«Vie et mort d'un char boiteux» sera présenté trois soirs dans la région.

Créations In Vivo: dix ans de tournées

Quatorze pays, près de 1200 représentations et d’innombrables souvenirs sur la route : Créations In Vivo, compagnie pluridisciplinaire d’Ottawa, célèbre l’anniversaire de ses 10 ans de tournées.

Fondée en 2007, la troupe exporte depuis 2008 ses contes, ses pièces de théâtre et ses créations hors catégories au Canada et ailleurs. La cadence est telle qu’In Vivo se définit comme une « compagnie de tournée », illustre son fondateur, directeur général et directeur artistique Stéphane Guertin.

À la fondation de l’organisme, déjà, la bande d’amis réunie autour du fondateur rêvait de prendre le large. « On aimait l’idée que les œuvres qu’on crée puissent vivre longtemps. »

En matière de tournées, « ça a commencé vite ». En 2008, leur première création, C’est arrivé à Sainte-Utopie, a été couronnée du Coup de foudre scolaire de Réseau Ontario. Le prix : une première tournée dans les écoles franco-ontariennes. L’année suivante, La pluie de bleuets, qui mélange théâtre et cirque, a répété l’exploit. Chacun a ensuite vécu plusieurs années en et hors de l’Ontario, accumulant respectivement 70 et près de 160 représentations au compteur.

Un (heureux) dommage collatéral : comme les mélanges avec les arts circassiens se faisaient peu, les diffuseurs de la province ont associé la troupe au cirque. Voyant l’enthousiasme, la compagnie a lancé son volet événementiel. Depuis, c’est grâce à ces premières tournées que l’on voit des échassiers steampunks et des personnages fantastiques déambuler pendant les fêtes qui animent la capitale.

L’année 2013 aura été déterminante. Aux VIIe Jeux de la Francophonie, à Nice, Stéphane Guertin a décroché la médaille d’or en conte. Immédiatement, des diffuseurs ont demandé sa présence dans des festivals français, provoquant un effet boule de neige.

De fil en aiguille, In Vivo s’est exporté à l’international. L’Europe, l’Amérique latine et l’Afrique se sont ajoutées aux itinéraires de la troupe.

« Pour beaucoup des gens à Ottawa, on est encore une petite compagnie ! » ricane Stéphane Guertin.

L’envers de la médaille, sans doute, d’être une compagnie de tournée.

La fin d’un chapitre

En juillet prochain, Stéphane Guertin quittera ses fonctions de directeur général et artistique d’In Vivo. Devenu père de deux jumeaux tout récemment, il se consacrera à des projets télévisuels, à l’improvisation au sein d’Improtéïne et à sa participation comme artiste dans d’autres spectacles d’In Vivo. Son remplaçant n’a pas encore été choisi.

Sa plus grande fierté ? « Je dirais que mon mandat a permis de faire travailler plus de monde à Ottawa, résume-t-il. Je pense entre autres aux artistes de cirque. On a aidé à faire en sorte que plus d’artistes de la région soient embauchés pour différentes activités et congrès en ville. »

Éloge au char boiteux

Lorsqu’il était dans la jeune vingtaine, Stéphane Guertin et son ami ont mis le cap sur l’Amérique centrale. Pas d’itinéraire, pas de plan ; ils allaient faire rouler sa voiture — une « minoune » en règle —, plein sud, jusqu’à ce qu’elle meurt.

Son périple de 40 000 kilomètres est au cœur du spectacle de conte solo Vie et mort d’un char boiteux. Déjà passé par l’Amérique latine, l’Europe et par d’autres provinces canadiennes, le roadtrip fera escale dans la région du 30 mai au 1er juin. Un « party » suivra cette dernière représentation. Pourvu que la voiture s’y rende.

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POUR Y ALLER

Quand et où ? 30 mai (MIFO) ; 31 mai (Lab) ; 1er juin (La Nouvelle-Scène)

Renseignements et billets : creationsinvivo.com