistes locaux et aux metteurs en scène à l’occasion de sa deuxième saison officielle dans son nouvel écrin.

« C’était capital pour nous de donner la parole à des femmes fortes tout au long de la saison », insiste Pierre Antoine Lafon Simard, directeur artistique du théâtre du Trillium.

Ainsi Mon corps livré pour vous de Caroline Yergeau ouvrira le bal du 3 au 6 octobre. « C’est un spectacle de théâtre documentaire qui s’intéresse au monde de la prostitution et des escortes », raconte le directeur artistique du Trillium. La pièce de Lisa L’Heureux Et si un soir « qui explore une intimité qu’on ose rarement avouer à haute voix » est également de la programmation du 21 au 24 novembre. « Ce sont des metteures en scène d’ici qui ont une parole très forte, qui ont fait leurs preuves et qui sont des artistes à suivre », insiste-t-il.

Toujours avec ce désir de donner une plus grande place aux voix féminines, Le Dire de Di – présentée cette année au Centre national des Arts (CNA) — sera de retour sur les planches de la capitale le 13 octobre. « Cette fois-ci, la voix forte est sur scène avec l’actrice Marie-Ève Fontaine qui livre pendant 1 h 30, un monologue à couper le souffle », souligne le directeur artistique.

Ce qu’on attend de moi, une collaboration entre le Trillium et le Théâtre français du CNA (du 26 au 30 mars), place un inconnu, recruté dans le public, au cœur du dispositif scénique. « C’est un spectacle différent chaque soir. C’est comme si on avait accès à la sensibilité du spectateur. »

Le Trillium qui avait lancé cette saison un nouveau volet invitant des artistes en résidence à travailler avec des artistes de la région, présentera le fruit de cette collaboration du 29 novembre au 1er décembre. « Notre première grande coproduction, c’est Le Cid de Corneille par Gabriel Plante qui est venu, à trois reprises, travailler et développer son vocabulaire avec une vingtaine d’artistes de la région », précise Pierre Antoine Lafon Simard.

Le directeur artistique recommande également aux « oreilles pas trop chastes » Doggy dans Gravel, du théâtre La Catapulte qui sera présenté le 7 et 8 décembre. « Une fable grotesque, pleine d’autodérision qui laisse transparaître l’état d’urgence dans lequel vit la génération Y. »

Le Dire de Di sera présenté le 13 octobre.

Enfin, la saison se clôturera avec Néon Boréal de Louis-Philippe Roy et Josianne T. Lavoie (du 8 au 11 mai 2019). « Ils ont entretenu une correspondance pendant qu’ils étaient en voyage, lui à Las Vegas et elle en Alaska. [Cet échange] est la fondation de ce texte », explique-t-il.

Cette année encore, le Festival Face to Face sera de retour à La Nouvelle Scène le 22 et 23 février. « Les formes s’hybrident, le théâtre est homogénéisé avec d’autres formes d’art, la performance, la danse ou les arts visuels. La présence de la danse nous apparaît donc importante », insiste M. Lafon Simard.

Du théâtre pour les jeunes
La volonté étant d’offrir de plus en plus de spectacles familiaux et « d’animer l’enfance et la jeunesse à l’année », le volet jeunesse qui compte cinq spectacles devrait permettre au jeune public de se divertir tout au long de l’année.

La programmation, qui s’adresse davantage aux jeunes de 10 ans et plus, s’articule autour de la rencontre avec l’autre et de l’acceptation des différences.

« Princesse aborde la redéfinition des genres (6, 12 et 13 avril 2019). C’est une ode à la solidarité, à l’égalité, à la mobilisation. C’est important qu’on commence à en parler aux jeunes », précise pour sa part Pier Rodier, directeur artistique de Vox Théâtre.

À ne pas manquer la saison prochaine, l’adaptation du roman d’Andrée Poulin, récompensé notamment du Prix littéraire Le Droit, La plus grosse poutine du monde. « C’est du théâtre miroir qui interpelle vraiment [le public] », note-t-il.

Enfin après avoir foulé les planches un peu partout au Québec, Et voilà encore un beau dimanche de passé, avec Esther Beauchemin, directrice artistique du théâtre de la Vieille 17, Joël da Silva et Colin St-Cyr Duhamel, sera présenté le 24 novembre.

Les touts petits ne seront pas laissés pour compte. Tommelise, un spectacle de L’Illusion du théâtre de Marionnettes, inspiré du conte Poucette d’Hans Christian Andersen, s’adresse aux enfants de 4 à 7 ans (8 décembre).

Ou encore Le cheval de bleu, de Milena Buziak, pour les 5 à 10 ans, voit une actrice entendante et un acteur sourd se partager la scène sur le thème de la transmission (1er et le 2 juin).