Jimmy Bourgoing, ancien batteur et l’un des membres fondateurs des Colocs.

«Dédé aurait été renversé»

«Ce soir, j’ai tellement aimé nos tounes. Et je peux vous garantir que Dédé aurait été renversé de voir ce show, et touché par chacun des artistes sur scène. Mon cœur est rempli.»

C’est en ces mots que Jimmy Bourgoing, ancien batteur et l’un des membres fondateurs des Colocs, a réagi mercredi soir, quelques minutes à peine après avoir assisté au spectacle Juste une p’tite nuite, l’hommage aux Colocs du Cirque du Soleil, présenté à l’Amphithéâtre Cogeco.

Le musicien âgé aujourd’hui de 56 ans a particulièrement été touché en entendant l’interprétation de Dehors novembre, une mélodie et un beat qu’il avait lui-même composés à l’âge de 16 ans, qu’il a repris un soir dans un chalet en compagnie de Dédé Fortin, qui a été envoûté par ces notes qui sont devenues un des grands classiques du groupe.

Jimmy Bourgoing portait un t-shirt sur lequel le visage caricaturé de Dédé Fortin apparaissait. «Je l’ai mis sur moi pour qu’il puisse voir le show avec moi», a-t-il relaté, ému.

À la fois festif et nostalgique, le spectacle Juste une p’tite nuite laisse place à de grands moments d’émotions et de réflexion de par la richesse des œuvres du mythique groupe, mais aussi avec en toile de fond un destin tragique que l’on connaît désormais, qui ne résonnait pas forcément à nos oreilles lorsque les membres pouvaient se rassembler sur scène.

«Je n’en reviens pas. Je savais que le Cirque du Soleil pouvait faire des choses grandioses, mais là je suis sur le cul! Je suis hyper ému. J’ai pu voir Dédé dans ce show, j’ai entendu l’harmonica de Pat (Patrick Esposito di Napoli, autre membre du groupe décédé en 1994 du Sida). Ce sont des gars qui me manquent énormément. J’ai beaucoup pleuré», indique Jimmy Bourgoing, qui semblait encore secoué et renversé quelques minutes après le spectacle.

Le musicien, qui a vaincu un cancer l’an dernier, n’a pas caché à quel point ce spectacle l’avait rendu nostalgique de ses amis disparus, lui qui semble plus que jamais mordre dans la vie et qui deviendra papa en septembre prochain.

L’émotion était tout autant palpable pour le reste de l’équipe de création, à commencer par Daniel Fortin, vice-président création au Groupe Cirque du Soleil. «Je suis très ému, c’est grandiose ce que vous avez fait. Vous avez rempli nos cœurs», indique celui qui a tenu à souligner particulièrement le travail des techniciens dans ce spectacle. «Il y a un autre show qu’on ne voit pas derrière ce show», relate-t-il.

Le metteur en scène Jean-Guy Legault indique à quel point il était content de voir le public recevoir la charge émotive de la poésie de Dédé Fortin. «Définitivement, ça a été un groupe important, une comète qui a laissé derrière elle une traînée de poussière dont on voit encore la trace aujourd’hui», mentionne-t-il.

Pour la Corporation des événements de Trois-Rivières, ce spectacle s’inscrit parmi les grands qui ont été présentés à l’intérieur des murs de l’Amphithéâtre. Le président, Roger Picard, s’est même avancé à dire que pour lui, cet opus dépassait tous les autres présentés à ce jour.

«On a fait la fête avec la larme à l’œil. J’ai ri, j’ai fêté, j’ai pleuré, j’ai réfléchi», mentionne pour sa part le directeur général, Steve Dubé.