Hélène Bourgeois-Leclerc est émue de monter sur scène mercredi et jeudi à Gatineau où elle a grandi.

Des matins nostalgiques

Après plus d’une quarantaine de représentations depuis les Francofolies de Montréal l’année dernière, l’incontournable théâtre musical Demain matin, Montréal m’attend a débuté sa tournée à travers le Québec et s’arrêtera les 4 et 5 avril à la salle Odysée à Gatineau. Une distribution de 21 artistes dont fait partie la comédienne Hélène Bourgeois-Leclerc.

Plus de 45 ans après la première représentation – en 1970 au Jardin des Étoiles de Terre des Hommes – le succès de Demain matin, Montréal m’attend, la pièce de Michel Tremblay mise en musique par François Dompierre, est toujours au rendez-vous. Et pour la comédienne Hélène Bourgeois-Leclerc, qui se glisse depuis plusieurs mois dans la peau de Lola Lee, cet engouement est simple à justifier.

« C’est du Michel Tremblay, c’est intemporel, lance-t-elle. Ce sont des mots, des émotions, des histoires qui vont toujours être d’actualité parce que ça parle de l’humain, de son cœur, de ses désirs, de ses désillusions », rappelle celle qui partage la scène avec Laurent Paquin (Duchesse), Benoît McGinnis (Marcel Gérard, journaliste), Kathleen Fortin (Betty Bird) et Marie-Andrée Lemieux (Louise Tétrault).

Campée dans le monde de la nuit du Montréal des années 1970, la pièce suit pendant près de deux heures les ambitions de Louise Tétrault, une jeune fille de campagne qui décide de tenter sa chance comme chanteuse à Montréal. Elle demande l’aide de sa grande sœur Lola Lee, mais cette dernière, endurcie par sa carrière de chanteuse de cabaret sur la Main (et de peur de perdre sa place au sommet) fera tout pour décourager sa cadette.

« C’est un personnage que j’adore, lance Hélène Bourgeois-Leclerc à propos de Lola Lee. Évidemment, je ne m’y retrouve pas, parce que j’ai l’impression d’avoir encore ma place. Et je ne vois pas la carrière comme un chemin où je dois tasser les autres pour avancer. Mais dans le milieu culturel québécois, où il y a très peu d’élus, je comprends que Lola Lee veuille garder sa place jalousement. C’est aussi une forme de plaidoyer pour le travail, la rigueur, l’amour de ce qu’on fait dans la vie. »

Conserver l’ambiance nostalgique

En revisitant la pièce musicale, le metteur en scène René Richard Cyr a pris soin de conserver l’esthétique d’origine des années 1970. « Tous les costumes, les décors, les chorégraphies et même l’éclairage ont une chaleur très nostalgique. Tout a été pensé pour rester dans un univers qui n’existe plus, mais qui résonne encore aujourd’hui », précise la comédienne.

En effet, bien qu’écrite dans les années 1970, en s’inspirant du monde de la nuit de la métropole, la pièce semble toujours trouver écho de nos jours. « Le vedettariat à tout prix, le besoin d’exister dans le regard des autres, le besoin de quitter un monde qui ne nous convient plus pour aller vers des aspirations qui sont souvent illusoires... Ça peut difficilement être plus d’actualité, avec les réseaux sociaux, les Instagram de ce monde et les vedettes instantanées des télé-réalités », estime Hélène Bourgeois-Leclerc.

«Quand je viens jouer à Gatineau, j’ai l’impression d’aller chez nous, même si je n’y habite plus depuis plus de la moitié de ma vie», confie la comédienne Hélène Bourgeois-Leclerc

La comédienne qu’on peut également retrouver dans la série District 31 vit ici sa première expérience de théâtre musical. Elle avait d’ailleurs confié en septembre être hors de sa zone de confort, mais une quarantaine de représentations plus tard, elle estime être plus détendue. « Je suis toujours à l’extérieur de ma zone de confort, mais j’ai lâché prise sur la volonté d’atteindre une note parfaite, reconnait-elle. Avec René Richard Cyr, on a travaillé sur le fait que ce n’est pas moi qui chante, mais Lola Lee. Et, Lola Lee n’est plus la jeunesse et la perfection qu’elle a déjà été. Ça m’a amené une détente dans le jeu et ça me fait du bien. »

À mi-chemin entre la comédie musicale et le théâtre, les chansons ne sont pas omniprésentes, mais gageons qu’après avoir vu cette pièce musicale on aura en tête, tel un ver d’oreille, l’air de Demain matin, Montréal m’attend jusqu’au lendemain.

La tournée devrait s’achever à la mi-mai. La comédienne, qui a eu une année occupée, entre les tournages de District 31 et le théâtre, n’envisage pas de projets à court terme. « Mon prochain projet ce sont mes vacances », conclut-elle alors qu’elle s’apprêtait à monter sur les planches à Québec.

POUR Y ALLER

Quand ? Mercredi 4 et jeudi 5 avril à 20 h

Où ? Salle Odysée (855, boulevard de la Gappe, Gatineau)

Renseignements : salleodysee.ca ; 819-234-2525