Dans les coulisses de Casse-Noisette [VIDÉO]

Le temps des fêtes est synonyme de tradition. Ainsi chaque année, le Centre national des arts présente Casse-Noisette. Cette année, ce sera la version du Royal Winnipeg Ballet (RWB) qui transportera du 4 au 8 décembre les spectateurs dans cette féerie hivernale. Le Droit a rencontré des petites mains qui apportent leur touche de magie à ce ballet magique.

« Retrouver un vieil ami »

La trompettiste solo Karen Donnelly qui a rejoint l’Orchestre du CNA en 1996, interprètera pour une 24e saison une des plus célèbres œuvres du compositeur russe Tchaïkovski. « Casse-Noisette, c’est comme un vieil ami qui annonce le début du Temps des fêtes. »

Karen Donnelly

Bien qu’elle connait l’œuvre par cœur, la musicienne s’exerce dès le lendemain de l’Halloween. « Il y a deux parties pour la trompette qui sont plus exigeantes : Le Chocolat et le jouet trompette dans l’acte I. Il faut une préparation physique, parce que ça demande beaucoup de puissance pour les lèvres et le corps. Et la semaine de représentations est assez fatigante », confie la trompettiste.

Si ça fait 30 ans qu’elle côtoie musicalement Casse-Noisette, Karen Donnelly, comme beaucoup des musiciens de l’orchestre n’a jamais eu l’occasion de voir de voir le ballet.

Les musiciens de l’orchestre étant installés dans la fosse sous de la scène, ils doivent se laisser guider par le chef pendant près de deux heures. « Pour rester concentrée, j’écoute davantage une section, celle des clarinettes par exemple. J’essaye de ne jamais être en mode pilote automatique parce que c’est là, qu’on fait des erreurs », explique-t-elle.

« C’est dans les doigts »

Julia MacLaine a rejoint la section des cordes de l’Orchestre du CNA il y a 5 ans. La violoncelliste qui compte plus de 20 ans de pratique, a déjà joué une petite suite de Casse-Noisette avec l’Orchestre symphonique de l’Île-du-Prince-Édouard. « Quand je suis arrivée ici, je ne savais pas que c’était le ballet au complet qu’on jouait », confie l’assistante violoncelle solo.

Julia MacLaine

Et la musicienne avoue ne plus avoir besoin de préparation. « C’est dans les doigts ! lance-t-elle. Les passages difficiles je les ai appris dans mes premières années. On aura juste une répétition et tout le monde sera prêt. »

D’ailleurs, l’Orchestre et les danseurs du RWB n’auront que deux répétitions pour s’accorder et s’assurer que tout est parfaitement réglé. « C’est joué chaque année, rappelle violoncelliste. Donc, on connaît tous l’œuvre super bien. »

Le Pas de deux est un des passages magiques du ballet-féerie, mais il est aussi celui où les cordes sont mises de l’avant. « C’est super beau, mais c’est un peu stressant pour nous, parce que la musique de Tchaïkovski est assez riche pour les cordes. C’est à ce moment que la harpe entre et ensuite la section de violoncelles. Et on est soudainement exposés. Mais c’est magique. »

Une logistique bien rodée

Accueillir la production du RWB au CNA est réglé comme du papier à musique. « On le fait chaque année, il n’y a plus vraiment de surprises, on sait où tout va », indique le directeur technique de Danse CNA, Charles Cotton, qui coordonne pour la 29e et dernière fois, avant sa retraite.

Charles Cotton

Pour ce dernier « la grosseur du show se compte en camion ». Et le RWB débarque à Ottawa à bord d’un camion. À titre de comparaison, le Casse-Noisette du Ballet national de Toronto était arrivé avec sept camions. « Le RWB vient avec ses éléments de décor, ses accessoires, ses costumes. La compagnie utilise nos éclairages, notre plancher résilient. Ils viennent également avec leur personnel qui supervise mon équipe », précise le directeur technique.

Dès que le camion arrivera lundi soir, une quarantaine de techniciens du CNA s’activera pour accrocher le décor, régler l’éclairage. « Mercredi après-midi, il y a une répétition rapide. Le soir, il y a une autre répétition avec l’orchestre. Jeudi matin, on garde ça libre pour les imprévus. L’après-midi, c’est la générale. Et le soir même, on ouvre », énumère M. Cotton.

Garder son sang-froid

Des centaines de petites mains s’affairent en coulisses pour que tout soit magnifique à l’avant-scène. Linda Dufresne est l’une d’entre elles. L’habilleuse qui travaille depuis 30 ans sur Casse-Noisette en a recousu des bretelles, racommodé des petits trous, ou encore usé d’épingles à ressort.

Et la petite équipe de huit habilleuses se mettra en branle dès l’arrivée des costumes. « On doit les préparer pour la première : les laver si nécessaire, les assigner, faire les altérations des costumes des enfants. Ça prend deux jours complets pour que tout soit prêt », indique Linda Dufresne.

Et le même manège se répète quotidiennement. « Il y a beaucoup de lavage avec un ballet. Après chaque spectacle, on lave et on redistribue tous les costumes, les collants, les manteaux. Les robes sont repassées chaque fois à la vapeur, explique l’habilleuse. Les jours de représentations, ça n’arrête pas de 8 h à 23 h ».

Au moment de la représentation, l’expérience et le sang froid sont les meilleurs alliés des habilleuses. « Il y a toujours des accidents au moment du spectacle. Alors on recoud vite et on espère que ça tienne, lance Mme Dufresne. Et le plus calme qu’on est, le mieux c’est. »

« J’ai réalisé mon rêve »

Romy Delisle-Sanscartier danse depuis 7 ans. Originaire d’Orléans, la ballerine de 12 ans de la School of dance, à Ottawa, en est à sa quatrième participation à Casse-Noisette.

Romy Delisle-Sanscartier

« La première fois que je l’ai vu, j’avais six ans, et j’ai dit à ma mère : “je veux être une fille à la fête”. Bon, j’ai fait un petit garçon, mais j’ai réalisé mon rêve », lance satisfaite Romy.

Depuis 2016, elle a été tour à tour une souris, un ange, une jeune invitée et elle se glissera cette année encore dans le costume d’un ange. « J’aime l’expérience d’être dans les coulisses avec les danseurs professionnels de voir les bonnes techniques », explique la jeune ballerine.

Mais si Romy en est à sa quatrième participation, elle doit néanmoins chaque année passer une audition pour obtenir un rôle. Une fois acceptés, les danseurs respectent un calendrier de répétitions rigoureux.

« Les pratiques commencent en octobre, une fois par semaine. Et la dernière semaine, c’est chaque jour après l’école, de 17 h à 21 h », confie-t-elle.