Le plan demande au gouvernement fédéral d’aider les festivals à demeurer sécuritaires, à un moment où la croissance des coûts en matière de sécurité «représente désormais (pour eux) un poids important».

Des festivals demandent l’aide d’Ottawa pour assurer leur croissance

MONTRÉAL — Une quarantaine de festivals et événements d’un peu partout au Québec et au Canada se sont unis pour demander l’aide du gouvernement fédéral, notamment pour pallier la hausse importante des coûts en sécurité qu’ils ont subie au fil des ans.

Un plan à cet effet a été soumis à Ottawa par les associations Festivals et Événements Majeurs Canada (FAME) et le Regroupement des événements majeurs internationaux (RÉMI).

Le plan demande notamment au fédéral d’aider les festivals à demeurer sécuritaires, à un moment où la croissance des coûts en matière de sécurité «représente désormais (pour eux) un poids important».

«Parmi les membres de Festivals et Événements majeurs Canada au cours des cinq dernières années, on a eu une augmentation des frais de sécurité de 60 %, affirme Martin Roy, président-directeur général du RÉMI et directeur général de FAME. Il y a un moment où pour nous, ça devient plus possible, sans mettre en cause d’autres postes budgétaires, de maintenir ce rythme-là.»

Les menaces terroristes qui ont frappé des festivals, salles de spectacles et événements au cours des dernières années un peu partout dans le monde ont fait en sorte que les organisateurs d’événements n’ont eu d’autres choix que de hausser les mesures de sécurité, ce qui peut se traduire par l’ajout d’équipements ou de main-d’oeuvre.

«Ça peut vouloir dire des détecteurs de métal, des caméras de surveillance. Même cet été on me rapportait qu’au Festival d’été de Québec, il y avait des drones qui survolaient la foule, alors ça nécessite maintenant des détecteurs de drones. C’est le genre d’équipement dont il faut se doter», souligne M. Roy.

Il aimerait voir le gouvernement fédéral élargir l’accès au Programme de financement des projets d’infrastructure de sécurité pour les collectivités à risque afin que les festivals et les événements puissent y être admissibles et recevoir de l’aide.

Le groupe souhaite également obtenir un programme fédéral spécifique aux festivals et événements dont la capacité de générer de l’activité touristique et économique est avérée ou prometteuse, comme il en existe déjà un au Québec et en Colombie-Britannique.

Enfin, les associations estiment que les budgets des volets venant en aide aux festivals à l’intérieur du Fonds du Canada pour la présentation des arts et du programme Développement des communautés par le biais des arts et du patrimoine ne répondent plus depuis longtemps à la demande et nécessitent un réinvestissement.

M. Roy souligne que les festivals génèrent d’importantes retombées économiques, notamment en attirant des touristes d’un peu partout dans le monde. Mais les événements, surtout s’ils offrent une programmation gratuite, n’obtiennent pas leur part de ces retombées, estime-t-il, et il souhaite que le gouvernement joue, en quelque sorte, le rôle d’un redistributeur.

«Je dis toujours à tous ceux qui s’intéressent aux problèmes que vivent les festivals et les événements que ces problèmes-là vont être résolus le jour où tout le monde qui profite de l’industrie des festivals et des événements va accepter d’en remettre un petit peu dans le système pour que la roue tourne.»

FAME et le RÉMI représentent 46 festivals et événements allant du Festival international de jazz de Montréal au Festival international du film de Toronto, en passant par le Carnaval de Québec, le Festival western de Saint-Tite et l’International de montgolfières de Saint-Jean-sur-Richelieu.

Martin Roy a indiqué que l’association a présenté à Ottawa, dans le cadre des consultations prébudgétaires, un mémoire reprenant les demandes des festivals et événements.

«On a été bien reçu, souligne-t-il. On va espérer que dans le budget de février ou mars 2019, on trouve certaines des mesures que l’on propose, sinon toutes.»