L’humoriste français Franck Dubosc sera de passage pour la première fois en carrière à Québec, le 19 décembre, pour présenter son spectacle «Fifty/Fifty».

Dubosc sera en spectacle à Québec pour la première fois

Franck Dubosc fréquente le milieu humoristique montréalais depuis des années, mais jamais encore ne s’était-il donné en représentation devant le public de Québec. Il en est le premier étonné et se confond en excuses. «N’être jamais venu, après tout ce temps, je trouve ça tellement ahurissant. Chaque fois, j’ai voulu mais ça ne s’est jamais fait, même si ça me paraissait évident. C’est comme avoir des amis mais n’être jamais allés chez eux pour voir comment leur maison est décorée.»

La décoration de la cité de Champlain, Franck Dubosc connaît quand même un peu pour y être venu en touriste, en plein hiver, il y a une vingtaine d’années. «Il y avait de la neige, il faisait froid, mais qu’est-ce que j’ai aimé ça, même si j’ai perdu mes doigts de pieds...»

C’est le 20e anniversaire de ComediHa! qui lui fournit le prétexte idéal pour présenter son spectacle Fifty/Fifty, le 19 décembre, au Grand Théâtre. L’humoriste au regard bleu enfilera son costume d’éternel séducteur faussement macho, dans un concept où il dissèque les bons et moins bons côtés de la cinquantaine.

Au beau milieu de cette décennie, il est bien placé pour en parler. «Si j’aime la cinquantaine? Très honnêtement, non, mais je m’offre le luxe de vous faire croire que je l’adore, confie-t-il en entrevue téléphonique depuis Paris. Ce qui est formidable pour nous, les artistes, c’est qu’on peut mentir au public même s’il sait pertinemment qu’on ment.»

Ce one-man show ne portera pas uniquement sur les hauts et les bas de la vie de quinqua. Fifty/Fifty — «je vais dire 50/50 pour vous...» — parle également de sa vie partagée entre deux univers. Marié depuis dix ans avec une Libanaise, l’humoriste a deux fils (de 9 et 6 ans) moitié arabes moitié français. «Et il y a moi, moitié adulte, moitié enfant.»

Dubosc avoue d’ailleurs sans ambages qu’il «aime déconner» à plein, ce qui lui procure l’impression d’une éternelle jeunesse. «Chaque fois, je me dis que je vais arrêter la scène, parce que c’est beaucoup de pression, beaucoup d’éloignement de mes enfants, mais je n’y arrive pas. L’adrénaline que ça me donne m’est indispensable. Ça me garde jeune. Quand on 50 ans, oui, on est peut-être vieux pour les jeunes, mais mon dieu ce qu’on est jeune pour les vieux.»

Pas de vulgarité

Ce nouveau spectacle ne sera pas identique à celui qui a fait courir quelque 200 000 spectateurs français. Son auteur a gommé les numéros de son personnage dragueur de Patrick Chirac, vedette des quatre films Camping, «pas très parlant pour le Québec», même si le public d’ici, ajoute-t-il, en est un «très affuté, très connaisseur».

Ne comptez pas sur lui pour succomber aux gags en bas de la ceinture. La vulgarité n’est pas sa tasse de thé. Une autre métamorphose qu’a apportée chez lui la cinquantaine. «Je fais de moins en moins de grivoiseries parce que ça ne me fait pas tellement rire, sans doute à cause de l’âge. Et aussi parce que ça ne fait pas rire ma femme.»

Entre scène et grand écran

Avec un curriculum garni d’une quarantaine d’apparitions au grand écran, l’humoriste ne voit pas le jour où il tirera un trait sur sa carrière d’acteur. Entre le cinéma et la scène, son coeur balance. «Je n’arrive pas à me passer ni de l’un ni de l’autre.» À preuve, il commencera la semaine prochaine le tournage de Dix jours sans maman, de Ludovic Bernard, et à l’automne, du Sens de la famille, de Jean-Patrick Benes.

Et dans un an, il se retrouvera devant et derrière la caméra pour un scénario de son cru, Rumba la vie, histoire d’un père qui, après avoir abandonné sa fille lorsqu’elle était bébé, décide de s’inscrire dans le cours de danse où elle est professeure, en se faisant passer pour un client.

Entre temps, Franck Dubosc trépignera à l’idée de venir passer les prochaines Fêtes au Québec, avec sa petite famille, dont ce sera la première visite ici. «Vous pouvez pas savoir, ceci dit sans flagornerie, comment je suis fier et heureux de venir enfin jouer à Québec, vraiment (…). Je me prépare, ne vous inquiétez pas, j’ai déjà acheté mes anoraks.»