Céleste Lévis, Amélie Hall et Sophie Pelletier unissent leur francophonie dans un spectacle « transcanadien » présenté au Centre Shenkman.

La nouvelle Céleste

Les auteures-compositrices-interprètes Céleste Lévis (La Voix), Amélie Hall (lauréate du Prix SOCAN de la Chanson de l’année pour, lors du Gala Country tenu la semaine dernière) et Sophie Pelletier (Star Académie) unissent leurs talents à l’occasion d’une Ballade transcanadienne, présentée jeudi au Centre des arts Shenkman.

Ce spectacle sera pour ces trois fières ambassadrices de leur province respective — l’Ontario, le Nouveau-Brunswick et le Québec — l’occasion de croiser leurs personnalités aussi distinctes que leurs répertoires.

Les consœurs se connaissent un peu, sans plus. Céleste Lévis a eu un « coup de cœur » pour Sophie Pelletier, avec qui elle a échangé une chanson, sur scène. « J’adore son nouvel album. (Surtout) Les Météores et j’ai hâte voir comment elle se présente sur scène avec ses musiciens. » La complicité avec Amélie Hall remonte à la dernière édition de Contact Ontarois, rappelle Céleste Lévis : « On partageait une loge, parce qu’on avait la même ‘vitrine’. Je suis encore en train de découvrir Amélie, (sa musique). Elle a vraiment une belle personnalité, tant sur scène qu’en dehors... »

Cette Ballade transcanadienne est un spectacle en commun, mais pas nécessairement collectif. Contrairement aux Cercles SOCAN, où on s’efforce de mélanger les répertoires (« ça reste une possibilité, rien n’est encore défini ; le défi serait de choisir quelle chanson... » tempère Céleste), ici, on jouera en file indienne.

C’est Céleste Lévis qui clôturera la soirée. L’Ottavienne, qui vient tout juste de faire paraître un deuxième album à son nom, Donne-moi le temps, en profitera pour faire briller ses nouvelles chansons.

Nouvelles gangs

Elle sera entourée de quatre musiciens : deux complices de longue date, Martin Rocheleau et Cory Lalonde, mais aussi Marc-André Labelle, du groupe Pandaléon, qui s’est greffé à eux cet été, en festivals, sans oublier Marc-Antoine Joly, repêché d’AkoufèN.

Marc-Antoine Joly est le nouvel homme dans la vie de Céleste Lévis. Pas juste ami de cœur : « Il a joué grand rôle dans ma carrière. Il m’a aidé à écrire plusieurs chansons de l’album. Il il a été coréalisateur de mon album », retrace-t-elle.

Le second coréalisateur de Donne-moi le temps, c’est le claviériste de Pandaléon, Fred Levac. « Le fun, c’est que j’ai pu décider qui serait mon équipe. J’ai travaillé avec des gens sur qui je trippe depuis longtemps. Le nouvel album me représente à 100 % », explique celle qui a repris les rênes de sa carrière.

En faisant le choix de retourner vivre à Ottawa, « il y a un an, un an et demi », la chanteuse a lâché son équipe de gestion, Tandem, basée à Montréal. Ils avaient « d’autres priorités » qu’elle, a-t-elle constaté.

« J’ai décidé de laisser une couple de choses derrière moi, en même temps que je déménageais. Et je suis bien heureuse dans ma vie professionnelle et personnelle. »

Quelque chose à prouver

L’autonomie a un prix. « J’ai travaillé très fort sur ce disque, je crois que j’avais quelque chose à prouver. » Quoi donc ? « Que tout va bien, pour moi ». Ou encore : que « je suis capable d’écrire ».

Le précieux Marc-Antoine « amène [mes compositions] à un autre niveau. Pareil pour Fred aux claviers : il m’a montré plein de trucs. J’ai été très bien entourée ! »

Si elle se sent plus à même d’écrire, c’est sans nul doute grâce aux ateliers qu’elle a suivis en 2017 à Astaffort, le bercail de Francis Cabrel. Lorsqu’elle a fait les premières parties du Français au Québec, il l’a invitée aux Rencontres d’Astaffort, un festival où les auteurs-compositeurs émergents apprennent changer de méthodes de travail, afin de créer différemment, notamment au fil de diverses collaborations croisées.

« Pour la confiance en soi, ça m’a aidée. » Elle a fini par se laisser convaincre qu’elle avait « quelque chose » qui pouvait ressembler à « un certain talent ». « Ça m’a ouvert l’esprit, d’écrire avec les autres. Auparavant, ça me bloquait. Ou la chanson leur ressemblait, plutôt qu’elle me ressemblait... »

Depuis son retour à Ottawa, elle multiplie les ateliers dans les écoles, où elle parle de l’industrie, et de son choix de faire musique de la musique en français. « Je m’implique beaucoup dans la communauté. J’essaie de suivre les traces [du chanteur ontarien] Stef Paquette, que j’ai toujours admiré », lance joyeusement celle qui, depuis un an, donne aussi des cours de chant à une dizaine d’étudiants inscrits à L’Artishow.

Peur et douleur

La moitié des chansons ont été écrites après Astaffort, dont « Je serai là », un texte de Céleste Lévis sur lequel deux sœurs, Antsa et Mendrika (c’est leur nom de scène), ont composé une mélodie. Elle y a noué « beaucoup » de nouvelles amitiés. 

Sur son nouveau disque, elle a inclus deux pièces « écrites depuis longtemps, et que j’adorais » : Je vis et Un Peu. Sauf qu’« on m’avait dit de ne pas les mettre sur le premier album ».

« Je m’assume plus. Je sais où je veux aller avec ma musique. Et  ma voix a maturé. »

Sur 100 ans, elle se permet d’aborder sa « situation médicale ». La chanteuse de 23 ans souffre depuis l’adolescence de la malformation d’Arnold-Chiari, qui a nécessité une intervention chirurgicale au cerveau et lui a laissé un petit trou dans la boîte crânienne. Sa santé ne va pas en s’améliorant, les changements de médicaments que lui imposent régulièrement les spécialistes depuis quatre ans l’inquiètent, confesse-t-elle. Mais « exprimer » sa peur et sa douleur lui « fait beaucoup de bien ».

« Les douleurs chroniques, les maux de têtes, tous ces symptômes me font beaucoup de mal. [...] Mon corps est fatigué » d’être constamment en tournée. « J’essaie de rester positive », même quand, parfois, « garder le sourire » devient source de fatigue.

« J’essaie de rester occupée, parce que dès que je m’arrête, [je ne pense plus qu’à ça]. Mais je sais que c’est un couteau à double tranchant.». 

POUR Y ALLER

Quand ? Jeudi 25 octobre, à 20 h

Où ? Centre des Arts Shenkman

Renseignements : 613-580-2700 ; shenkman.ca