Les acrobates en répétition à la veille de la première médiatique.

Fin prêts pour Alegría [VIDÉO ET PHOTOS]

C’est prêt : 25 ans après la grande première d’Alegría, tout est en place pour les représentations gatinoises de la nouvelle mouture du classique du Cirque du Soleil.

La seconde première d’Alegría – Sous un nouveau jour aura lieu jeudi soir, sous le chapiteau planté à Zibi. Le spectacle gardera l’affiche jusqu’au 1er septembre.

On est loin de la troupe de Molière, dont tout le matériel de scène tenait dans une seule charrette. Le 21 juillet, le Cirque du Soleil a fait sa dernière représentation montréalaise, clôturant une série de 120 spectacles en trois mois. En huit jours, les 2000 tonnes de matériel nécessaires à la troupe avaient été démontées, rapatriées dans 65 camions, transportées à Gatineau, puis assemblées de nouveau, de A à Z.

On ne peut pas parler ici d’« arrière-scène ». 

C’est dans une tente secondaire, derrière le chapiteau bleu et blanc, que se passe le branle-bas de combat. 

À gauche de l’entrée, une employée range les 94 costumes et leur double, tous faits à la main et lavés après chaque utilisation. 

À droite, trois lits médicaux sont dépliés dans une clinique temporaire où s’affaireront bientôt deux thérapeutes de tournée et un massothérapeute embauché localement. 

Plus loin, une jeune femme assise dans la zone « tapis rouge » regarde une reprise de Montréal sur deux écrans géants. 

Dès jeudi, ils projetteront le spectacle en direct et en différé de 10 minutes, de façon à ce que les artistes puissent voir leur numéro après l’avoir fait.

Au centre de la tente, sur un trampoline, des barres asymétriques ou des tatamis, les acrobates avaient déjà commencé à s’entraîner. 

En tout, ils seront 53 à traverser la passerelle qui mène vers le chapiteau principal, soir après soir, pour faire frissonner, s’émerveiller, rêver.

« C’est une machine bien huilée », illustre l’attaché de presse d’Alegría, Francis Jalbert. En général, « on fait un spectacle à peu près plus de 300 fois par année. Par semaine, on fait huit à dix représentations. Tout le monde sait ce qu’il a à faire et où les costumes sont. »


«  On fait un spectacle à peu près plus de 300 fois par année. Par semaine, on fait huit à dix représentations. Tout le monde sait ce qu’il a à faire et où les costumes sont.  »
Francis Jalbert, attaché de presse d’Alegría

L’Alegría de Franco Dragone racontait l’histoire d’un royaume décrépit, figé dans le passé, où un fou se proclame roi. 

Les Bronx, une génération jeune et optimiste inspirée par les Anges, tentent de renverser la vieille monarchie et d’instaurer un nouvel ordre plus lumineux, plus actuel. 

L’Alegría 2.0 replace la même fable dans un écrin renouvelé. 

Sous la baguette du metteur en scène Jean-Guy Legault, chaque élément du spectacle, ou presque, a été réinventé. 

Confiée à Jean-Phi Goncalves, la trame musicale habille désormais les mélodies de passages orchestraux et électros. 

Sous la griffe de Dominique Lemieux, les costumes ressemblent maintenant plus à ceux d’humains que de créatures.

En ce qui concerne les acrobaties, signées Émilie Therrien, « il y a des mouvements qui vont être faits qu’il y a 25 ans, on ne pensait jamais être possibles », souligne Francis Jalbert. 

De la collection, deux disciplines n’existent pas ailleurs. 

Au rayon des nouveautés, le département de recherche et de développement du Cirque du Soleil a accouché du concept d’acro pôle, qui combine les techniques de barres russes et de banquine. 

Quant au passage de high bar, celui-ci était là en 1994, mais il a été amélioré. 

Il aura fallu huit à dix mois pour peaufiner le numéro employant un hybride entre des barres asymétriques et balançoires suspendu à 40 pieds de hauteur.

L’idée de ressusciter ce classique est venue fin 2017 ; le processus de métamorphose a duré près de deux ans. 

« C’est un spectacle qui est excessivement acrobatique, ajoute l’attaché de presse. Au cirque, nous avons des spectacles qui sont un peu plus théâtraux, d’autres qui ont un côté plus technologique. Alegría, c’est un retour aux sources. Il n’y a pas énormément de technologie sous le chapiteau : c’est vraiment axé sur la performance humaine. »

L’ancien Alegría a vécu 19 ans, jusqu’en 2013. Il a été représenté devant 14 millions de personnes dans 225 villes.

« Rien ne revient exactement pareil, ajoute Francis Jalbert. C’est quelque chose d’à la fois nouveau et familier, comme revoir un ami après 25 ans. »