La première médiatique de la pièce Fais-toi une belle vie avait lieu mercredi soir à la salle Odyssée.

Fais-toi une belle vie: comédie légère

C’était soir de première médiatique mondiale mercredi à la salle Odyssée pour Fais-toi une belle vie, la pièce de l’auteur québécois François Chénier avec, entre autres, Guillaume Lemay-Thivierge. Une soirée de répliques prévisibles, qui ont tout de même fait rire à gorge déployée le public.

Avec pour décor l’intérieur d’un chalet cadré dans un iPhone géant, Fais-toi une belle vie suit les pérégrinations de Mike, 38 ans, un agent double en burn-out campé par Guillaume Lemay-Thivierge. Celui-ce se retrouve coincé plusieurs semaines avec sa blonde Nancy, incarnée par Émily Bégin (également sa conjointe dans la vraie vie) ainsi que Gilles et Julie, un couple d’amis interprété par François Chénier et Sandrine Bisson, dans le chalet qu’ils viennent d’acheter à quatre.

Entre Gilles, le mononcle obsessif et inconscient qui a une fixation sur les bains de minuit et les planches qui grincent, Julie, la control-freak végane et maniaque de la propreté qui, dès son arrivée, prend le nettoyage en main et Nancy la névrosée dépressive qui a un sérieux penchant pour la bouteille, tous les ingrédients sont réunis pour faire de la thérapie par la nature de Mike un fiasco complet.

D’ailleurs, si Sandrine Bisson est plus que crédible dans son rôle, les autres comédiens ont eu besoin de plus de temps pour se glisser dans la peau de leur personnage et ajuster leur jeu afin que le tout soit un peu plus fluide.

À ce duo de couples mal assortis, s’ajoute Janie Sucre, une ado de 15 ans à la répartie acérée, qui vient mettre son grain de « sucre » — dans ce capharnaüm.

Et ce n’est ni plus ni moins que la fille de Guillaume Lemay-Thivierge, Charlie Lemay-Thivierge, — qui fait ses premiers pas sur les planches — qui se glisse dans la peau de l’ado désinvolte. Un rôle qu’elle assume complètement au point de créer, chez certains, une pointe d’agacement.

En plus d’être partie prenante de l’histoire qu’elle a filmée avec son iPhone, la jeune comédienne endosse également le rôle de la narratrice et intervient quelques fois auprès du public pour insister ou revenir sur certaines informations.

Et puisque père et fille sont réunis pour la première fois sur scène, un moment de complicité, à la lueur des étoiles, était de mise.

L’adolescente vient en effet troubler la quiétude de la nuit, et la partie de pêche en solitaire de Mike, pour lui ouvrir les yeux sur son mal. Mike finira par prendre conscience de l’environnement qui l’entoure et se débarrassera des parasites — ses amis — qui l’empêche d’être heureux.

Des sujets à la pelle
Comme souvent lors d’escapades dans le bois, ce huis clos est l’occasion d’aborder toutes sortes de sujets : politique, environnement, sans-gluten, etc.

À l’image de notre société de consommation, les tableaux et les thèmes s’enchaînent à vive allure — parfois peut-être un peu trop vite.

Quand des passages sont moins intéressants, Janie Sucre se charge d’accélérer la scène. Où à l’inverse, lorsqu’elle en trouve un plus intéressant, elle le remet pour le plus grand plaisir du public. Comme ce monologue de Nancy à propos du Canada qui n’a ni queue ni tête. Émily Bégin, dans la peau de la névrosée, le reprend à l’identique, lorsque Janie Sucre fait revisionner la scène au public. Ce dernier est conquis.

Par cette comédie, les spectateurs sont également amenés à réfléchir, quelques instants, à leur dépendance au cellulaire.

Par contre, si l’origine de cette virée au chalet est l’épuisement professionnel, le thème n’est que très peu abordé et semble rester tabou tout au long de la pièce.

D’ailleurs, le jeu, parfois exagéré, de Guillaume Lemay-Thivierge ressemble davantage à l’attitude d’un névrosé ou d’un toqué qu’à celle d’un homme complètement à bout.

Malgré quelques longueurs, surtout en deuxième partie, Fais-toi une belle vie est une comédie légère qui fait rire du début à la fin puisque les personnages créer par François Chénier permettent facilement de s’y identifier. Un bon divertissement estival.

POUR Y ALLER

Quand ? 13, 14, 18, 19, 20 et 21 juillet à 20h

Où ? Salle Odyssée

Renseignements : salleodyssee.ca