La voix des Talking Heads, David Byrne, sera de la 25e édition du Festival folk d’Ottawa, du 12 au 16 septembre prochain.

David Byrne et nostalgie au CityFolk

Le visage et la voix des Talking Heads, David Byrne, sera l’une des têtes d’affiche du prochain CityFolk d’Ottawa.

Les organisateurs du Festival folk d’Ottawa dévoilent ce mercredi matin la programmation de sa 25e édition, qui s’étendra sur cinq jours du 12 au 16 septembre. Le CityFolk, qui a papillonné longtemps dans différents lieux de la capitale, conservera son emplacement actuel, le parc Lansdowne, pour une quatrième année d’affilée.

La présence de David Byrne réjouit le directeur artistique du CityFolk, Mark Monahan : « Ça fait des années qu’on lui propose de venir, même s’il ne fait plus beaucoup de tournées.

«Plusieurs des noms qu’on a réussi à réserver figuraient sur notre liste de souhaits depuis plusieurs années déjà», ajoute-t-il, «convaincu que la programmation de cette année va provoquer tout un buzz parmi les fans de musique d’Ottawa».

On peut attendre de Byrne un mélange de classiques et de pièces toutes récentes, puisque Byrne a fait paraître en mars dernier un nouvel album solo, American Utopia (produit entre autres par Brian Eno), après 14 ans de silence studio.

Il s’agit d’une première mouture de la programmation – incomplète, mais déjà alléchante, malgré l’absence criante du moindre artiste francophone (si l’on fait abstraction du fait que Luke Doucet et Melissa McClelland, qui forment le duo folk-rock Whitehorse, sont assez francophiles pour avoir endisqué six chansons francophones).

Andy Shauf et Ben Caplan
Dans cette liste d’une trentaine de noms, cinq en particulier captent notre attention : la troupe britannique de Belle and Sebastian, les rockeurs américains de The Decemberists et la voix des Doobie Brothers, Michael McDonald, ainsi que deux auteurs-compositeurs canadiens : le lauréat du prix Polaris 2016 Andy Shauf et le très déjanté Ben Caplan.

Le CityFolk recevra en outre le folk-rockeur irlandais Hozier, la chanteuse Terra Lightfoot (qui était en nomination au gala des prix Juno tenu en mars dernier) et deux jolies voix de la musique country indé : Lindi Ortega et Whitney Rose, deux Canadiennes qui font carrière aux États-Unis.

Contrairement à l’édition 2016, où l’on a pu voir débarquer Post Malone, cette 25e édition n’a pas de vedette du hip-hop susceptible d’appâter la clientèle étudiante, à l’heure du retour à l’école. Mais Mark Monahan a pensé à ce «jeune public» en invitant l’Australien Nick Murphy (alias Chet Faker), le Torontois Allan Rayman (un «chouchou» déjà invité en 2017) et le quatuor islandais Kaleo (qui a fait la première partie des Lumineers durant la tournée nord-américaine du groupe, qui s’est arrêté au Centre Canadian Tire l’an dernier), expose M. Monahan.

Édition nostalgique
La pelouse du parc Lansdowne (ou le pavillon Aberdeen, hôte de la seconde scène) verra passer le Tedeschi Trucks Band (qui était à Ottawa en 2014, dans le cadre du Jazzfest) ; Janis Ian ; Steve Earle & The Dukes; Trampled By Turtles; Tune-Yards ; Colter Wall; Flint Eastwood; Dave Alvin & Jimmie Dale Gilmore; William Prince ; Chris Smither ; Skydiggers et Mt. Joy. Sans oublier les vétérans de Humble Pie, ni un grand hommage collectif au songwriter Gene Clark, souligne le directeur artistique.

Car cette édition anniversaire sera branchée sur «la nostalgie». Elle soulignera d’ailleurs son quart de siècle d’existence à travers une exposition retraçant, en photos, en articles de presse et en extraits musicaux «la riche histoire du Ottawa Folk Festival».

On peut s’attendre à des «performances» de plusieurs invités des précédentes éditions, a laissé entendre M. Monahan, en avançant les noms de quelques musiciennes originaires d’Ottawa – dont Lynn Myles et Kelly Prescott – de solide réputation, dont la carrière a humblement démarré sur les scènes du Marvest – sorte de festival ‘off’ du CityFolk, dédié au talent local.

Le CityFolk ne serait pas complet sans son traditionnel Marvest, qui s’efforcera encore une fois de moissonner le meilleur de la musique d’Ottawa-Gatineau. Le Marvest, qui se fragmentera sur différentes scènes le long de la rue Bank, demeure complètement gratuit. Les noms des artistes invités, comme les bars qui les accueillent et les horaires de leurs prestations, seront annoncés ultérieurement.

Le trio blues (junoïsé) d’Ottawa MonkeyJunk montera quant à lui sur l’une des deux scènes «officielles» du CityFolk.

Pas de francophone
Le manque d’artistes francophones, voilà toutefois «un problème qui nous tient à cœur et qu’on essaie de corriger. [...] On doit vraiment s’améliorer», convient le programmateur. Il explique cependant que, par expérience, un chanteur francophone n’attire pas systématiquement une foule franco, et que le concert ayant attiré le plus de francos était... le groupe de rock Rush (qui n’a guère de chansons en français à son répertoire).

Le prévente de billets démarre jeudi 24 mai à 10 h. Cette offre promotionnelle dure jusqu’à vendredi midi, le 25. Ils sont disponibles sur le site cityfolkfestival.com.