Olivier Martineau était une des têtes d’affiche de la soirée d’humour, vendredi soir, au Festival de montgolfières de Gatineau.

Envolées comiques

Anthony Kavanagh, Rachid Badouri, Julien Lacroix et Rosalie Vaillancourt ont fait crouler de rire le public du Festival de montgolfières de Gatineau (FMG), vendredi.

Cette deuxième journée de festival était marquée par le sceau de l’humour.

En effet, à part la présence presque insolite d’Hubert Lenoir — qui n’était pas là pour faire risette, mais pour présenter quelques extraits de Darlène, album-concept pas particulièrement rigolo, qu’il a défendu coincé entre le gala humoristique nocturne et un autre quatuor de mousquetaires facétieux (précédé du groupe Yelo Molo, lui aussi du genre festif et riant) — on s’est franchement bien marré, au parc de La Baie.

Plus tôt en après-midi, Jean-François Provençal, Matthieu Pepper, Yannick de Martino et Arnaud Soly avaient investi la scène secondaire, profitant de la nouvelle formule de « 5 à 7 » conceptuels que le FMG avait mis à leur disposition. Ces quatre mousquetaires-là étaient épaulés par Pierre-Yves Roy-Desmarais à l’animation.

Hubert Lenoir

Sitôt Hubert Lenoir monté sur scène, on a vu la jeunesse se précipiter en grappes jusqu’aux premiers rangs pour profiter du spectacle. Confronté au défi de rajeunir son public, le FMG a vu juste en invitant Lenoir, cet « artiste libre » (c’est ainsi que l’a présenté le porte-parole du festival, Patrice Bélanger, visiblement heureux de pouvoir profiter d’un des derniers spectacles estivaux du jeune homme. Lequel, pour la précision, sera de passage au Minotaure le 21 novembre.

L’androgyne était vêtu d’un t-shirt rose éclatant (qui a pris le bord après une poignée de chansons) et de jeans genre camouflage d’armée. Pas particulièrement maquillé, cette fois, mais ce n’était certainement pas parce qu’il avait cédé aux conseils et mises en garde qu’on avait partagé avec lui avant qu’il ne monte sur scène, en l’invitant à veiller à ce que sa prestation demeure « familiale », à l’image du festival.

Lenoir a donc lancé en retour un avertissement de son cru (d’ailleurs ponctué d’un « F**k ! » tonitruant, pour la forme), laissant deviner tout le ‘bien’ qu’il pensait de la culture lisse et ‘grand public’. Un créateur qui passe son temps à se surveiller et s’autocensurer est sur la pente du divertissement, pas sur le tremplin de l’art, a-t-il convié chacun à méditer. On paraphrase ; sa sortie, trop spontanée, était moyennement bien articulée. Dommage.

Je ne suis pas convaincu que les organisateurs l’ont trouvé drôle, cette saillie-là. N’empêche que j’ai vu du monde pouffer. Finalement, la révélation Radio-Canada 2018 avait sa place, dans cette soirée d’humour.

Dansant, gigotant ou convulsant torse nu, haranguant la foule à l’occasion, se pitchant même dans les bras de la foule pour body-surfer gaillardement vers la fin de sa prestation, la révélation Radio-Canada 208 était très en forme, malgré un dodo d’à peine 25 minutes, la nuit précédente, selon l’aveu même du chanteur.

Il a profité de la nuit qui tombait pour faire découvrir quelques chansons inédites à ses fans et arborer les contrées les plus rock psychédélique de ses paysages glam-rock.

Gala

À 22 h 40, le critique a dû fermer boutique alors que Rachid Badouri, dernier clou du gala, venait à peine de prendre le micro. Le phénomène de l’humour a entamé son segment par des farces sur les stéréotypes arabes que seul quelqu’un d’origine marocaine peut s’autoriser. Et Mike Ward. Lequel en a pris pour son grade dans la foulée. Puis Badouri, plein d’énergie, s’est attaqué à ses voyages en France et à ses souvenirs des flics français.

Juste avant Badouri, Anthony Kavanagh a pris le temps d’expliquer les trucs et recettes des humoristes pour déclencher l’hilarité, éduquant au passage son public sur la dérision, l’autodérision, le second degré et l’ironie. Il s’est amusé à joué à la star internationale, a fait passer la moitié masculine du public pour des colons, s’est trémoussé à la haïtienne et à la zombitienne. Il a chanté façon pop et façon soul. Il a feint de frencher un spectateur, avant de confier qu’il rêvait de se réincarner en femme. Il est fluide. Il est à l’aise. Il est limite gourou-conseiller conjugal. Sympathique et charismatique, certes, mais un peu décousu. Et vraiment pas le plus punché, cocassement parlant.

Julien Lacroix, qui le précédait, a entamé sa prestation par des blagues sur les toilettes publiques, a joué à ni oui-ni non avec un flic, a testé (mais peut-être faisait-il semblant ?) un numéro en franglais que le public frontalier de la rivière des Outaouais a semblé apprécier, et osé une rafale de blagues trash sur l’homosexualité. On espère que les enfants étaient couchés...

La jeune Rosalie Vaillancourt a eu beau se décrire comme une fille « pas sortable », « négative », parano et détesteuse de princesse, elle nous a fait bien rire avec ses airs faussement candides, ses chansons de religieuses et ses blagues sur la sexualité. Lesquelles partagent plus de points en commun qu’on pourrait le croire. Non, pas grand-chose de familial, là non plus...

L’animateur du gala, Olivier Martineau, a quant à lui joué au personnage « pas gentil avec personne », « jaloux des milléniaux » et des furets, et un peu vulgaire sur les bords. Inégal, mais efficace. Mention spéciale à ses digressions autour de Denis Lévesque et de ses invités spéciaux.

Samedi

Demain, samedi 1er septembre, c’est « le » gros show de cette 31e édition du FMG : 30 ans de Rendez-Vous doux, spectacle-concept concocté par Justin Boulet, fils de Gerry, auquel rendent hommage, entre douces danses et confidences, Marjo, Breen Leboeuf, Mario Saint-Amand, France Castel, Roxane Bruneau et le fiston en personne.