Festival franco-ontarien

Début pluvieux pour le Franco [PHOTOS]

Mère Nature n’était pas d’humeur festive jeudi soir. Ce qui n’a pas empêché le 44e Festival franco-ontarien de connaître un début haut en énergie, gracieuseté du DJ Unpier et de sa programmation hip-hop vitaminée.

Pleurs dans la pluie, ou Singing in the Rain ? S’il avait fallu décider d’une trame sonore pour illustrer l’ambiance au parc Major’s Hill, le choix évident aurait été la deuxième chanson — mais en version électro, et en français s’il vous plaît. Parce que la pluie a l’effet de dissuader les indécis, seuls des résistants répondaient « présent » au début du spectacle. En imperméables et bottes de caoutchouc, d’irréductibles festivaliers dansaient avec énergie dès l’arrivée d’Alaclair Ensemble, premier d’une série d’artistes hip-hop. Le sextuor de Québec lui aussi était d’humeur festive. L’article mode de la soirée : le sac-poubelle, porté par Maybe Watson. La même fashion victim qui, dans la chanson Passerelle, scande avec attitude (et beaucoup d’humour) que « pas de style c’est mon style ».

La foule a rapidement grossi pour atteindre les quelques centaines de spectateurs en milieu de soirée, alors que les averses se dispersaient. En moyenne, le Festival franco-ontarien accueille près de 3500 visiteurs chaque soir, affirme le directeur artistique de l’événement, Laurent Vandeputte. « Ça fait trois années que le jeudi, il pleut. Avant, on se vantait que Dame Nature était franco-ontarienne, mais là, elle nous a boudés ! » a-t-il illustré en riant.

Premier de trois spectacles « carte blanche », l’organisation de la fête de jeudi avait été confiée au DJ Unpier. En plus d’Alaclair, l’alias de Pier-Bernard Tremblay avait invité sur scène FouKi, Sarahmée et Lady Beats, ainsi que Laurence Nerbonne, originaire d’Aylmer, et les Ottaviens Le Flo Franco et Marie-Clo. Mitsou aussi devait être de la fête — mais un « conflit d’horaire majeur » l’en ayant empêchée, Jacobus, Caracol et Cindy Doire ont été appelés en renforts.

Le concept « carte blanche », qui confie à trois créateurs la direction artistique d’un spectacle collectif chacun, était mis de l’avant pour la deuxième année. Parmi les critères : inclure un certain nombre d’artistes franco-ontariens, et mêler les têtes d’affiche aux artistes de la relève.

« Il y a une magie qui se crée », a ajouté M. Vandeputte. Grâce aux rencontres engendrées par ce concept, « ils ont plus de chances de travailler ensemble dans d’autres mandats. » Le parc Major’s Hill en aura vu un exemple : la chanson Red Flag, collaboration entre DJ Unpier et Marie-Clo, que l’ancienne danseuse compétitive a livrée tant avec sa voix que son corps, flanquée de deux collègues danseurs.

Alors qu’on aurait cru que Laurence Nerbonne ou Alaclair Ensemble auraient volé la vedette, un nom était sur toutes les lèvres : « FouKi ! » C’est le rappeur de 21 ans que de jeunes adultes accouraient voir dès l’ouverture du festival. C’est aussi pour lui qu’Amélie Contreras-Salois et Alice Raymond, l’une étudiante au cégep, l’autre au secondaire, ont bravé les éléments et traversé la rivière des Outaouais en bus. Les deux l’admettent, elles venaient « un peu » pour Alaclair - mais c’est surtout le MC et messie « zay » que les amies attendaient de pied ferme. « C’est ma deuxième fois au festival, détaille Amélie. C’est vraiment un beau festival ! C’est petit, mais ça a son charme. » Ça permet de mieux voir les spectacles ? « Exactement ! Il a ses avantages, tout à fait ! »

La fête se continuera vendredi soir. Plastic Bertrand y planera, aux côtés de Xavier Caféïne, Radio Radio, Ludovick Bourgeois, Miriam Baghdassarian, Les Rats d’Swompe et Marie-Clo.