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Le directeur général de Réseau Ontario (RO), Martin Arseneau, est convaincu que la première édition virtuelle de COntact Ontarois permettra d’accroître la visibilité des artistes.
Le directeur général de Réseau Ontario (RO), Martin Arseneau, est convaincu que la première édition virtuelle de COntact Ontarois permettra d’accroître la visibilité des artistes.

Édition virtuelle de Contact Ontarois: la confiance «malgré les défis»

Yves Bergeras
Yves Bergeras
Le Droit
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Contact ontarois entame sa toute première édition virtuelle, ce mercredi 13 janvier, sur la plate-forme Swapcard. Bien que le spectacle de clôture, qui entendait réunir six artistes, ait dû être annulé à cause du risque de propagation de la COVID-19, le reste de la programmation est maintenue, donnant à une vingtaine de chanteurs et artistes scéniques l’occasion de briller mercredi et jeudi.

Les spectacles «vitrines», traditionnellement accessibles au grand public, ont été pré-enregistrés – en cherchant à «reproduire le plus possible les conditions du live», précise le directeur général de Réseau Ontario (RO), Martin Arseneau. Ainsi, le public pourra tout de même apprécier, trois soirs durant, une série de performances entrecoupées d’interventions live, en compagnie d’un animateur installé au centre des arts Shenkman.

Pour la liste complète des invités: Contact Ontarois 2021: les artistes en vitrine sont dévoilés

Pour les artistes comme pour les délégués invités à les découvrir, «ce sera tout de même une belle édition», promet Réseau Ontario. 

Pendant quasiment un an, l’organisme qui chapeaute ce «grand marché des arts de la scène» a mis les bouchées doubles pour «relever les défis techniques» et s’adapter à ce nouvel environnement numérique. 

Et, même si elle perd le charme du live, cette édition permet en revanche d’accroître la visibilité des artistes, fait valoir Martin Arseneau. 

En effet, plus d’une vingtaine de diffuseurs d’Europe et d’Afrique assisteront aux prestations depuis chez eux, par le truchement d’Internet, alors qu’il était coûteux pour l’organisme de faire venir ces délégués internationaux à Ottawa et de les loger à l’hôtel, rappelle M. Arseneau. 

Certes, il faut cette année se contenter de la présence virtuelle du public, mais la mission première de RO –  à savoir le rayonnement des arts de la scène francophones, notamment en aidant les artistes à convaincre les diffuseurs de leur ouvrir des espaces de diffusion à long terme – s’en trouve grandement facilitée, estime-t-il. 

Plus de possibilités internationales

«Malgré les défis phénoménaux de cette édition virtuelle, le produit final va être très bien», assure-t-il en rappelant que le succès de Contact Ontarois se juge moins par la présence du public – qu’il soit en ligne ou assis en salle – que sur l’impact des concerts sur les délégués, et les contrats de diffusion qui en découlent. 

«Pour nous, l’important c'est de maximiser l’impact des artistes qui viennent se produire à Contact Ontarois.»

À ce titre, M. Arseneau se montre très confiant, car «on a plus que doublé» le nombre de délégués internationaux: «On a 25 ou 26 inscriptions de France, de Belgique et d’Afrique», qui s’ajouteront aux représentants de la quarantaine de diffuseurs et partenaires canadiens.

Serge Monette, l'un des artistes en performance de Contact Ontarois

Il s’agit de personnes «que nos budgets ne nous permettraient pas toujours d’inviter, normalement», reconnaît-il. «Ou des gens qui nous disaient: "On vous aime beaucoup, mais on ne pourra pas être là." Cette fois, ils vont pouvoir découvrir le potentiel de nos artistes»... et, idéalement, les inviter chez eux, outremer.

Parmi les représentants d’organismes avec lesquels RO a signé ou négocié de récents partenariats, M. Arseneau mentionne le festival Changer d’Air, organisé en banlieue de Lyon, en France, ou le festival d’humour Le Voo Rire, tenu à Liège en Belgique – et approché pour faire rayonner les humoristes émergents et le concours LOL, réservé aux adolescents.

