En fin connaisseur de la promotion commerciale, Jérémy Demay parvient à s’imposer sur le marché hautement concurrentiel de l’humour québécois.

Humour et développement personnel

L’humoriste Jérémy Demay, serait-il le Français de six pieds cinq ? Voilà l’image qui s’est imposée de ce Québécois d’adoption quand on effectue un rapide sondage dans la salle de rédaction. Jérémy Demay, c’est aussi l’auteur de La Liste, un livre de développement personnel écoulé à quelque 80 000 exemplaires. Après avoir présenté son premier spectacle solo devant plus de 90 000 spectateurs, il revient avec le tout récent Vivant !, à l’affiche le 2 novembre à la Salle Odyssée.

En dépit de son titre, Vivant ! a pourtant débuté par une petite mort médiatique, à Montréal : la première représentation avait lieu le 18 octobre, jour de scandale sexuel pour Gilbert Rozon, le grand patron de Juste pour rire dont le groupe produit également l’humoriste franco-québécois.  

« Mon équipe s’est posé la question de décaler le spectacle, mais ça ne s’est pas fait », reconnaît celui qui appelle MM. Rozon et Savail par leurs prénoms après avoir travaillé à leurs côtés.

« Je n’ai jamais pu penser qu’il y aurait pu avoir agression sexuelle de la part de Gilbert ou d’exhibitionnisme de la part d’Éric. Moi, j’avais toujours vu des choses un peu marrantes, mais jamais rien d’alarmant. »

L’humoriste a déménagé à Montréal à la faveur d’un stage en marketing à Juste pour rire. Il ne devait rester que six mois. C’était il y a 12 ans. « Il s’agissait surtout d’un prétexte pour la suite, reconnaît-il. On m’a conseillé de rester ici pour apprendre l’humour en me disant que le Québec était plus entraîné et prolifique dans ce domaine. »

En fin connaisseur de la promotion commerciale, Jérémy Demay parvient à s’imposer sur le marché hautement concurrentiel de l’humour québécois. Projets viraux sur les médias sociaux, multiplication de ses apparitions aux émissions phares et en publicités. L’humoriste a le sens des affaires, même en littérature. Il avoue que l’écriture l’aura libéré d’une dépression, il y a quelques années. 

« Les gens ont besoin d’espoir, de réponses, analyse-t-il. Je pense que des livres comme le mien répondent à un certain besoin. »

La mort en direct

Jérémy Demay avait huit ans quand son père est décédé. « J’ai vu mon père mourir d’une crise cardiaque, raconte sans fard le trentenaire. Je pense que ça m’a formé à vouloir faire rire, à vouloir plaire, à avoir un besoin de reconnaissance et d’amour, véritablement. J’ai l’impression que sans la mort de mon père, j’aurais fait autre chose. »

Ses remèdes à la mélancolie proviennent du sport, de la méditation, « boire une bière avec des amis ou regarder un film ! », complète-t-il.

Et de la scène, qui, comme beaucoup, s’est avérée un parfait allié cathartique. « J’y parle de la mort, mais aussi de la peur de vieillir, de la sexualité et tous ces tabous dans nos sociétés. Rire d’un sujet nous permet de l’appréhender de façon moins tragique. »

Et conclut en citant Oscar Wilde : « Peu de gens vivent, la plupart ne font qu’exister ! » 


POUR Y ALLER

Quand ? Le 2 novembre, 20 h

Où ? Maison de la culture de Gatineau

Renseignements : 819-243-2525 ; salleodyssee.ca