Jean-Denis Scott, David Thibodeau et Martin Vanasse présenteront le spectacle #Autopsie pendant dix soirs au Théâtre de l’Île du 5 au 16 décembre.

#Autopsie: 2018 dans le tordeur

La mise est doublée pour le spectacle #Autopsie. La revue humoristique de l’année, cadeau corrosif des radio-canadiens Jean-Denis Scott, David Thibodeau et Martin Vanasse, écorchera les manchettes de 2018 pendant dix soirs, du 5 au 16 décembre, au Théâtre de l’Île.

Depuis sa première mouture en 2014, le spectacle mordant est passé de deux représentations à trois, puis à cinq en 2017. #Autopsie s’est greffé à la programmation du Théâtre de l’Île pour la première fois cette année, signe d’un succès toujours accueilli avec scepticisme par les trois chroniqueurs/réalisateurs/enseignants qui l’écrivent. « Cette année, Sylvie (Dufour, la metteure en scène) a dit qu’on ferait deux semaines. On ne le croyait pas », s’étonne encore Martin.

David ajoute : « On le dit à Sylvie, s’il y a juste la moitié des sièges qui sont occupés...

-... On s’en va ! » surgit Jean-Denis.

Les astres semblent bien alignés : « on avait un total de 1200 billets à vendre, et maintenant, il y en a au-dessus de 1000 qui sont vendus. C’est rassurant », s’apaise Jean-Denis. Les probabilités d’un faux bond, donc, sont minces.

La formule, on commence à la connaître. Toute l’année, les trois « gars de radio » réservent leurs blagues les plus salées pour en offrir un concentré d’une heure et demie. Leur venin comique se déverse en stand-up, en musique et en vidéo sur les sujets d’actualité les plus croustillants de chaque mois écoulé, semblable à un mélange d’Infoman, des Zapartistes et du Bye Bye à la sauce locale. Thèmes récurrents des spectacles précédents, le Rapibus, les tours Brigil, les boulevards Saint-Joseph « qui est scrap, et Des Allumettières où on se scrap », dixit David, ont été grillés et retournés — et pourraient bien être renfournés à « broil » cette année. Ce n’est pas de leur faute si des dossiers locaux s’étirent...

Les manchettes de 2018 ne recevront point de salut. Au bûcher seront envoyées les tornades du mois de septembre (« les tournades », de rectifier Martin), la tourmente de Slav « et compagnie », les élections québécoises, celle de Doug Ford, la francophobie en Ontario. Les blagues continuent de s’ajouter et de se moduler au-delà du soir de première. « Je dis à quelques collègues que s’ils aiment les blagues plus crues, au premier show peut-être qu’il y en a plus, parce qu’on les teste. C’est là qu’on les fait et qu’on voit quand ça ne passe pas », invite Martin.

Les invités s’y succèdent dans différentes capsules vidéo. On aura vu des caméos des maires d’Ottawa et de Gatineau, des conseillers municipaux et du gratin régional. Alors que les auteurs ont l’habitude de demander du bout des lèvres aux personnalités publiques de participer à leurs sketches cuisants, cette année, coup de théâtre : plusieurs ont fait le chemin inverse et ont demandé tout de go d’être leurs complices.

Sur la distribution de 2018, c’est silence radio. « On choisit des gens qui n’ont pas eu l’année facile, laisse deviner David. Imagine si on avait Marc Mayer du Musée des beaux-arts. Imagine. Ce serait un grand coup... »

Quelques secondes de silence s’écoulent. Ses collègues éclatent de rire. « T’es niaiseux ! »

L’an 1

La forme du spectacle s’est réellement cristallisée l’an dernier. 2017 fut rebaptisée « l’an 0 » : « on a trouvé notre couleur, illustre Martin. C’est comme si avant, on avait testé des choses, et qu’on avait trouvé la formule. »

Pour la première fois, les joyeux tortionnaires ont eu droit à leurs propres décors — ils recyclaient initialement ceux de la dernière pièce présentée au Théâtre de l’Île, faute de temps pour les remplacer. Les lutrins derrière lesquels le trio restait en poste ont été troqués pour un télésouffleur qui leur permet de plus amples déplacements sur scène.

Cette année encore, la diffusion du spectacle à la radio de la chaîne publique a été suspendue. Trop coûteux, trop chronophage, trop restreignant pour les gags qui sont souvent incomplets sans leur visuel. Et trop risqué en ce qui concerne le bon goût populaire. « C’est comme si on avait une entente avec le public, confirme Jean-Denis. Vous avez payé pour être ici, vous n’êtes pas tombé pas sur nous par hasard parce que vous avez syntonisé la radio. Alors on se permet d’aller plus loin. Ça reste entre nous ; c’est comme un club privé. »

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POUR Y ALLER

Quand ? Du 5 au 16 décembre 2018

Où ? Théâtre de l’Île

Renseignements : ovation.qc.ca