Messmer présente son nouveau spectacle Hypersensoriel. On verra alors des gens voler, alors que d’autres seront hypnotisés par le truchement des odeurs.

La nature humaine vue par Messmer

Parler à Messmer, c’est ouvrir une fenêtre sur la nature humaine à l’ère des réseaux sociaux. L’homme qui présentera le spectacle Hypersensoriel le 5 mai, au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi, occupe en effet un poste d’observation exceptionnel. Chaque sortie le met en contact avec des dizaines de gens qui, pour toutes sortes de raisons, trouvent que c’est une bonne idée de participer à l’un de ses numéros.

Maintenant que sa réputation est établie, qu’on le sait capable d’imposer sa volonté à des inconnus, on pourrait croire que son public se montre plus timide. Qui a le goût d’imiter une poule devant une salle comble et de retrouver cette scène sur Internet le lendemain ? Or, la réalité est totalement différente, a révélé l’artiste au cours d’une entrevue téléphonique accordée au Progrès.

« Ce n’est pas difficile de trouver des volontaires. En fait, ceux qui veulent vivre cette expérience sont de plus en plus nombreux. C’est rendu que ça court pour monter sur la scène. C’est malade! », décrit Messmer. Il y a même des gens qui tentent de se faufiler parmi les candidats, alors qu’ils ne sont pas réceptifs. L’expérience aidant, le fascinateur n’a aucune peine à les repérer.

Un autre phénomène qu’on remarque depuis ses débuts dans les salles du Québec et de la France tient à ces individus qui, une fois plongés en état d’hypnose, ne reviennent pas à la réalité avant la fin du spectacle. Comme on dit en bon français, ils ne «déclutchent» pas.

« Certains étaient malades ou fatigués en partant de chez eux; d’autres avaient de la misère à dormir. C’est vrai qu’ils n’auront pas vu le show, mais ils seront plus reposés », rigole l’invité de Diffusion Saguenay.

Quant aux différences culturelles, elles ne pèsent pas lourd face à l’hypnose, laisse entendre Messmer, qui se produira en France à la fin de mai, avant d’y retourner à l’automne, puis en hiver. « L’être humain réagit de la même façon, peu importe l’endroit, ce qui est également le cas du public », énonce-t-il. C’est d’ailleurs dans l’Hexagone, plus précisément à Nice, que le spectacle précédent a été présenté pour la dernière fois. Baptisé Intemporel, il a généré la vente de 1,2 million de billets.

Des moyens accrus

La nouvelle production de Messmer, qu’il montrera pour la première fois au Saguenay–Lac-Saint-Jean, témoigne de son désir de pousser constamment le bouchon. Pour la première fois, par exemple, il a monté un numéro olfactif. C’est par les odeurs, plutôt que les mots ou la musique, que le fascinateur s’insinuera dans la psyché des spectateurs.

« J’aide aussi deux personnes qui ont peur des hauteurs. Je les installe dans une poche et je les fais voler pendant que l’écran géant installé derrière elles diffuse des images de New York. C’est beau, et ça montre à quel point le subconscient est puissant », mentionne le Québécois. Pour assurer la sécurité des volontaires, Messmer a recruté un ancien membre du Cirque Éloize.

Un autre numéro fait intervenir la réalité virtuelle. Les participants portent un casque, et ce qu’ils voient aboutit sur l’écran, ce qui constitue aussi une première en ce qui le concerne. Ça fait de la technologie au pied carré, de quoi remplir une remorque de 53 pieds, mais pas au point de transformer Hypersensoriel en une série de figures imposées, toujours pareille d’une ville à l’autre.

« Le spectacle bouge tous les soirs. La scène est mon laboratoire, ce qui nécessite des techniciens capables de me suivre. Déjà, après une cinquantaine de représentations, j’ai changé des choses. Je ne me contente pas de peaufiner », rapporte Messmer, qui promet que d’autres visites auront lieu dans la région, notamment au Lac-Saint-Jean, avant la fin de cette production.

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POUR Y ALLER

Les 9 et 10 mai, 20h

Maison de la culture de Gatineau

819-243-2525; salleodyssee.ca