«Et si un soir...» de Lisa L’Heureux mise sur l’effet de miroir pour mettre en scène la solitude.

«Et si un soir... »: quatre solitudes dans la nuit

La nuit tombe sur une ville anonyme. Quatre personnages, quatre âmes esseulées dans leurs appartements, rêvent éveillées de jours meilleurs dans la pièce de théâtre «Et si un soir...».

Leurs rêves et cauchemars fragmentés, qui jouent avec la frontière entre la réalité (fictive) et l’imaginaire (fictif dans la fiction), plongeront dans l’intimité des personnages à La Nouvelle Scène Gilles Desjardins du 21 au 24 novembre. Une intimité telle que l’expérience est réservée aux « 16 ans et + ».

Dans la pièce, deux serveuses colocataires, une mère célibataire et « Joseph » essaient d’entrer en contact avec les autres ou de survivre à leurs propres démons, tout en poésie onirique et en symbolisme. Sauf qu’ils sont paralysés, incapables de répondre en actions à leur appétit vital. L’auteure et metteure en scène Lisa L’Heureux s’est inspirée des Mille et une nuits pour la forme comme pour le fond de son œuvre chorale. « C’est l’idée de la parole comme moyen de survie, explique la directrice artistique du Théâtre Rouge Écarlate. Comme le personnage de Shéhérazade, qui raconte une histoire dans le but de survivre chaque soir pendant 1001 nuits. »

Chaque histoire dans la pièce vit indépendamment des autres, sans ordre chronologique précis, même si des fils s’entremêlent entre les différents tableaux. « Des histoires, donc, qui se miroitent, des histoires dans lesquelles il y a d’autres histoires. C’est cette structure-là. (Et si un soir... joue avec) l’effet de miroir et l’effet d’écran, lorsque les personnages se projettent dans une situation. C’est beaucoup un texte poétique, donc on est beaucoup dans la parole et moins dans l’action. »


« C’est l’idée de la parole comme moyen de survie. Comme Shéhérazade, qui raconte une histoire dans le but de survivre pendant 1001 nuits. »
L’auteure et metteure en scène Lisa L’Heureux

La pièce a d’abord été un projet d’écriture pour l’artiste polyvalente, récipiendaire du Prix littéraire Jacques-Poirier–Outaouais en 2017 et autrefois membre du collectif défunt d’auteurs Les Poids Plumes. À l’invitation du Théâtre Tremplin, ses textes ont été couchés sur papier « dans l’urgence » – « c’était assez spontané ! » Le récit mis en lecture une première fois en 2013 était d’abord décalé en sept histoires. Des quatre personnages de la version actuelle, trois faisaient partie de la première mouture. « J’ai mis beaucoup de temps à trouver le filon, à le resserrer, à voir quelle était l’histoire. Maintenant, c’est encore inspiré de la nuit, avec les thèmes des fantasmes, des cauchemars, de la déchéance, de la solitude, de l’isolement. »

Mais « il y a quand même des bouts très comiques ! assure la metteure en scène. C’est un théâtre qui touche à l’absurde. »

La première du spectacle concordera avec le lancement du livre du même titre. Le 23 novembre, la représentation sera suivie d’une discussion.

Et si un soir... est une production du Théâtre Rouge Écarlate avec l’appui du Théâtre du Trillium. La distribution compte Marc-André Charette, Lissa Léger, Manon St-Jules et Caroline Yergeau.

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POUR Y ALLER

Quand ? Du 21 au 24 novembre, 19 h 30

Où ? La Nouvelle Scène Gilles Desjardins

Renseignements : nouvellescene.com