La pièce de théâtre «Doggy dans Gravel» sera présentée les 7 et 8 décembvre prochains, à la Nouvelle Scène.

Doggy dans Gravel: ce soir, on «frenche»

«Fuck» la vente de chocolat : ce soir, on «frenche». Plutôt que de récolter des fonds pour leur voyage humanitaire, cinq scouts de 17 ans préfèrent s’affranchir. Les cinq accros au 3G, avides d’expériences, d’alcool, d’amour et d’une sexualité crue comme la porno, filent sur leur trottinette à Saint-Polycarpe pour s’éclater à un après-bal grotesque où seront caricaturés les extrêmes de la génération Y.

Doggy dans Gravel, pièce de théâtre déjantée du Québécois Olivier Arteau, enverra ses 11 comédiens de l’autre capitale « trasher l’champ d’maïs » de La Nouvelle Scène les 7 et 8 décembre.

La production éclatée intéressera tant les adultes que les adolescents. Le metteur en scène de 26 ans tend ici un miroir tordu et espiègle à sa génération, une pléthore de références à la culture pop à l’appui. Comme l’illustre Olivier Arteau avec humour, si les individus étaient le résultat de ce qu’on leur donnait à consommer, ils seraient « ces monstres-là sur la scène ». De jeunes milléniaux de la génération « YOLO » stéréotypés à l’os, qui consomment par intraveineuse tout l’uncensored et la porno qu’Internet a de collés dans la toile.

Résultat du mélange de ces images crues avec leur candeur adolescente — et leurs préjugés abrutis —, la quête urgente des personnages de vivre leur sexualité finit par soulever des questions sur le consentement et la culture du viol. Celles-ci sont décochées du tac au tac dans une joute verbale franglaise sans filtre. Oreilles prudes s’abstenir.

Semblable à une divagation sur YouTube en plusieurs « tabs », la pièce est construite comme une succession de dialogues et de vidéoclips tronqués. Les spectateurs ont peu de répit, et les interprètes encore moins. « C’est la vitesse à laquelle on nous impose de vivre. Beaucoup de choses sont éphémères, donc on sent qu’on doit vivre et consommer à toute vitesse, explique Olivier Arteau. Mais c’est surtout propre à l’adolescent qui essaie de se bâtir une identité qui sera solide. »

Dans l’univers du jeune metteur en scène, le théâtre est un sport qui se doit d’être exigeant. « Pour moi, la parole, c’est ce qui nous permet d’avoir un rapport intelligible avec les gens. Ça n’exprime pas nécessairement ce qu’on ressent », pas plus que les images d’eux-mêmes que les jeunes essaient de projeter. Par ailleurs, la pièce finit avec des acteurs couverts d’une sueur qui fait couler leur maquillage inspiré des poupées Bratz, de façon à ce que l’on finisse « par voir l’humain qui se cache derrière le masque que l’on s’impose quand on est adolescent. »

Doggy dans Gravel a été présenté pour la première fois au festival Fringe de Montréal en 2015, alors que la troupe étudiait encore au conservatoire. Depuis, la production du Théâtre Kata a reçu le MainLine Creativity Award (2015) ainsi que des nominations dans la catégorie Meilleure écriture du Prix de la critique de l’Association québécoise des critiques de théâtre (2017) et au prix Françoise-Graton (2018).

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POUR Y ALLER

Quand ? 7 et 8 décembre, 19 h 30

Où ? La Nouvelle Scène

Renseignements : nouvellescene.com