La nouvelle approche virtuelle de RO ne constitue pas une pression supplémentaire sur les finances de l’organisme, qui notamment a pu économiser sur l’accueil et l’hébergement de ses délégués.  

«C’est juste un différent montage financier; on a juste déplacé des budgets», estime M. Arseneau, qui a ainsi pu embauché «plein de techniciens». «On a quand même eu un appui adéquat du gouvernement pour permettre de nous transformer dans cette période COVID», en plus de bénéficier des fonds d’urgence accordés à l’industrie.

40e anniversaire

Comme l’édition 2021 de Contact Ontarois est aussi la 40e de l’organisme, on avait d’abord envisagé de souligner l’anniversaire en grandes pompes: «On mettait le paquet. On avait par exemple prévu un cabaret de l’humour et des vitrines pour la petite enfance. On s’apprêtait à proposer des vitrines extérieures dans le parc devant l’hôtel de ville d’Ottawa. On avait aussi prévu d’organiser des flashmobs.»

La COVID-19 qui se prolongeait a contraint l’organisme à revoir complètement ses plans, témoigne M. Arseneau. RO a d’abord envisagé de tenir une édition hybride, à la fois en virtuel et en présentiel, avant de faire contre mauvaise fortune bon cœur.

Durant l’été dernier, «l’accalmie nous a donné espoir», mais l’option hybride a dû été écartée, les inconnus liés à l’évolution de la pandémie et des mesures de confinement rendant trop compliquée la gestion des opérations logistiques, concède-t-il.

Léa Jarry

«On s’est rendu compte que ce serait très complexe de faire déplacer les artistes d'une région à l’autre. En octobre, on a décidé qu’on serait entièrement virtuel, avec une diffusion live mais sans public; et on a fait pré-enregistrer les spectacles. [...] Notre 40e anniversaire, on va plutôt essayer de le tenir l’année prochaine», résume M. Arseneau, qui tient les rênes de l’événement depuis dix ans.

«Se réinventer» 

«D’année en année, on ajoute des choses à la roue, pour rendre [chaque nouvelle édition] plus performante ou plus au goût du jour. Mais là, il a fallu complètement se réinventer. Et c’est dur d’avancer dans l’inconnu. [Comme] on a toujours fait du live, on ne connaissait pas vraiment les plateformes, on ne savait pas lesquelles allaient le mieux répondre a nos besoins et maximiser» l’impact sur les délégués diffuseurs, explique-t-il.

Leur choix s’est porté sur Swapcard, entre autres parce qu’elle permet aux personnes inscrites de se créer un profil personnalisé, où chacun peut ajouter des informations de contact, et des liens vers des sites Internet.

Tout cela facilite les interactions professionnelles entre artistes et diffuseurs.

Swapcard permet aussi à RO d’administrer des kiosques virtuels et une «salle de contacts» virtuelle qui facilitent les échanges et les prises de rendez-vous. «C’est la plate-forme qui nous donnait le plus l’impression d’être ensemble, même si on est tous éloignés.»

Tout cela constitue donc bien un virage numérique, et non une solution transitoire, ou éphémère. «Il est fort probable qu’on conserve l’idée des captations des vitrines pré-enregistrées, même quand on va retourner en présentiel», lors des futures éditions de RO, mentionne le directeur général de RO.

Funk Lion

Balados et application

En prévision de la présente édition, RO a aussi lancé en décembre #CO2021, une application pour appareils mobiles qui détaille l’ensemble de la programmation, et permet d’en apprendre davantage sur chacun des artistes en vitrine. Elle continuera de servir lors des futures éditions de Contact Ontarois.

RO diffuse a aussi entamé la diffusion d’une série podcasts consacrés aux artistes de sa programmation, signale M. Arseneau.

Ces balados permettent de présenter succinctement chaque artiste et de les découvrir au fil d’«entrevues beaucoup plus personnelles». Ils sont réunis sous le titre Écoutez même de loin, er certains sont déjà disponibles sur les réseaux sociaux de Réseau Ontario.

Renseignements: reseauontario.ca