Denis Ménard, Perry, Sylvain Mercier, Élaine Courteau et Daniel Lacasse, du Disco Fever Experience.

Avant les Beach Boys

La douzaine de musiciens du Disco Fever Experience (DFE) montera sur la scène principale du Festival Juste pour rire (JPR)... en première partie des Beach Boys.

Le 23 juillet, ce groupe d’Ottawa-Gatineau se fera donc découvrir des quelque 15 000 (selon les estimations du Festival, relayées par le DFE) spectateurs attendus dans le quartier des spectacles de Montréal pour voir le mythique groupe américain en chair et en os.

Si le nom du DFE n’est pas encore très connu du grand public, malgré sa réputation, c’est qu’il s’agit de l’ex-Buzz Live Band, qui, voyant les étincelles que provoquait son spectacle concept Disco Fever Experience, a décidé de se rebaptiser.

Pour l’instant, le répertoire du DFE est uniquement constitué de reprises de la grande époque du disco, mais le DFE ne veut pas se résumer à un « band de covers » ou un vulgaire spectacle hommage, précise le fondateur de la bande, Sylvain Mercier (qui est aussi le batteur et le directeur général du DFE). Sa bande s’efforce de « replonger le public dans l’ambiance psychédélique des années 70 », quand les gens avaient à cœur de « bien s’habiller lorsqu’ils sortaient » danser. Et « les gens ne restent pas assis » longtemps, promet-il.

Soucieux d’offrir une prestation « son et lumière » électrisante et de recréer l’ambiance « la plus authentique possible », les musiciens du DFE arrivent en costume à paillettes, souliers à plateformes et pantalons « pattes d’ef’ », certains chanteurs poussant le plaisir nostalgique jusqu’à ressembler aux artistes qu’ils interprètent.

Réputation
La notoriété de la formation locale est loin d’être dans les sommets, mais elle n’a cessé de progresser en seulement 5 ans d’existence et une poignée de spectacles publics (notamment à la Maison de la culture, lors d’une activité de financement pour la Maison Mathieu-Froment-Savoie et à Masson, dans le cadre du 150e du Canada, où ils ont « fait fureur », rapporte Sylvain Mercier. Le reste de leur fan base, ils la doivent surtout aux nombreux spectacles « corpo » donnés ici ou là, et notamment au Casino du Lac-Leamy.

Premier signe de cette réputation acquise : ce sont les programmateurs du festival montréalais qui ont approché le DFE, et non l’inverse, précise le directeur général de la bande, Sylvain Mercier, qui est aussi le batteur du DFE.

C’est d’ailleurs la première fois qu’un groupe de la région est sollicité pour jouer sur la grande scène de JPR, soutient-il.

Second gage du sérieux de la bande : elle a aussi tapé dans l’œil du jeune chanteur new-yorkais Sammulous. Ce récent participant à l’émission America’s Got Talent (en 2017) a lui-même contacté le DFE pour voir si les musiciens étaient intéressés à partager la scène du très réputé Apollo Theatre avec lui, expliquait mercredi, en conférence de presse, le guitariste du Disco Fever Experience, Perry (Brunet).

Cette éventuelle prestation à Manhattan n’est pas confirmée, mais Sammulous, lui, se greffera assurément au DFE lors du concert du 23 juillet, à titre d’invité spécial. Deux danseuses supplémentaires les rejoindront.

« On est très content de ce bain de foule. On est aussi très heureux de pouvoir représenter la région à Juste Pour Rire », se réjouit M. Mercier, alias « Big Daddy Cool ». « Je peux vous assurer qu’avant que les Beach Boys montent sur scène, il y aura eu une marée montante de fans de disco complètement survoltés dans la foule ! » poursuit-il, en laissant entendre que des fans viendront depuis de Boston pour les voir.

Quatre voix
Des douze membres du DFE, quatre se partagent le micro à tour de rôle, pour revisiter à leur sauce les classiques de la grande époque du disco. Vincent Labelle pose sa voix sur les chansons de Kool & The Gang. Jennie Larivière s’attaque au répertoire de Gloria Gaynor. Karelle Rémillard se grime en Donna Summer. Et le guitariste, Perry, prend sa « voix de flasetto » pour interpréter les chansons des Bee Gees.

Et il prend son rôle au sérieux : « j’ai réussi à trouver la même guitare que Barry Gibb, sa fameuse Songbird [bleue]. Elle ne se fait plus, aujourd’hui, alors j’ai fait ajouter une pellicule bleue par-dessus. C’est important de reproduire ça sur scène », pour que le public ait envie d’y croire. La bande s’est adjoint les services d’une styliste de mode (Luce Papineau), d’une metteure en scène (Claire Duguay) et d’une directrice musicale (Élaine Courteau).

Dans la région
Pour ceux qui ne se pointeront pas à JPR, le Disco Fever Experience se produira dans la région d’Ottawa-Gatineau cet été. L’important festival qui les accueille dévoilera la surprise prochainement.

La bande est présentement en studio, et commence à envisager la possibilité d’ajouter des compositions originales à son répertoire, soutient Big Daddy Cool.

Ailleurs
Le Gatinois, qui a « bien connu l’époque Disco », se remémore avec émotion les soirées hulloises passées « au Disco Viva et au Globe ».

Le DFE sera aussi de passage au Palace de Granby le 19 janvier 2019, avec Madmoiselle pour invitée spéciale.

En mai, à Gatineau, on pourra voir le DFE « en aréna », lors du spectacle-bénéfice prévu pour souligner le 20e anniversaire de la MMFS. Il s’agira d’un spectacle « zéro décibel » : le public aura des écouteurs sur les oreilles, tandis que l’aréna sera transformé en piste de danse silencieuse... où le public pourra reprendre à son compte une tradition très disco : le patinage.