Richard Cocciante et Luc Plamondons étaient accompagnés d’Angelo Del Vecchio et Valérie Carpentier qui incarneront Quasimodo et Fleur-de-Lys.

Il est revenu le temps des cathédrales

Notre-Dame de Paris reprendra du service au Québec. La nouvelle production partira en tournée au Québec à l’été 2018, histoire de souligner le 20e anniversaire de la création du spectacle. Un arrêt est prévu à Ottawa du 16 au 20 octobre 2018, a dévoilé lundi le producteur de la tournée, Paul Dupont-Hébert, de Tandem.

Les deux créateurs de la populaire comédie musicale, Luc Plamondon et Richard Cocciante, sont venus en personne au Centre national des arts pour participer à cette annonce. Ils demeurent très impliqués dans la pérennisation de ce spectacle, déjà joué dans 20 pays et huit langues (bientôt neuf, car une traduction en mandarin est en cours d’écriture, a laissé entendre Luc Plamondon).

La tournée anniversaire de Notre-Dame de Paris ne donnera pas lieu à une recréation : cosmétiquement, la production demeurera la même, au quart de ton près.

« C’est exactement la même chose que ce que vous avez vu au commencement. On n’a pas voulu changer la mise en scène [de Gilles Maheu] ou les éclairages », a souligné Richard Cocciante, qui a aussi tenu à rester fidèle aux arrangements et aux « ballets spectaculaires » chorégraphiés par Martino Müller.  

« Seuls les interprètes ont changé », pour une évidente question d’âge, a-t-il précisé. 

Valérie Carpentier en Fleur-de-Lys

À une exception près, la tournée reprend  l’ensemble de la distribution de 2016, comprenant notamment Daniel Lavoie (dans le rôle de l’archidiacre Frollo, « méchant » qu’il incarnait déjà dans la mouture originale), ainsi que le Gatinois Martin Giroux (Phœbus). 

L’exception, c’est la chanteuse Valérie Carpentier. La Québécoise se greffera à la troupe en endossant le costume de Fleur-de-Lys.  

Valérie Carpentier a avoué qu’elle se sentait « un peu terrifiée » à l’idée d’intégrer ce « projet gigantesque », mais qu’elle était avant tout « très contente et très émue » de pouvoir partager la scène avec son « chanteur préféré », Daniel Lavoie. 

Reste que le personnage de Fleur-de-Lys constitue un véritable défi vocal pour la chanteuse. 

« Je dois replonger dans l’enfance et la naïveté, et modifier ma voix pour rendre justice à ce personnage de jeune vierge de 14 ans, qui est très noble, posée, pas très émancipée », observe-t-elle. 

Fleur-de-Lys « ne peut pas avoir la voix de basse, sensuelle, un peu jazz » que développe l’auteure-compositrice-interprète Carpentier lorsqu’elle travaille sur ses compositions. « Pour atteindre la vérité de ce personnage plein de nuances, je dois être très précise. Devenir à la fois naïve et plus scintillante », explique-t-elle, stressée autant que ravie par la contrainte.

Distribution internationale

Signe manifeste de ses ambitions, la présente distribution est assez internationale. Elle comprend également la Libanaise Hiba Tawaji – une vedette de la chanson au Moyen-Orient – dans le rôle d’Esmeralda, le Franco-Québécois Richard Charest (qui campe Gringoire depuis 10 ans, mais qui a défendu Phœbus pendant cinq ans auparavant) et  le Français d’origine martiniquaise Jay (Clopin).

Sans oublier le chanteur italien Angelo Del Vecchio, qui personnifie Quasimodo, qu’il connaît bien, pour l’avoir d’abord défendu dans la production italienne, puis en anglais, avant d’intégrer l’équipe francophone. 

« Depuis Garou, on n’avait pas trouvé un aussi bon » Quasimodo, a soutenu Luc Plamondon, déclenchant un sourire radieux chez le jeune homme, venu participer à cette conférence de presse.

Des invités surprise, parmi lesquels des « anciens » de la production comme Gardy Fury, Matt Laurent et Robert Marien, risquent fort de se greffer à la tournée québécoise de façon impromptue, a souligné lundi l’équipe de production.

La tournée se poursuivra  à Toronto, pour huit représentations – en français, une situation exceptionnelle pour la Ville Reine, où les comédies musicales sont d’habitude proposées en anglais, même s’il en existe une version francophone.

« On est encore aussi excités qu’il y a 20 ans ! » ont clamé ensemble MM. Plamondon et Cocciante, après avoir passé quelques minutes à se couper la parole et à se chamailler affectueusement, comme les amis de longue date qu’ils sont.

Ils ont cependant défendu à l’unisson la modernité harmonique de ce spectacle oscillant « entre rock et musique plus classique » et l’actualité de son sous-texte, lorsqu’il évoque la situation des sans-papiers.