Une image composée des visage de Yvon Cozic et Monic Brassard représente le duo Cozic qui préfère être reconnu comme un seul et unique artiste.

Cozic parmi les récipiendaires des Prix du gouverneur général en arts

Le duo d’artistes québécois Cozic a déclaré que le Conseil des Arts du Canada a obtenu un «deux pour un» en leur octroyant conjointement 25 000 $ pour plus d’un demi-siècle de collaboration créative.

Yvon Cozic et Monic Brassard sont connus uniquement sous le nom de Cozic, «un artiste en arts visuels à deux têtes et quatre mains». Ils se retrouvent parmi les huit lauréats des Prix du gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques annoncés mercredi.

Mais ce ne sont pas que des prix en argent que les collaborateurs partageront. Ils travaillent dans le même studio, vivent dans le même domicile à Sainte-Anne-de-la-Rochelle, en Estrie, sont unis par le mariage et l’identité artistique de Cozic.

«(Cozic) était une continuité de notre vie quotidienne, a déclaré Monic Brassard dans un entretien téléphonique. C’était une façon de vraiment vivre les choses ensemble (...) de tout diviser, même notre création.»

Lorsque les deux se sont rencontrés dans une école d’art montréalaise au début des années 1960, Mme Brassard soutient qu’ils se sont unis autour d’un désir commun de «démocratiser» l’expérience artistique.

Depuis plus de 50 ans, ils poursuivent cet objectif via des oeuvres en matériaux recyclés, des sculptures invitant le public à participer et des créations intégrées à la nature.

Initialement, chacun se présentait comme un artiste individuel. Mais, graduellement, leurs pratiques solo se sont entremêlées, leurs perspectives artistiques se sont consolidées et Cozic est né.

«C’est en quelque sorte un reflet de l’ego artistique, a expliqué Yvon Cozic, originaire de la France. Lorsque nous fondons l’ego de Monic et le mien, nous formons un autre ego.»

Leur partenariat radical a influencé des générations d’artistes québécois, a estimé Monic Brassard, mais ce fut également un voyage partagé de découverte de soi.

En tant que Cozic, les deux insistent pour ne jamais se chicaner. Comme tous les couples, il y a des jours où l’on peut se réveiller de mauvaise humeur, a avoué l’épouse. Mais lorsqu’ils entrent en studio, toute discorde conjugale est laissée à la porte.

«Quand vous travaillez avec quelqu’un d’autre, chaque mouvement que vous faites, tout ce que vous faites, vous regardez la vie (à travers) le regard de l’autre», a-t-elle ajouté.

Sept autres Canadiens ont reçu un prix d’excellence artistique.

Susan Edgerley est une artiste du verre dont la pratique comprend des sculptures et des installations de grande envergure en verre et en matériaux mixtes. Ses oeuvres ont été exposées en Amérique du Nord, en Europe et en Asie, et elles font partie de collections publiques et privées, ainsi que de collections de musées, au Canada et aux États-Unis. Elle vit à Val-Morin, dans les Laurentides.

Mme Edgerley remporte également le prix Saidye-Bronfman. Certaines de ses créations seront acquises par le Musée canadien de l’histoire pour sa collection permanente.

Les autres lauréats sont les artistes ontariens Stephen Andrew (arts visuels), Ali Kazimi (réalisation et arts médiatiques), Lee-Ann Martin (contribution exceptionnelle), Andrew James Paterson (arts médiatiques) et Jeff Thomas (photographie). La dernière gagnante est Marlene Creates, une artiste en arts visuels de Terre-Neuve-et-Labrador.

Les prix seront remis par la gouverneure générale Julie Payette lors d’une cérémonie à Rideau Hall le 28 mars.