Bon Jovi a fait vibrer les murs du Centre Canadian Tire, lundi soir.

Comme de belles retrouvailles

CRITIQUE / Commençons par ceci : Bon Jovi n’a rien inventé. Mais force est d’admettre que le groupe est un incontournable dans l’univers du rock et sa récente intronisation au Temple de la renommée du Rock’n roll en est un exemple probant.

Et lundi soir, on a compris pourquoi le band du New Jersey est au top des palmarès depuis 35 ans !

Bon Jovi a livré une performance sans tache, éclatante et surtout très énergique, au Centre Canadian Tire (CCT), devant plus de 15 000 « vrais fans ». Et ces fans, ils étaient de toutes les générations. Du papi de 60 ans à la jeune groupie de 14 ans, la palette d’âges de Bon Jovi ratisse large, très large. Et c’est tant mieux.

Bon Jovi a lancé la soirée caché derrière un grand rideau arborant l’unifolié. Par la suite, sur le même rideau, on a vu défiler des images de la ville d’Ottawa avant d’entendre les premières notes de la pièce titre de la nouvelle tournée, This House is Not For Sale. Là, la foule s’est levée d’un bond… et ne s’est jamais rassise.

Lorsque les premiers riffs de Raise your Hand se sont fait entendre, la soirée est définitivement lancée. « C’est fou que vous soyez ici, en si grand nombre, un lundi soir… wow ! », a lancé Jon à la foule.

You Give Love a Bad Name, Whole Lot of Leaving, Lost Highway, Rollercoaster et Born to be My Baby se sont ensuite succédé. «Ça fait cinq ans qu’on est pas venu ici. Ça fait du bien de renouer nos amitiés », a ajouté Jon Bon Jovi en très grande forme.

Il est beau, le Jon. Il a cette bouille d’ado malgré cette crinière grise (nous dirons « blond arctique » dans son cas) et cette aisance sur scène qui font de lui un des meilleurs front man du rock.

Bien sûr, la voix n’est plus ce qu’elle était. On le sent un peu fatigué et sur certaines chansons, surtout les plus vieilles, on a certainement adapté les tonalités. Mais qui s’en soucie. Le kid du New Jersey sait comment faire lever une foule et ça marche. J’avoue par contre, avoir cherché Richie Sambora sur la scène. Le « double » de Jon a quitté le band depuis quelque temps déjà – mise à part une apparition lors de leur passage au Temple de la renommée du Rock & Roll à Cleveland. Pour le remplacer, le groupe a choisi le guitariste canadien Phil Xenidis (ou Phil X) et John Shank. Disons immédiatement que Xenidis « fait la job ». Ses solos sont solides, tout comme Shank qui soutient à merveille la rythmique tout en y allant de quelques élans en solo sur sa six cordes.

Mais, je le répète, on aimait bien Sambora. Tout comme Mike et Keith avec les Stones, Steven et Joe dans Aerosmith ou Axl et Slash chez Guns’n Roses, il est difficile de dissocier Jon de Richie.

Bon Jovi a continué son opération de séduction avec des titres comme It's My Life, Born to Follow, We Got It Goin’ On et Keep the Faith, qui s’est terminé en un énorme jam de tous les musiciens alors que Jon s’était éclipsé sous la scène.

Est ensuite venu le moment plus « intime » de la prestation. Celui où Jon se retrouve au milieu de la foule, monté sur une petite scène à plus de 50 mètres de ses compagnons, pour entonner Amen et Bed of Roses. Pour cette dernière, le CCT est devenu entièrement rouge, comme un lit de roses sur lequel Jon a flotté pendant quatre minutes.

Je vous le disais, il est fort, le Jon. Et si vous voulez un autre aveu, voir quelques cinquantenaires faire du rock de cette façon, ça me parle, ça, mes amis !

La soirée s’est terminée avec une enfilade de succès dont Lay Your Hands on Me, Runaway (une rareté en spectacle selon les fans), I’ll Sleep When I’m Dead et pour finir, Bad Medecine. La foule du CCT, que l’on dit parfois un peu endormie, était parfaite et en voix en ce lundi soir. Et pour le rappel, vous l’aurez deviné, Memory, Wanted Dead or Alive et Livin’ on Prayer ont mis un terme à une soirée de rock trop rare entre les murs du CCT. On en prendrait des dizaines comme celle-là.

Teeze
Un petit mot sur le groupe qui a réchauffé la salle. Teeze nous a garroché son rock lourd en plein visage. Pas sûr que l’exercice a plu à la majorité mais pour le critique, ce fut une belle découverte. Ce quatuor originaire de l’Illinois assure et s’exécute sans complexe.