À 83 ans, Nana Mouskouri est toujours sur scène.

Aucune envie de ralentir le rythme

Soixante ans de carrière, quelque 1500 chansons, 134 albums vendus à plus de 300 millions d’exemplaires. Malgré les chiffres stratosphériques de son illustre carrière, Nana Mouskouri ne donne pas l’impression de vouloir ralentir le rythme, à preuve cette tournée qui la conduit dans 13 villes canadiennes, d’un océan à l’autre, jusqu’à la fin du mois.

«Je cours à gauche et à droite, comme toujours. C’est ma vie depuis très longtemps», lance-t-elle d’entrée de jeu, d’une voix cristalline et enjouée, lorsque jointe récemment en France par Le Soleil.

La chanteuse d’origine grecque de 83 ans nourrit un lien particulier avec le Canada et le Québec. «C’est ici, en 1965, que j’ai connu mes premiers succès, lors d’un spectacle avec Harry Bellafonte. C’était l’époque de la chanson Quatre soleils. Je connais le Canada et il me connaît depuis longtemps.»

Pour ajouter à cet attachement sentimental, détail non négligeable, c’est à Montréal que l’un de ses deux fils, Nicolas, s’est établi avec ses trois enfants, tous des «petits Canadiens».

Chansons immortelles

À l’occasion de sa prestation du 14 mai au Centre national des arts d’Ottawa (pour laquelle il ne reste qu’une poignée de billets au balcon), c’est un album de reprises de chansons d’artistes internationaux, de styles et d’horizons divers, que la célèbre chanteuse à lunettes offrira à son public. Forever Young traduit autant un désir personnel de poursuivre une carrière d’exception qu’une volonté de rendre hommage à des airs qui ne vieilliront jamais.

Si l’album revisite pour l’essentiel des classiques d’Elvis (In the Ghetto), des Beatles (Hey Jude), de Cohen (Hallelujah) et de Dylan (Wallflower), il ouvre aussi la porte à des chanteurs d’une autre génération, comme la regrettée Amy Winehouse (Love is a Losing Game) et Bryan Adams (Everything I Do, I Do it For You).

«Dans ma vie, j’ai chanté beaucoup d’artistes. Plusieurs, qui sont restés de grands amis, ont aussi écrit pour moi. Il en restait quelques chansons que je n’avais pas encore mises sur disque. Elles font partie des immortelles.»

Celle qui parle grec, français et anglais, évidemment, mais aussi allemand, espagnol, italien, espagnol, danois et tutti quanti se fait un devoir d’inclure une chanson du pays où elle se produit. À l’époque, elle avait repris en nos terres Un Canadien errant. Elle a déjà aussi touché au répertoire des Ferland, Vigneault, Voisine et Lavoie. Dans son nouvel album, elle reprend notamment des chansons en arabe. «La musique n’a pas de langue ni de frontière», confie-t-elle.

Au public néo-zélandais, elle a déjà offert «par plaisir» une chanson en maori. «C’est une difficulté que je m’impose. [...] J’ai beaucoup de respect pour mon travail et le public. Je veux qu’il soit satisfait lorsque le spectacle est terminé.»


POUR Y ALLER

Quand ? Lundi 14 mai, 20h

Où ? Centre national des arts

Renseignements : 1-888-991-2787; ticketmaster.ca