Def Leppard a interprété tous ses succès au cours d’un court spectacle de 90 minutes – y compris le rappel.

Def Leppard se déchaîne à Ottawa

CRITIQUE / Avec plus de 65 millions d’albums vendus dans le monde, Def Leppard n’a plus besoin de carte de visite pour se présenter. Après Québec et Montréal, les rois du hard rock « mélodique » se sont arrêtés au Centre Canadian Tire (CCT) d’Ottawa, vendredi soir.

Quand la scène s’est éclairée, c’était pour accueillir le groupe de hard rock Tesla. Profitant d’une plage de 60 minutes, le band originaire de Sacramento formé en 1984 s’est donné à fond. Le quintette qui vient de sortir un nouvel album, Shock, en mars dernier, surfe sur la vague que leur a offerte Def Leppard.

On peut dire que Tesla nous a servi toute une mise en bouche en ouverture de cette soirée baignée dans le hard rock et les power ballads. Soulignons que ce dernier effort en studio a été réalisé par le « leppardien » Phil Collen.

Après cet échauffement de haut niveau, Def Leppard a foulé les planches du CCT sur les premiers riffs de Rocket, tiré de l’album Hysteria. On en était même pas rendu au refrain que les Leppards avaient déjà la foule dans leur petite poche.

Joe Elliot et sa meute étaient en grande forme. Ces temps-ci, les Britanniques enfilent les spectacles dans cette tournée canadienne de 11 villes. Samedi, ils seront à Hamilton.

Tous les gros hits des Léopards y sont passés dans cette trop courte soirée – le spectacle a duré 90 minutes y compris le rappel.

Après Rocket, Animal et Excitable ont suivi en rafale. Après ces trois chansons, Elliot y est allé d’un « Bonsoir Ottawa, comment ça va ? » En français svp. D’ailleurs, le frontman a bien tenté de lancer une discussion en français avec une spectatrice, mais peine perdue. « She don’t speak french! », a-t-il dit, un peu déçu.

Les cinq vieux rockeurs n’ont rien à envier aux jeunes loups du rock. Leur fougue, leur professionnalisme et leur évidente complicité sur scène enchantent encore les foules.

Pour en revenir au spectacle, ce fut un feu roulant de succès du groupe originaire de Sheffield, en Angleterre. Let’s Get Rocked, Two Steps Behind, Love Bites, Hysteria et le classique Pour Some Sugar on Me étaient bien inscrits sur le setlist.

La version de la pièce Rock On, de David Essex, était particulièrement réussie. On a beaucoup aimé aussi le solo de batterie de Rick Allen et surtout l’ovation monstre qui s’en est suivie.

Pendant l’interprétation de Hysteria, l’écran géant défilait des photos d’archives et des images de différents spectacles de Def Leppard au fil du temps. On a vu de nombreuses photos et images du regretté guitariste Steve Clark, décédé en 1992. Vivian Campbell, qui a remplacé Clark, a de son côté offert toute une performance en ce chaud vendredi soir.

L’autre guitariste, Phil Collen, a aussi été à la hauteur, lui qui aime encore nous montrer ses pectoraux saillants. À 62 ans, le bonhomme en a rendu plus d’un jaloux ! Enfin, le bassiste Rick Savage est toujours aussi démonstratif. Le grand blond de 59 ans ne tient littéralement pas en place.

Le spectacle de Def Leppard n’aura pu être complet sans un rappel qui a suivi une longue, très longue ovation.

Pour remercier les milliers de fans entassés dans le CCT, les Leppards leur ont offert Rock of Ages et Photograph.

Les cinq vieux rockeurs n’ont rien à envier aux jeunes loups du rock. Leur fougue, leur professionnalisme et leur évidente complicité sur scène enchantent encore les foules. Et que dire des voix ? Joe Elliot n’a plus le falsetto d’antan, mais il chante encore très juste. Quant aux autres musiciens, les chœurs qui ont fait la réputation du groupe sont toujours aussi impressionnants.

Tout comme les 12 000 ou 13 000 personnes réunies pour cette grand-messe du hard rock, on est sorti du CCT enchanté — avec quelques bourdonnements dans les oreilles !