La seule explication qu’a fournie le ministère ontarien du Tourisme, de la Culture et du Sport était liée à la capacité d’occupation du site du festival.

Festivals privés de financement: Le déménagement du FJO en cause

À trois semaines de sa 40e édition, le Festival de jazz d’Ottawa (FJO) a été privé d’une subvention provinciale de 290 000 $. Et le déménagement de sa scène principale, affirme son directeur de programmation, est en cause.

Comme c’est le cas depuis 12 ans, le FJO s’attendait à recevoir une réponse — positive — du programme Fêtons l’Ontario plus tôt au printemps. Or, la nouvelle est tombée vendredi dernier, deux mois plus tard qu’anticipé : 290 000 $ leur étaient refusés.

La seule explication qu’a fournie le ministère ontarien du Tourisme, de la Culture et du Sport était liée à la capacité d’occupation du site du festival, détaille le directeur de la programmation du FJO, Petr Cancura. Normalement, la scène principale est située dans le parc de la Confédération. L’an dernier, des travaux en ont forcé le déménagement temporaire à la Place Marion-Dewar, devant l’hôtel de ville d’Ottawa. Le parc de la Confédération peut accueillir de 7000 à 10 000 visiteurs, tandis que la Place Marion-Dewar en contient au
plus 3000.

Les travaux dans le parc de la Confédération doivent se terminer cet été. Le site aura donc la même configuration en 2019.

« C’est comme si le festival était puni pour quelque chose de temporaire qui se passe dans la ville », déplore M. Cancura.

Le 40e FJO démarrera le vendredi 21 juin. La majeure partie des 290 000 $ a déjà été dépensée, notamment dans la publicité adressée aux touristes et dans un programme visant à embaucher le plus de femmes artistes possible.

« C’est ce qui nous indigne le plus, que cela nous ait été annoncé seulement trois semaines avant l’événement », dénonce M. Cancura. Les surplus accumulés au fil des dernières années aideront à éponger le déficit, sans toutefois régler la note. « Nous sommes pris au dépourvu. C’est beaucoup d’argent pour nous [...] C’est ce qui fait la différence entre être dans le noir ou être dans le rouge. »

« Nous coupons ce que nous pouvons. Mais c’est très difficile à faire à moins de trois semaines du festival ; presque tout est déjà fixé. »

Les festivals pris de court

À Ottawa, les subventions de Fêtons l’Ontario ont été refusées à une douzaine de festivals, dont le Glowfair, la Semaine italienne, le festival Escapade, le Festival international des arts de la rue d’Ottawa et le Festival canadien des tulipes.

Cette année, Fêtons l’Ontario voulait soutenir davantage « les événements nouveaux et émergents à travers la province », a expliqué par courriel Brett Weltman, attaché de presse du ministre du Tourisme, de la Culture et du Sport Michael Tibollo. Les événements sans but lucratif, francophones, autochtones, en région rurale et dans le nord de l’Ontario ont ainsi reçu les bonnes grâces du ministère. Le programme a encouragé les initiatives qui « démontrent un retour sur investissement indéniable, respectent les contribuables, et qui étaient axés sur la création du tourisme dans la province de l’Ontario. »

Le dernier Festival, tenu du 10 au 21 mai, a attiré 700 000 personnes. « Nous n’avions aucune raison de croire que soudainement, on ne reconnaîtrait plus la valeur que le Festival des tulipes apporte à l’économie d’Ottawa et de l’Ontario », s’indigne son président Grant Hooker. D’autant plus, souligne-t-il, que le festival est gratuit, et que sa survie dépend des subventions et du travail des bénévoles d’un organisme sans but lucratif. Le Festival envisage de renflouer ses coffres en vendant les bulbes de tulipes Libération 75.