L'humoriste Guillaume Pineault
L'humoriste Guillaume Pineault

Guillaume Pineault sans masque sur la scène Odyssée

Yves Bergeras
Yves Bergeras
Le Droit
La salle Odyssée peut enfin accueillir le public, elle qui était inaccessible depuis le 12 mars dernier. Les humoristes Guillaume Pineault, Sam Breton et Matthieu Pepper donneront, le 11 septembre (à 20h), le coup d’envoi d’une série de spectacles «live» dans ce grand espace enfin déconfiné.

Le nombre de places assises est toutefois limité à 190 fauteuils, afin de faciliter le respect des règles de distanciation sociale; par mesure de précaution, le public devra aussi se passer d’entracte.

Sur scène, ce ne sera pas la cohue non plus: les trois humoristes se relaieront, à raison de 20 minutes chacun, dans le cadre de ce Projet parallèle dont la tournée à travers le Québec, entamé dès juin, et qui se poursuivra jusqu’en octobre.

«Malgré la distanciation, le retour de ces spectacles nous permettra enfin de se sentir proche, c’est l’fun en verrat, ça. Vous ne savez pas à quel point j’ai hâte de vous voir !!!  [...] Ça faisait 5 mois que j’attendais ce moment-là», écrivait d’ailleurs Guillaume Pineault sur son mur Facebook, le 1er septembre – veille de notre entretien – alors qu’il dévoilait une dizaine de dates pour septembre, dont plusieurs concernaient le retour de son one man show, Détour.

Projet parallèle est, lui, un spectacle à géométrie variable. MM. Pineault et Breton y sont souvent têtes d’affiche, mais, selon les lieux visités, la scène peut être aussi partagée par Louis-José Houde, Simon Gouache, Patrick Groulx, Louis T. ou Neev, ainsi que Maude Landry et Michelle Desrochers, du côté des filles.

Certains d’entre eux se présentent en solo, mais la chose est plutôt rare. C’est le cas de Louis-José Houde et de Sam Breton, lequel en profite pour proposer Pas son vrai show. Mais à Gatineau, chaque humoriste tiendra le micro pendant 20 minutes.

Du matériel «tout frais»

Guillaume Pineault n’a pas chômé pendant la COVID: cet été, il a été parachuté morning man d’On est tous debout sur les ondes de Rouge, à Montréal, en plus de poursuivre ses chroniques avec les Fantastiques (l’émission de «Véro» devient L’été c’est fantastique durant le congé estival de Véronique Cloutier), sur la même fréquence. 

En réalité, Guillaume Pineault n’a jamais véritablement cessé de se frotter au public live. De salle en salle, il a regardé croître le Projet Parallèle, jouant d’abord dans de toutes petites salles, puis «graduellement plus grandes». 

«Le projet parallèle, c’est une super idée de mon producteur, Groupe Phaneuf, qui [dès le mois de juin] a appelé les diffuseurs pour réserver leurs salles dès le début du déconfinement. Moi je disais: ‘je veux simplement jouer; ça peut être avec devant deux personnes, je m’en fous!’»

Plusieurs humoristes de l’écurie Phaneuf ont, comme lui, «emboîté le pas». «Ça nous permet de présenter du nouveau matériel. Le mien – c’est un 20 minutes ‘tout frais’, que j’ai créé pendant le confinement.» Mais pas du rodage pur, précise-t-il, car il a testé ses gags au fil des dernières semaines, que ce soit sur scène ou dans ses chroniques radio à Rouge fm. 

Il a notamment concocté un «numéro complet sur le port du masque», fruit d’observations glanées à l’hôpital et au restaurant, au fil d’une journée covidienne marquée par une «petite vieille tannante» et un serveur pour qui le masque de protection semblait superflu.

Sam Breton

«La beauté du Projet parallèle, c’est qu’il y a de tout: du monde qui arrive avec du matériel plus rodé, d’autres moins.» Le public vient pour une tête d’affiche, mais repart en ayant découvert un visage moins connu – comme Matthieu Pepper ou Michelle Desrochers. 

«Et, pour nous, humoristes, c’est le fun de croiser d’autres artistes, en bonne camaraderie.» Sam Breton, par exemple, est «un ami de longue date». 

Les deux complices avaient présenté leur premier show ensemble, rappelle Guillaume Pineault. «Mais on ne se croise pas vraiment dans le milieu: on voit juste la face de l’autre sur une affiche, quand on arrive dans une salle; et on doit se contenter d’un souper aux six mois. Lui aussi rode du nouveau matériel», présenté en marge de son spectacle solo, Au pic pis à pelle

Devoir compresser les choses dans un format de 20 minutes n’est «pas l’idéal», pour des raconteurs comme Guillaume Pineault et Sam Breton.

«Pour avoir fait pendant des années les premières parties de Phil Roy [et de Patrick Groulx], je sais que c’est dur, devoir se limiter à 12 minutes– c’est comme un coït interrompu. Mais en 20 à 25 minutes, là tu peux t’installer. Il n’y a rien que je préfère que de parler pendant une heure [...] mais j’aime mieux avoir ça que rien du tout.»

Détour «amélioré»

Guillaume Pineault a aussi profité de la pause covidienne pour «améliorer» son premier spectacle solo, que la pandémie l’avait contraint à mettre sous cloche après une poignée de représentations. Détour devait d’ailleurs être présenté cet été à la Polyvalente Nicolas Gatineau... avant d’être reporté, «comme tous mes shows, qui ont été reportés puis re-reportés ou annulés, au point que je ne suis plus très sûr lesquels sont annulés et lesquels sont reportés, mais c’est pour ça que j’ai un site et une équipe de production», rigole-t-il.

«J’ai beaucoup coupé dans le texte. Par exemple, je parlais de la crise du verglas, qui avait marqué beaucoup de monde, moi le premier... sauf qu’après la pandémie, ça n’avait plus vraiment le même impact, alors j’ai transformé un petit peu le numéro pour l’adapter à la COVID et la réalité d’aujourd’hui», illustre-t-il. 

«Un show d’humour ça devrait toujours être dynamique; il y a toujours des choses qui vieillissent moins bien. Je peaufinais beaucoup, pour être prêt quand ça repartirait. Là, ça y est, ça repart. Et je suis prêt!» lance l’humoriste.

La radio l’a passablement occupé, ces derniers mois – «écrire mes sujets du lendemain, ça me prenait une grosse partie de la journée» – mais il a trouvé le temps de coucher sur papier une partie de ses souvenirs affectifs.

«J’ai commencé à écrire un livre sur mes relations amoureuses depuis la maternelle. Ça me faisait rire, essayer de me souvenir des moindres détails et échange de regards sans réelle signification affective. Je ne m’obligeais pas à être drôle. Peut-être ça va finir en recueil. Ou pas. Peu importe. C’était une façon d’écrire sans pression, et ça me détendait.»

Odyssée live

La série de spectacles live sur la scène Odyssée se poursuivra en compagnie d’Annie Villeneuve, qui présentera de nouvelles chansons le 19 septembre. 

La Maison de la culture de Gatineau (MCG)  – qui rouvre officiellement ses portes le 8 septembre – accueillera par la suite Rachid Badouri (le 17 octobre), Brigitte Boisjoli et Christian Marc Gendron (le 31 octobre), ainsi que l’humoriste Maude Landry (le 4 novembre). La formule est la même: des prestations de 60 minutes sans entracte, respectueuses des consignes de distanciation.

Renseignements et billets: salle Odyssée.

***

À LIRE AUSSI: Notre texte sur la réouverture sur la MCG