À lui seul, le Festival de jazz d’Ottawa, qui débutera le vendredi 21 juin, a été privé de 290 000 $. Toute une tuile pour le 40e anniversaire de l’événement.

Festivals d'Ottawa: une «bouée de sauvetage» de 200 000$

Les festivals d’Ottawa privés d’un million $ en subventions provinciales recevront une « bouée de sauvetage » d’en tout 200 000 $.

Le maire d’Ottawa Jim Watson en a fait l’annonce jeudi matin après s’être entretenu avec Lisa MacLeod. La députée de Nepean, seule ministre du Parti progressiste-conservateur de l’Ontario venant d’Ottawa, a débloqué ce montant après que le maire lui ait exprimé sa « frustration, à la fois sur l’ampleur des coupes et sur le processus, alors que les festivals n’en ont été informés » qu’à la dernière minute.

« Nous avons reçu une bouée de sauvetage de 200 000 $. Ce n’est pas l’idéal, mais ce sont 200 000 $ de plus que ce que nous avions (mercredi) », a tempéré M. Watson au sortir d’une réunion avec divers acteurs de l’industrie.

Vendredi dernier, le ministère ontarien du Tourisme, de la Culture et du Sport a refusé l’aide du programme Fêtons l’Ontario à 18 festivals ottaviens, dont le Festival de jazz d’Ottawa (FJO) et le Festival canadien des tulipes. Quatorze autres ont vu leur financement réduit.

L’information leur est parvenue au moins deux mois plus tard qu’espéré. Ayant bénéficié du même programme pendant des années, plusieurs avaient déjà dépensé les sommes attendues, sûrs de les percevoir de nouveau. À quelques jours ou semaines de leur ouverture — certains, comme le Festival des tulipes, étant même déjà terminés —, ces festivals se retrouvent au dépourvu.

Les conséquences sont « castastrophiques ». « Nous avons perdu 800 000 $ et ce sera très difficile pour nos festivals de s’en remettre, a déploré la directrice générale du Réseau des festivals d’Ottawa, Carole Anne Piccinin. Nous encourageons certainement d’autres approches pour ces festivals, qui apportent plus d’un million $ à l’économie de cette collectivité chaque année. »

Dans les prochains jours, le Réseau des festivals, Tourisme Ottawa et le bureau de Jim Watson se réuniront pour proposer à la ministre MacLeod une façon de distribuer les 200 000 $.

« La ministre a indiqué que ces fonds iraient à ceux qui en ont le plus besoin, a détaillé M. Watson. Ce sera une lourde tâche. Nous aurons des décisions difficiles à prendre. »

Tibollo à Ottawa ?

Jeudi, M. Watson a demandé une rencontre avec le ministre du Tourisme, de la Culture et du Sport Michael Tibollo.

Il a aussi invité M. Tibollo à visiter Ottawa dans les prochaines semaines pour qu’il rencontre les équipes des festivals touchés. Le maire veut ainsi « mieux lui faire comprendre à quel point la situation de ces festivals est précaire alors qu’ils s’apprêtent à ouvrir leurs portes. »

« Il n’est pas question ici de donner de l’argent à des œuvres de charité ; il est question de développement économique et de création d’emploi pour la troisième industrie la plus importante dans la capitale du pays, a-t-il ajouté. S’il n’est pas prêt à discuter de l’aspect financier, au moins, (nous espérons qu’il soit ouvert à) changer le processus pour que ces groupes soient mis au courant d’avance » afin qu’ils n’aient pas à briser de contrat. Un délai de 18 mois a été suggéré lors de la rencontre.

Le ministère du Tourisme, de la Culture et du Sport n’a pas répondu aux questions du Droit jeudi.

Dans un courriel envoyé mercredi, le ministère a affirmé vouloir mieux soutenir les événements « nouveaux et émergents ». Le matin même, à la radio de CBC, M. Tibollo a justifié le cas du FJO en avançant que son succès lui permet de « voler de ses propres ailes ».